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(Noël 1941​)

Exemple de quelques pages d'Histoire "occultées" dans nos livres d'Histoire.... JO 1936 à Berlin : (Au dernier moment, toutefois, le comité américain, qui craignait les équipes hollandaise et allemande, revint sur sa décision. J. Owens et R. Metcalfe furent choisis aux dépens des deux athlètes… juifs. (S. Stoller et M. Glickman)(voir photo suivante) Le Bétar en uniforme avec son drapeau à Berlin: "En Histoire, la croûte, c’est le mensonge en lui-même, le pus, c’est l’occultation qui l’accompagne. N’hésitons pas à inciser et à tout purifier …"


Le saviez-vous ? Shocked

" Les Juifs déclarent la guerre aux Allemands en 1933."

"La Judée déclare la guerre à l'Allemagne"
Discours d'Adolf Hitler contre le Nouvel Ordre Mondial.

Le saviez-vous ? Shocked
Qu'est-ce que le fascisme ? scratch - Petite leçon rapide sur le fascisme.
« Quatre années d’Allemagne d’Hitler vues par un étranger » de Cesare Santoro. study

Affiche de propagande NS: (" On y voit une série d'animaux saluer Goëring.En haut à droite: un signe disant " Vivisection interdite" ( vivisection verboten ). (" Les animaux de laboratoires saluant Hermann Göring" )

Ces Nazis Noirs qui soutenaient Hitler. scratch
La liberté d'expression au "pays des Droits de l'Homme", c'est ça.... />
...hélas, d'autres "démocraties" embastillent ses citoyens pour délit d'opinion,voyez cette vidéo >
C'est un proverbe populaire utilisé par Shakespeare: "Henry IV", Première Partie, Acte III, scène 1, page 640 édition La Pléiade, traduction de Victor Hugo: << Dites la vérité, et vous humilierez le diable. >>
Ursula Haverbeck explique pourquoi l'Holocauste est le plus grand et le plus persistant mensonge de l'Histoire.
Ursula Haverbeck, 87 ans, est condamnée à dix mois de prison ferme !
Ursula Haverbeck, surnommée en Allemagne la « mamie nazie », a soutenu lors de son procès que « le camp d’Auschwitz n’a pas été un lieu d’extermination».
L'interview Vérité de Robert Faurisson à Méta Tour.
Démocratie dictatoriale : Wolfgang Fröhlich, en prison depuis 10 ans pour délit d’opinion. scratch
Udo Voigt (NPD): Violations des droits de l'homme en Europe : Dieudonné, Fröhlich, Haverbeck.

"Qui ne gueule pas la vérité, quand il sait la vérité, se fait complice des menteurs et des faussaires"​ (Charles Péguy)

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"L'Histoire est du vrai qui se déforme,et la légende du faux qui s'incarne" (Jean Cocteau)

DEVOIR DE MEMOIRE = DRESDE, les 13, 14 et 15 FEVRIER 1945.

" Dresde : Crime contre l'humanité,impuni à ce jour...."

"Souvenons-nous: Dresde 13,14,15 février 1945"

(Sur les raids aériens, lire « L’Incendie » de Jörg Friedrich aux éditions de Fallois. 2004 study ).

HELLSTORM - Tempête Infernale:ce film racontel'histoire que les vainqueurs,encore à ce jour, ne veulent pas que vous sachiez...
6 août 1945 : "Barbarie démocratique : Hiroshima " study

« Il y a quelque chose de pire que d'avoir une mauvaise pensée. C'est d'avoir une pensée toute faite. » (Charles Péguy)

"Qui n'entend qu'un son, n'entend qu'une cloche, écoutons les deux sons de cloche..."

Claude Sarraute: "notre shoa ont l'a vendu au monde entier".
Ayatollah Khamenei - "Les temps sombres sont devant nous "...
Un rabbin anti-sioniste : « la shoah a été créée par des sionistes. »

" Le professeur Faurisson a eu ​85 ans ​le 25 janvier​ 2014. Voici la vidéo qu'a composée pour lui un de nos correspondants allemands, que nous félicitons également "

" 1990, 45 ans après Nuremberg,les Sovietiques reconnaissent l'assassinat des officiers polonais dans la forêt de Katyn...."

" Il n'y a que les imbéciles qui ne changent pas d'avis...."

L'avis de nos présidents de la république :

Nagasaki et Oradour: où est la vraie barbarie ?
SLU9AQIH6UU
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Les Derniers Jours du Grand Mensonge... Shocked Aucun Juif gazé - 'I'm With You'... scratch
Un valeureux guerrier pour la Vérité !! cheers

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 Rudolf Hess :La dernière tentative de paix auprès de l'Angleterre

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Spartacus

Kouros
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MessageSujet: Rudolf Hess :La dernière tentative de paix auprès de l'Angleterre   Mar 4 Juin - 10:15


Rudolf Hess :martyr de la Paix ?
scratch


Adolf Hitler n'a jamais voulu qu'une seule guerre:
celle dirigée contre l'URSS,à la fois pour abattre l'abjection communiste
et pour conquérir l'Ukraine, la terre la plus fertile d'Europe,ridiculement
sous-exploitée par la grotesque agriculture soviétique
.
Le Reich manque d'espace pour le projet fantasmagorique de son Führer:
donner un continent aux Germano-Scandinaves pour qu'ils puissent élaborer,
bien plus tard,la surhumanité.



Rudolf Hess ,le confident le plus intime,connaît tout cela.
Hess veut tenter une dernière approche des Britanniques,
avant que la Wehrmacht ne se rue dans les plaines de l'Est.
Son ami le géopoliticien Albrecht Haushofer, le fils de son vieux professeur,
lui a conseillé de s'adresser à la plus haute aristocratie terrienne,dans l'espoir
de la voir agir auprès du très malléable George VI pour qu'il renvoie Churchill
et appelle à la tête du gouvernement un pacifiste comme Lord Halifax.
Le géopoliticien rêve autant que le " remplaçant du Führer pour le parti ":
il y a beau temps que la ploutocratie industrielle et financière de Grande-Bretagne domine l'aristocratie terrienne.
S'ensuit l'équipée que l'on a tournée en ridicule,alors qu'elle est un exemple
de dévouement illimité d'un romantique exalté.
Le 10 mai 1941,Hess, excellent pilote,emmène un Me 110 au-dessus
de l'Ecosse et saute en parachute.

Il veut semer la paix et récolte des avanies.

Churchill le tourne en ridicule et le traite en criminel de guerre,
ce que Rudolf Hess n'est assurément pas.
Le Führer, ébahi par la candeur et la naïveté de son ami,est bien obligé
de faire passer son acte pour une manifestation de folie passagère
(c'est ce que Hess lui avait recommandé de faire en cas d'échec de sa part,
dans une lettre,remise au Führer le 11 mai).

Hitler profite de l'occasion pour ordonner de fermer les cercles accultistes
et d'interdire les professions de mage et d'astrologue:35 000 charlatans,
vaguement protégés jusque-là par Rudolf Hess,doivent changer d'activité
ou passer à la clandestinité....encore des victimes de l'obscurantisme nazi !

Rudolf Hess sera condamné à la prison à vie par les nobles juges
du TMI de Nuremberg et mourra dans la prison forteresse
de Spandau , en août 1987,n'ayant été autorisé à recevoir
des visites de sa femme et de son fils qu'à partir de 1969.

Contrairement à certains,je ne cherche pas mes sources "entre les lignes",
mais sur les écrits de l'auteur de MK.

La doctrine d'Adolf Hitler
(Editions Albin Michel,juillet 1942)






La conquête de terres nouvelles,
seule voie de salut pour l'Allemagne.


Reste donc un seul moyen d'assurer l'avenir de l'Allemagne: la conquête.
Et cette conquête ne doit s'effectuer ni en Afrique, ni en Amérique,
ni en Asie, mais en Europe.
Pareille entreprise exige avant tout de la résolution.

" Il ne s'agit pas
, déclare Hitler, de procéder
par demi-mesures, car cette tâche réclame une volonté indomptable,
une énergie inflexible, qui se dépense sans compter.
Toute la politique du Reich doit s'orienter exclusivement vers ce but.
Aucune démarche ne devra être inspirée par des considérations étrangères
à l'exécution de ce plan."


Si le gouvernement impérial avait clairement comprit ces choses,
il aurait également compris que c'était à l'est, autrement dit dans les régions
placées sous la domination du tsar de Russie, que l'Allemagne pouvait
trouver les terres dont elle a besoin.

" Si l'Allemagne avait assumé en 1904 la même attitude que le Japon
, écrit Hitler, qui semble envisager déjà une action concertée
de Berlin et de Tokio contre la Russie, tout le sang
répandu pendant la guerre mondiale aurait été épargné, et la position
de l'Allemagne aurait été assurée pendant des siècles."

Mais une telle politique exige d'abord une attitude réaliste à l'égard
du principe des frontières.Celles-ci ne sont pas intangibles,
" car la nature ne connaît pas de frontières politiques.
Elle engendre la vie, la lance dans le monde et la regarde se débrouiller.
Dieu a créé l'homme.Il a créé des nations, c'est-à-dire des groupements
humains, liés par la communauté du sang, de la langue et des moeurs.
Il n'a créé ni les Etats ni les frontières.
Celles-ci sont une création des hommes, et ce que les hommes ont créé,
d'autres hommes peuvent le défaire.


Le choix décisif: l'Angleterre ou la Russie ?

L'Allemagne devait ensuite choisir judicieusement ses alliés.
Il fallait renoncer délibérément à l'alliance absurde avec l'Autriche
et s'allier avec l'Angleterre, alors l'ennemie de la Russie.

" Il eût fallu pour cela renoncer à l'expansion économique,
à la politique maritime et coloniale qui inquiètait l'Angleterre,
mais ce sacrifice eût été amplement compensé par le formidable
accroissement de notre puissance sur le continent."

Faute de n'avoir pas su choisir entre l'Angleterre et la Russie,
l'Allemagne a eu la maladresse de se mettre à la fois
ces deux puissances à dos.Ainsi le conflit qui allait s'engager
ne pouvait, à moins d'un miracle, se terminer en sa faveur.

.../...

_________________
 

L'autre Histoire :
"qui n'entend qu'un son, n'entend qu'une cloche."

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Spartacus

Kouros
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MessageSujet: Re: Rudolf Hess :La dernière tentative de paix auprès de l'Angleterre   Mar 4 Juin - 10:17





HITLER SAVAIT-IL ?



+ La thèse officielle.

R.Hess a-t-il agi seul ou avec l'assentiment du Chancelier ?
S'appuyant entre autres sur les communiqués de presse allemands
de l'époque,sur certains documents et sur des témoignages d'après-guerre,
l'histoire officielle privilégie la première hypothèse.


Le témoignage de Hildegard Fath.

A Nuremberg,ainsi,son avocat,Me Alfred Seidl,déclara:

"Personne ne savait rien de ce vol,sauf son ancien aide de camp,Hitsch.
Le Führer lui-même ne fut informé du vol et des intentions de Hess que
par une lettre qui lui fut remise après son atterrissage en Angleterre."

(TMI,X,9)

Cette lettre ne fut pas produite pendant le procès et,
à ma connaissance,ne l'a jamais été nulle part.
L'avocat s'appuyait sur le témoignage de Hildegard Fath qui avait été
la secrétaire personnelle de R.Hess pendant plus de 7 ans (octobre 1933
à mai 1941).(TMI,XIX,411.Dans sa plaidoirie prononcée le 25 juillet 1946,
Me Seidl,s'appuya sur le contenu de la lettre en se référant aux déclarations
de H.Fath.

Dans une déclaration sous serment rédigée à Nuremberg,elle avait précisé:

M.Hess,au moment de son départ en avion pour l'Angleterre,laissa une lettre
qui devait être remise au Führer,après qu'il eût atterri en Angleterre.
J'ai lu une copie de cette lettre,elle commençait à peu près en ces termes:

"Mon Führer,quand vous recevrez cette lettre je serai en Angleterre"

Je ne me souviens plus du texte exact de cette lettre,mais Hess y parlait
principalement des propositions qu'il voulait soumettre à l'Angleterre,
en vue de conclure la paix.
.
(Voy.doc.Hess-13,publié dans TMI,XL,278-9.
Voy.aussi TMI,IX,731 (traduction française du document Hess-15).



Le compte rendu d'un entretien avec le duc d'Hamilton.


De nombreux documents confirment la teneur de ce témoignage.
Je citerai tout d'abord le compte rendu de son entrevue avec le duc d'Hamilton,
le 11 mai 1941 (compte rendu rédigé par le duc lui-même).
A aucun moment,R.Hess ne prétendit avoir été envoyé par Hitler ou avec
son assentiment.Pourtant,il lui raconta avec un certain nombre de détails
la genèse de sa mission.La phrase la plus importante me paraît être celle-ci:
"Il (R.Hess) poursuivit en disant qu'il était en mission humanitaire et que
le Führer ne voulait pas battre l'Angleterre et (qu'il) désirait mettre un terme
au combat (He went on to say that he was on mission of humanity and
that the Führer did not want to defeat England and wished to stop fighting
)
(Voy.doc.M-116,reproduit dans TMI,XXXVIII,174-6).

Si,vraiment,l'homme avait été envoyé par le Führer,il l'aurait dit clairement,
afin de donner du crédit à sa "mission".
Je souligne d'ailleurs que le lendemain,lors de son entretien avec Ivone Kirkpatrick,
spécialiste de l'Allemagne auprès du ministère des Affaires étrangères,R.Hess
déclara qu'il "était venu ici à l'insu de Hitler" (he had come here without
the knowledge of Hitler
)
(Voy.le "Rapport d'une entrevue avec M.Rudolf Hess (13 mai) par Kirkpatrick).

Par la suite,jamais il ne démentit son propos.
(Voy.les autres comptes rendus des deux autres entretiens entre R.Hess
et Kirkpatrick,produits à Nuremberg sous les cotes M-117 et M-118 et
consultables dans TMI,XXXVIII,177-182).


Le compte rendu d'un entretien avec Lord Simon.

Je citerai également le compte rendu de l'entretien,le 10 juin 1941,
entre R.Hess et Lord Simon.Soucieux d'éclairer la genèse de sa mission,
l'émissaire de paix expliqua:

"L'idée me vint en juin de l'année dernière,pendant la campagne de France,
alors que j'étais auprès du Führer.
A la fin de la campagne de France,le Führer fit son offre (de paix) à l'Angleterre.
Comme on le sait,cette offre fut repoussée,ce qui confirma d'autant plus
ma résolution de mettre mon plan (meinen Plan) à exécution,étant donné
les circonstances présentes.(Longue pause).Survint,très peu de temps après,
la guerre aérienne entre l'Allemagne et l'Angleterre qui,dans l'ensemble,
causa,en fin de compte,plus de dommages à l'Angleterre qu'à l'Allemagne.
J'eus alors l'impression que l'Angleterre ne pourrait plus céder sans perdre
considérablement son prestige,et c'est pourquoi je me suis dit à moi-même:
"Je dois plus que jamais maintenant mettre mon plan à exécution
(muss ich jetzt erst recht meinen Plan verwirklichen),car si j'étais
en Angleterre,ce pays aurait l'occasion d'entreprende des négociations
avec l'Allemagne sans perdre son prestige."

(Voy.le document.Hess-15,pp.3 et 4.Publié (avec coupures) dans
TMI,XL,279-292.Voy.également TMI,X,10-11.).

R.Hess parlait bien de son plan ("meinen Plan"),sans insinuer
une seule fois que Hitler en aurait été préalablement informé.


Les propos de J.von Ribbentrop.

Du côté allemand,je citerai le compte rendu de l'entretien qui eut lieu
le 13 mai 1941 entre Joachim von Ribbentrop et Bénito Mussolini.On lit:

"Le ministre des Affaires étrangères du Reich déclara alors que le Führer
l'avait envoyé au Duce afin de le mettre au courant de l'affaire Hess.
A propos de l'affaire Hess,il remarqua que le Führer et ses collaborateurs
avaient été stupéfaits du geste de Hess.C'est l'acte d'un fou.
(Es handelt sich um die Tat eines Wahnsinnigen)
.
(Voy.doc.PS-1866,publié dans TMI,XXIX,29-40,l'extrait traduit se trouve p.29.
A Nuremberg,l'Accusation l'a cité en le traduisant très approximativement:
voy. TMI,VII,150-1:voy.également Nazi Conspiracy and Aggression,
Vol.IV (Office of the United States Chief Counsel for Prosecution of Axis
Criminality Washington,DC:United States Government Printing Office,
1946,doc.1866-PS.


LA CONTRE-THESE.

Certains pourront me répondre que,prisonnier des Britanniques,l'émissaire de paix
mentait afin de cacher la stratégie allemande et que,face à B.Mussolini,
J.von Ribbentrop cachait la vérité afin de tranquilliser les Italiens.
C'est possible,mais cela ne suffit pas pour affirmer que Hitler aurait été mis
au courant.Pour l'affirmer,il faut des éléments concrets.


L'article paru dans l'American Mercury.

On pourra invoquer un curieux article paru en mai 1943 dans l'American Mercury
et intitulé:"The Inside Story of the Hess Flight" (Les dessous du vol de Hess).
L'historien Mark Weber semble lui accorder un certain crédit.Ce n'est pas mon cas.
Certes,cette histoire de négociations secrètes entre Allemands et Britanniques
avec un R.Hess choisi par Hitler pour être son envoyé peut paraître plausible,
mais l'auteur avait bâti son récit sans apporter le moindre commencement de preuve.


Les arguments du fils de R.Hess.


J'ajoute que dans son étude déjà citée par ailleurs,W.R.Hess n'en parle pas.
A l'appui de la thèse selon laquelle son père aurait agi avec l'accord du Führer,
il invoque cinq éléments:

1) - un entretien sans témoin entre les deux personnages
"quelques jours" avant le 10 mai 1941:la conversation aurait parfois été
vive et au moment de se séparer le Führer aurait dit à son dauphin:
"Hess,vous êtes vraiment têtu",

2) - les relations entre Hitler et Hess:elles étaient "si étroites et intimes
qu'on peut logiquement en déduire que Hess n'aurait pas pris une si importante
initiative en pleine guerre sans en avoir tout d'abord informé Hitler"
,

3) - le sort de la famille Hess après le 10 mai 1941:bien que les adjudants
et les secrétaires de R.Hess aient été emprisonnés après son vol,Hitler intervint
pour que la famille de son dauphin soit protégée et qu'une pension soit versée
à son épouse.De plus,en octobre 1941,il envoya un télégramme de condoléances
à la mère de R.Hess dont l'époux venait de mourir,

4) - deux lettres rendues publiques en 1992 par les Britanniques:
R.Hess les avaient écrites le 14 juin 1941,trois jours avant de tenter de se suicider.
L'une à l'intention de sa famille,la deuxième à l'intention du Führer.

"Les deux confirment que ses relations étroites avec Hitler existaient encore.
S'il avait entrepris sa mission (dont il était désormais évident qu'elle avait échoué)
sans en avoir tout d'abord informé Hitler,ses relations avec Hitler n'auraient
évidemment plus pu être fondées sur la confiance"
,

5) - Le confident de Hess,le Gauleiter Ernst Bohle,qui l'avait aidé à traduire
des documents en anglais:

"jusqu'à sa mort,il resta convaincu que tout cela avait été réalisé avec
la connaissance et l'approbation d'Hitler".

(Voy.Wolf Rüdiger Hess "The Life and Death of My Father,Rudolf Hess").

Personnellement,je ne trouve ni dans ces faits,ni dans ces déductions
une quelconque preuve solide en faveur de la thèse soutenue par W.R.Hess.


..../...

_________________
 

L'autre Histoire :
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Spartacus

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MessageSujet: Re: Rudolf Hess :La dernière tentative de paix auprès de l'Angleterre   Mar 4 Juin - 10:19

La thèse de Pierre Fontaine.

Quant à la thèse de Pierre Fontaine selon laquelle Hitler aurait donné
R.Hess comme otage "garantissant l'exécution des promesses faites
par Hitler à Londres dans le cas d'une victoire des troupes allemandes
en Union soviétique"
,
(voy.P.Fontaine,Une main cachée tue pour le pétrole.
La guerre secrète du pétrole
(Collection LIES,sd),p.97.
je ne m'y attarderai pas,s'agissant d'un échaufaudage intellectuel de type
complotiste sans aucun fondement.Ignorant visiblement tout du dossier,
l'auteur écrit par exemple:

"A Nuremberg,Hess se défendit d'avoir agi avec l'accord de Hitler.
Défense compréhensible de la part d'un homme qui joue sa tête dans un climat
de haine,les principaux acteurs étant morts,la contradiction n'est pas à craindre
et il est normal que le survivant essaie de tirer à lui la couverture des sentiments
nobles.
(Ibid.,p.91)
Les silences bilatéraux du procès de Nuremberg secrètent-ils une entente tacite ? Mutisme de l'accusé (qui acceptera d'être reconnu faible mentalement) contre
la vie sauve ? C'est vraisemblable.
( Ibid.,p.92).

A cela je répondrai que:

- comme on le verra plus loin,R.Hess ne se défendit pas devant le tribunal
auquel il déniait le droit de le juger,s'il laissa son avocat répondre à certaines
des accusations portées contre lui,ce fut uniquement dans un souci de vérité
historique.

- R.Hess ne craignait pas la mort.Dans sa déclaration finale (voir plus loin),
il se déclara prêt à recommencer même s'il savait qu'un bûcher lui était réservé.
J'ajoute que lors de sa détention en Angleterre,il commit deux tentatives de
suicide,dont une blessure infligée près du coeur à l'aide d'un canif(TMI,I,171).
Quant à affirmer qu'il aurait accepté un pareil marché,c'est mal connaître sa droiture.

- loin d'accepter d'être reconnu faible mentalement,R.Hess fit au contraire
des réponses censées à l'équipe médicale qui l'examina en novembre 1945.
Le rapport médical précise:

Psychologiquement,Hess est tout à fait conscient.Il répond rapidement en
ne s'écartant pas du sujet,aux questions qui lui sont posées.
Il parle d'une façon cohérente,ses pensées sont claires et précises et sont
accompagnées de gestes expressifs.De même,il ne présente aucune manifestation
de paralogisme.Il doit être noté que le présent examen mental (...) prouve
que l'intelligence de Hess est normale et dans certains cas au-dessus
de la moyenne.Ses mouvements sont naturels et non forcés.

(voy.l'annexe II du "Rapport de la Commission désignée pour examiner l'accusé
Rudolf Hess",reproduite dans TMI,I,169-175,l'extrait cité se trouve p.172.

Plus loin,P.Fontaine prétend que R.Hess n'était pas venu négocier"les mains vides"
(Ibid,.p.103),il venait avec la promesse qu'en cas de guerre victorieuse
contre l'URSS,l'Allemagne céderait aux Britanniques les champs pétrolifères
du Caucase.Mais rien ne vient prouver cette allégation,les comptes rendus
des conversations qu'eut R.Hess avec des personnalités britanniques attestent
que jamais il n'évoqua la promesse d'un "présent pétrolier".
La thèse soutenue par P.Fontaine ne s'appuie sur rien de solide.

HESS A AGI CONFORMEMENT AUX DESIRS DE HITLER.

Voilà pourquoi jusqu'à plus ample information,je reste persuadé que R.Hess a agi seul,
sans en avoir auparavant averti le Führer.Mais cela n'a finalement aucune importance,
car avec ou sans approbation,R.Hess savait qu'il agissait conformément aux désirs
profonds de Hitler,celui-ci ayant toujours recherché la paix avec les démocraties
occidentales.

Le discours du 6 octobre 1939.

Je rappelle par exemple qu'après l'écrasement de la Pologne,le chancelier allemand
tendit la main à la France et à l'Angleterre pour que cesse un conflit désormais
dénué de sens et pour qu'une véritable collaboration internationale s'instaure
en Europe.


(Hitler prononce son discours de paix le 6 octobre 1939)


Le 6 octobre 1939,à la tribune du Reichstag,il déclara:

"(...) je crois qu'il est de mon devoir de parler ici,même au risque d'apprendre
que les instigateurs ne voient dans mon discours que l'expression de ma peur
et un symptôme du degré de mon désespoir.
Pourquoi la guerre dit-elle maintenant avoir lieu à l'Ouest ?
Pour la reconstitution de la Pologne ? La Pologne du Traité de Versailles
ne ressuscitera jamais.
Cela,ce sont deux des plus grands Etats de la Terre qui le garantissent.
L'organisation définitive de cet espace,la question de la restauration
d'un Etat polonais sont des problèmes qui ne seront pas résolus par la guerre
à l'Ouest,mais exclusivement par la Russie dans un cas,et par l'Allemagne
dans l'autre.
On sait d'ailleurs très exactement que ce serait une aberration que d'anéantir
des millions de vies humaines et de détruire des centaines de milliards de valeurs
pour réédifier peut-être une construction qui avait déjà été,au temps
de sa formation,qualifiés d'avortement par tous les non-polonais.
Quelle serait donc autrement la raison ? L'Allemagne n'a posé à l'Angleterre
aucune revendication qui puisse menacer l'Empire colonial britannique ou remettre
son existence en question.Non, au contraire.
Ni à la France,ni à l'Angleterre,l'Allemagne n'a adressé de pareille revendication.
Mais cette guerre doit-elle être réellement faite pour donner un nouveau régime
à l'Allemagne,c'est-à-dire pour détruire le Reich actuel et pour refaire un nouveau
Versailles,alors des millions d'hommes seront inutilement sacrifiés,parce que,
ni le Reich allemand ne sera détruit,ni un second Versailles ne sortira de cette guerre.
Non,cette guerre à l'Ouest ne règle aucun problème,à part les finances malades
de quelques marchands de canons et propriétaires de journaux ou de quelques
autres profiteurs de guerre internationaux.
Deux problèmes sont aujourd'hui en discussion:

1) Le règlement des questions résultant de la dissolution de la Pologne,et

2) Le problème de la suppression des craintes internationales qui rendent
plus difficile la vie politique et économique des peuples.

Quels sont donc maintenant les buts du gouvernement du Reich en ce qui concerne
l'ordre à créer dans le territoire qui est reconnu comme sphère d'influence
allemande à l'Ouest de la ligne de démarcation germano-russe ?

1) L'établissement d'une frontière du Reich correspondant aux conditions historiques,
ethnographiques et économiques.

2) L'aménagement de la totalité de l'espace vital sur la base des nationalités,
c'est-à-dire:une solution de ces questions de minorités qui ne concernent pas
seulement ce territoire mais (...) presque tous les Etats du sud-est de l'Europe.

3) Corrélativement:l'essai d'une solution et d'un règlement du problème juif.

4) La restauration de la vie économique et des transports pour le profit de tous
les habitants de ce territoire.

5) La garantie de la sécurité de tout ce territoire et

6) La constitution d'un Etat polonais offrant dans sa structure et dans sa direction
la garantie de ne pouvoir devenir ni un nouveau foyer d'incendie pour le Reich
allemand ni un centre d'intrigues contre l'Allemagne et la Russie.
De plus,on doit s'efforcer immédiatement de faire disparaître les conséquences
de la guerre,ou tout au moins de les atténuer,c'est-à-dire d'adoucir les très grands
maux d'à-présent par une assistance pratique.
Ainsi que je l'ai déjà souligné,de telles tâches peuvent bien se discuter autour
d'une table de conférence,mais elles ne peuvent jamais y être résolues.
Si l'Europe tient,en somme,au calme et à la paix,les Etats européens devraient
être reconnaissants à l'Allemagne et à la Russie de faire désormais de ce foyer
de troubles une zone de développement pacifique et de voir ces deux pays
en assumer la responsabilité et accepter aussi les sacrifices que cela comporte.
Mais la deuxième des tâches à accomplir,et à mes yeux la plus importante,
est de faire régner non seulement la conviction mais aussi le sentiment d'une
sécurité européenne.Pour cela,il est nécessaire que:

1) La lumière absolue soit faite sur les buts de la politique extérieure des Etats
européens.En ce qui concerne l'Allemagne,le gouvernement du Reich est disposé
à donner des éclaircissements absolument complets sur ses intentions de politique
extérieure.Il met au premier plan de cette déclaration la constatation que
le Traité de Versailles n'existe plus à ses yeux.
La revendication des colonies se fonde non seulement sur notre droit historique
aux anciennes colonies allemandes mais surtout sur le droit élémentaire à
une participation aux sources de matières premières du globe.
Cette revendication n'est pas un ultimatum,elle n'est pas non plus une exigence
appuyée par la force,mais au contraire une exigence de justice politique
et de bon sens économique.

2) L'exigence d'une prospérité véritable de l'économie internationale,en liaison
avec l'augmentation du commerce et des échanges,présuppose la remise en ordre
des économies intérieures,c'est-à-dire des productions au sein des divers Etats.
Mais pour faciliter l'échange de ces productions,il faut en venir à une réorganisation
des marchés et à un règlement définitif des monnaies,afin de déblayer peu à peu
les obstacles qui s'opposent à la liberté du commerce.

3) Mais la condition nécessaire et préalable la plus importante d'une réelle
prospérité de l'économie européenne et également de l'économie extra-européenne
est l'établissement d'une paix absolument garantie et du sentiment de sécurité
des divers peuples.Cette sécurité sera rendue possible surtout par une réduction
des armements à un niveau raisonnable et économiquement supportable.
Ce sentiment nécessaire de sécurité implique avant tout un règlement de
l'applicabilité et du domaine d'utilisation de certaines armes modernes qui sont
capables de pénétrer en tout temps jusqu'au coeur de chaque pays et qui de ce fait
font règner un sentiment constant d'inquiètude.
J'ai déjà fait des propositions en ce sens dans mes discours précédents au Reichstag.
Elles ont été vouées à un refus,sans doute du fait qu'elles provenaient de moi.
Je continue toutefois à croire que le sentiment de la sécurité nationale ne reparaîtra
en Europe que si,dans ce domaine,des obligations internationales nettes et créant
un lien de droit auront largement défini les concepts du recours aux armes
permises et interdites.
De même que la Convention de Genève est arrivée jadis,du moins dans les Etats
civilisés,à prohiber la mise à mort des blessés,les mauvais traitements à l'égard
des prisonniers,les actes de guerre contre les non-combattants,etc,et de même
qu'on a réussi au cours des temps à obtenir l'observation universelle de cette
prohibition,de même l'on doit pouvoir aboutir à définir l'emploi de l'arme de l'air,
celui des gaz,etc,des sous-marins et également les concepts de la contrebande,
de telle manière que la guerre (n'ait plus) son odieux caractère de lutte contre
les femmes et les enfants et,de façon générale,contre les non-combattants.
Je me suis efforcé,dans cette guerre avec la Pologne,de limiter l'emploi de
l'arme aérienne aux objectifs importants au point de vue militaire ou de n'y faire
appel qu'en cas de résistance active sur un point déterminé.
En liaison avec la Croix-Rouge,il doit être possible de dégager une réglementation
internationale de principes universels.
C'est dans ces conditions seulement que la paix pourra revenir,notamment sur
notre continent peuplé de façon si dense,une paix qui,exempte de méfiance
et d'angoisse pourra être la condition préliminaire d'une prospérité véritable,
également dans la vie économique.
Je crois qu'il n'y a pas d'homme d'Etat européen soucieux de ses responsabilités
qui ne désire de tout son coeur que son peuple fleurisse.
Mais ce voeu ne saurait se réaliser que dans le cadre d'une collaboration générale
des nations de ce continent.Aussi le but de tout homme luttant sincèrement
pour l'avenir de sa propre nation ne peut-il être que d'assurer cette collaboration.
En vue d'atteindre ce noble résultat,il faudra bien un jour que les grandes nations
de ce continent délibèrent ensemble pour élaborer,adopter et garantir dans
une réglementation exhaustive un statut leur donnant à toutes un sentiment
de sécurité,de tranquilité et,pourtant,de paix.
Il est impossible que pareille conférence se réunisse sans les travaux préalables
les plus approfondis,c'est-à-dire sans avoir tiré au clair les points de détail,
et surtout sans élaboration préparatoire.
Mais il est tout aussi impossible que cette conférence appelée à fixer pour
des décennies les destinées précisément de ce continent,puisse travailler
sous le grondement des canons ou même,tout simplement,sous la pression
d'armées mobilisées.Et s'il faut tôt ou tard résoudre ces problèmes,il serait plus
raisonnable de s'attacher à leur solution avant que des millions d'hommes
ne soient de nouveau sacrifiés sans but et des valeurs représentant des milliards
détruites sans résultat.
On ne saurait concevoir le maintien de l'état actuel des choses à l'Ouest.
Chaque jour exigera bientôt un nombre croissant de victimes.
Il arrivera un moment ou pour la première fois la France bombardera et démolira
peut-être Sarrebruck.Comme représailles,l'artillerie allemande détruira Mulhouse.
En manière de vengeance,la France prendra à son tour Karlsruhe sous le feu
de ses canons et l'Allemagne,de son côté,usera de réciprocité à Strasbourg.
Alors l'artillerie française tirera sur Fribourg et l'artillerie allemande sur Colmar
ou Sélestat.Puis l'on disposera de pièces à plus longue portée et de part
et d'autre la destruction s'étendra de plus en plus et ce que,finalement,
l'artillerie à grande puissance ne pourra plus atteindre,sera anéanti par les aviateurs.
Le jeu sera très intéressant pour un certain journalisme international
et éminemment utile aux fabricants d'avions,d'armes,de munitions,etc,
mais épouvantable pour les victimes.
Cette lutte impitoyable ne se déroulera d'ailleurs pas seulement sur Terre.
Car elle s'étendra plus loin,sur la mer.Il n'y a plus d'îles aujourd'hui.
Et les fortunes nationales d'Europe seront gaspillées en obus tandis que les forces
de peuples se consumeront sur les champs de bataille dans les flots de sang.
Er cependant,un beau jour,il y aura de nouveau une frontière entre l'Allemagne
et la France,seulement au lieu de villes florissantes ce seront des champs de ruines
et des cimetières à n'en plus finir qui s'étendront tout au long.
Il se peut que MM.Churchill et consorts interprètent tout bonnement ma manière
de voir comme une preuve de faiblesse ou de lâcheté.
Je n'ai pas à m'occuper de ce qu'ils pensent.
Je ne fais ces déclarations que parce que je veux tout naturellement épargner
ces souffrances aussi à mon peuple.
Toutefois,si le point de vue de M.Churchill et de sa clique devait l'emporter,
la déclaration que je fais aurait été la dernière.Nous lutterons alors.
Ni la force des armes,ni le temps ne feront fléchir l'Allemagne.
Il n'y aura plus de novembre 1918 dans l'histoire allemande.
Il est puéril d'espérer une dissolution de notre peuple.M.Churchill est convaincu
que la Grande-Bretagne vaincra.Quant à moi,je ne doute pas une seule seconde
que c'est l'Allemagne qui remportera la victoire.
Au destin de décider qui a raison.Il y a toutefois une chose certaine:
on n'a jamais vu deux peuples sortir l'un et l'autre vainqueurs d'une guerre.
L'histoire du monde a,en revanche,très souvent constaté qu'il n'y avait que
des vaincus.
Il me semble que tel a déjà été le cas dans la dernière guerre.
C'est aux peuples et aux dirigeants des peuples qui partagent ma manière de voir
qu'il incombe de prendre la parole.
Et que ceux qui croient être forces de voir dans la guerre la solution la meilleure,
repoussent la main que je leur tends !
Comme Führer du peuple allemand et en tant que chancelier du Reich,
je ne puis en ce moment que remercier le Seigneur de nous avoir si miraculeusement
accordé ses bénédictions dans la lutte terrible que nous avons soutenue pour
notre droit et prier de nous permettre ainsi qu'à tous les autres de trouver
la voie qui conduira non seulement le peuple allemand mais encore l'Europe
entière à une nouvelle et bienfaisante ère de paix."

(voy.Akten Zur Deutschen Auswärtigen Politik,1918-1945,
série D.1937-1945,Band VIII (P.Keppler Verlag KG,1961),pièce 205,pp.177-180.
Pour une traduction en français,voy.le tract diffusé par les autorités
allemandes sous l'Occupation et consultable à la BDIC sous la cote:4e 128Res/265.

Cette offre de paix fut repoussée par l'Angleterre (qui lui avait opposé
par avance une fin de non-recevoir) puis par la France (le président
du Conseil Edouard Daladier,tout d'abord hésitant,ayant été retourné
par les bellicistes).
Je n'y reviendrai donc pas ici,me contentant de souligner que si Hitler
avait eu le sentiment de tenir enfin sa guerre pour prendre
sa revanche contre les vainqueurs de 1918,ce discours se serait révélé
non seulement insensé,mais aussi très dangereux,car en face,
on pouvait le prendre au mot.


..../...

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MessageSujet: Re: Rudolf Hess :La dernière tentative de paix auprès de l'Angleterre   Mar 4 Juin - 10:21

Le témoignage du général Milch.


(Le général Erhard Milch.A Nuremberg,il déclara que Hitler avait attendu
l'échec de son "offensive de paix" du 6 octobre pour constituer
des réserves de bombes
.)

Un autre élément démontre la bonne foi de Hitler.
En mai 1939 puis à la fin de l'été,le général Milch avait appelé son attention
sur les faibles réserves de bombes dont disposait la Luftwaffe.
Le Führer n'y avait donné aucune suite.Il fallut attendre le 12 octobre 1939
pour que celui-ci déclare:

"Mes tentatives en vue de maintenir la paix avec l'Ouest après la campagne
de Pologne ont échoué.La guerre continue.
Maintenant,nous pouvons et nous devons fabriquer des bombes."

(Voy.la déposition du général Erhard Milch à Nuremberg:TMI,IX,58-9.)

W.Churchill le belliciste.




J'ajoute que malgré les réactions très négatives de ses ennemis,Hitler
ne désarma pas.Pendant le premier semestre de l'année 1940,l'Allemagne
lança officieusement des appels de paix en direction de la Grande-Bretagne.
S'ils restèrent sans écho,c'est parce que W.Churchill voulait poursuivre
la lutte,non pour l'indépendance de la Pologne,mais pour détruire le régime
national-socialiste.Le 11 juin 1940,au Conseil suprême tenu près de Briare,
le premier Ministre britannique jeta le masque.Repoussant toute possibilité
de paix malgré la défaite de la France,il lança:

"Même si l'Allemagne parvient à occuper la France tout entière(...)les Alliés
conservent en fin de compte,les moyens de vaincre et de détruire le régime
national-socialiste."

(Voy.Maxime Weygand,Rappelé au service (éd.Flammarion,1950,appendice VI:
"Procès verbal de la séance du Conseil suprême tenu au château du Muguet,
près de Briare,le 11 juin 1940" (reproduction in extenso) p.596.

L'aveu était énorme.L'indépendance de la Pologne,il n'en était plus question
(on le verra d'ailleurs en 1945,lorsque ce pays sera purement et simplement
abandonné à Staline...).
La protection des petites nations n'avait été qu'un prétexte.
Pour les bellicistes britanniques,l'objectif réel était la destruction du IIIè Reich,
incarnation d'une révolution nationale et authentiquement sociale.


W.Churchill persiste et signe.


Neuf jours plus tard,W.Churchill confirma son jusqu'auboutisme.
Le 20 juin,il fut averti que l'ambassadeur britannique à Washington avait
confidentiellement demandé à son homologue allemand quels seraient les termes
d'une paix proposée par l'Allemagne.
Aussitôt,il envoya le message suivant à son ministre des Affaires étrangères:

"Votre ambassadeur à Washington a interdiction stricte d'entretenir
d'autres contacts avec l'ambassadeur allemand,même indirectement."

("Your ambassador in Washington is strictly forbidden to have any further
contacts with the German ambassador,even indirectly"


L'Allemagne voulait la paix.

Or,il faut savoir que la veille,J.von Ribbentrop avait eu un entretien
avec son homologue italien,le comte Galeazzo Ciano.Dans son Journal,
celui-ci raconte:

Je trouve un Ribbentrop transformé:pondéré,calme,pacifiste.Il déclare d'emblée
qu'il convient de faire des conditions d'armistice modérées à la France (...).
Les paroles de Ribbentrop me font sentir que la Stimmung envers l'Angleterre
est changée:si Londres veut la guerre,ce sera une guerre totale,absolue,
sans pitié.Mais Hitler fait de nombreuses réserves sur l'opportunité de détruire
l'empire britannique qu'il considère aujourd'hui comme un facteur important
de l'équilibre mondial.
Je pose à Ribbentrop une question précise:
"Préférez-vous la continuation de la guerre ou de la paix ?"
Il n'hésite pas un instant:"La paix".

(Voy.comte G.Ciano,Journal politique,1939-1943 (éd.de la Baconnière,1946),
t.I,p.265.

On ne le répétera jamais assez en 1939 et 1940,c'est W.Churchill et sa clique
belliciste qui voulaient la guerre.
L'Allemagne,pour sa part,voulait la paix avec les démocraties occidentales.
Elle n'avait aucun intérêt à étendre la guerre.
A Nuremberg,d'ailleurs,J.von Ribbentrop déclara:

"Je voudrais dire qu'après mes conversations avec Hitler,et je suis convaincu
que les militaires étaient du même avis,Hitler ne voulait en aucun cas
étendre la guerre où que ce fût."

(TMI,X,290).


(Le ministre des Affaires étrangères de Hitler,J.von Ribbentrop.
Jusqu'au bout,il travailla pour la paix
).


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MessageSujet: Re: Rudolf Hess :La dernière tentative de paix auprès de l'Angleterre   Mar 4 Juin - 10:24

LE DANGER BOLCHEVIQUE SE PRECISE.


Cette volonté de paix à l'Ouest se renforça à partir de l'hiver 1940-1941,
lorsque l'attitude de l'URSS devint suspecte aux yeux des Allemands.
L'invasion éclair par l'Armée rouge de la Bessarabie et de la Bucovine du nord
ainsi que l'occupation des Pays baltes "remplirent le Führer d'une certaine
inquiètude"
,précisa plus tard J.von Ribbentrop (Ibid.,p.305).
"Nous recevions de plus en plus fréquemment des rapports sur les mouvements
de troupes"
(Ibid.,p.307).
Plus grave:le 5 avril 1941,Staline conclut un pacte de non-agression et d'amitié
avec le nouveau gouvernement yougoslave pro-allié de Pierre II,un gouvernement
mis en place après le coup d'Etat qui,le 27 mars,avait renversé le prince Paul,
favorable aux forces de l'Axe et signataire du pacte tripartite.
A Nuremberg,J.von Ribbentrop expliqua:

"Cela eut pour résultat de confirmer le Führer dans l'opinion que la Russie
était en train de s'éloigner de la politique adoptée par elle en 1939.
Il considérait cela comme un affront,ce sont ses propres paroles,car,disait-il,
il avait conclu un pacte avec l'autre gouvernement et maintenant la Russie
en concluait un avec le gouvernement qui était nettement hostile à l'Allemagne."

(Ibid.,p.306).

Afin de parer le danger et,surtout,d'aider les Italiens tenus en échec en Albanie,
le 6 avril 1941,Hitler donna l'ordre à ses troupes d'envahir et de traverser
la Yougoslavie.L'opération réussit,mais il va de soi qu'à partir de ce jour,
l'éventualité d'une guerre avec l'URSS devint de plus en plus certaine.
Pour une Allemagne soucieuse d'éviter une lutte sur deux fronts,il n'y avait
désormais que deux possibilités:

1) Signer la paix à l'Ouest (puisque l'Angleterre n'avait pu être vaincue),

2) Ou attaquer préventivement à l'Est dans l'espoir d'écraser l'Union soviétique
avant que les U.S.A. ne soient prêts à la lutte.
Il est fort probable qu'à cette époque,Hitler,qui avait déjà essuyé plusieurs refus
des Britanniques,n'ait plus cru en la possibilité d'amener W.Churchill à la raison.
A Nuremberg,J.von Ribbentrop déclara:

"Le Führer était gravement préoccupé par le fait que,tôt ou tard,la Russie
d'un côté et les Etats-Unis avec l'Angleterre de l'autre,se dresseraient contre
l'Allemagne,il devait donc s'attendre d'une part,à une attaque de la Russie et,
d'autre part,à une attaque combinée des Etats-Unis et de l'Angleterre,ce qui
se traduirait par une attaque de grande envergure à l'Ouest.
Toutes ces considérations firent que le Führer,après réflexion,décida de faire
lui-même le premier pas et de déclencher une guerre préventive contre la Russie."

(Ibid.,pp.307 )

Hess a agi conformément aux intérêts de Hitler.


Hitler avait donc choisi l'option à prendre.Mais comme très souvent,
sa décision était dictée par les circonstances du moment.
Le Führer avait toujours voulu s'entendre avec la Grande-Bretagne et,
à cette heure tragique,il aurait certainement voulu parvenir avec elle à un accord.
Dès lors,même si R.Hess ignorait qu'une invasion de l'Union soviétique était
imminente,ce fut la thèse adoptée par son avocat à Nuremberg +,
en s'envolant vers l'Ecosse,il savait qu'il agissait conformément aux désirs
profonds de son chef.





+ (Voy.TMI,XIX,411.Cette thèse se fonde sur un témoignage de Walter Funk
le 19 octobre 1945 (PS-3952).En avril 1941,il aurait été approché par R.Hess
qui voulait savoir s'il avait entendu parler de l'imminence d'une guerre contre
l'URSS.Je n'ai toutefois pas pu me procurer ce document pour vérifier,
car il paraît surprenant que R.Hess,qui était l'ami intime de Hitler,
ne se soit pas adressé directement au Führer pour s'informer.
En revanche,j'ai pu me procurer le résumé (non publié) de cet interrogatoire
par le Lt Col.Murray Gurfein.D'après ce qu'écrit l'auteur,R.Hess était au courant
de l'imminence d'une guerre,il avait questionné W.Funk pour savoir quelles
seraient les conséquences économiques de ce conflit (voy."Interrogation of
Funk,Walter",par l'Office of US Chief of Consel for Prosecution of Axis
Criminality.Interrogation Division Summary,s.d.,5p.,pp.3-4
).
Je déduis de ce résumé que R.Hess connaissait les projets de Hitler.


HESS : MARTYR DE LA PAIX.


+ R.Hess dénie toute juridiction au TMI.




Sans surprise,le dauphin du Führer comparut au premier procès de Nuremberg.
Parmi les 21 accusés présents,il fut le seul à adopter une stratégie de rupture,
refusant de s'expliquer devant un tribunal auquel il déniait toute juridiction.


+ R.Hess refuse de s'expliquer.


Invité lors de la deuxième audience à déclarer s'il entendait "plaider coupable
ou non-coupable"
,il se contenta de répondre un "Non" laconique,
si bien que le Président dut préciser:
"Cette réponse sera considérée comme une déclaration de non-culpabilité"
(TMI,II,105).
Plus tard,il confia à son avocat le soin de dire:

"L'accusé Rudolf Hess conteste la juridiction du Tribunal dans la mesure où
des crimes autres que des crimes de guerre proprement dits font l'objet
de ce procès.
Par contre,il assume la pleine responsabilité des lois et des décrets qu'il a signés.
Il assume en outre la responsabilité de tous les ordres et de toutes les directives
donnés par lui en sa qualité de représentant du Führer et de ministre du Reich.
Pour ces raisons,il ne désire pas être défendu contre les accusations qui se
rapportent aux affaires extérieures de l'Allemagne,Etat souverain.
Il s'agit en particulier des relations entre l'Eglise et l'Etat et des questions analogues.
Je ne présenterai donc que des preuves se rapportant à des questions à la
clarification desquelles d'autres Etats peuvent avoir un véritable intérêt.
Il s'agit,par exemple,de l'activité et de l'organisation à l'étranger de la NSDAP.
En conséquence,on ne présentera des preuves au Tribunal que dans la mesure
où elles seront nécessaires pour établir la vérité historique.
Il s'agit,entre autres choses,des motifs qui ont décidé Rudolf Hess à s'envoler
pour l'Angleterre et des buts en vue desquels il prit cette décision."

(TMI,IX,729-30).

Le cynisme des vainqueurs.


Cette protestation ne servit à rien,car je rappelle qu'ayant créé une juridiction
ex nihilo,les vainqueurs avaient pris soin,cynisme éhonté,de la déclarer
irrécusable...
L'article 3 du statut du TMI spécifiait:

Ni le Tribunal,ni ses membres,ni leurs suppléants ne pourront être récusés
par le Ministère public,par les accusés ou par ses défenseurs.
(TMI,I,11).

Voilà pourquoi en réponse à l'avocat de R.Hess,le Président lança:

"Docteur Seidl,si vous avez terminé avec vos remarques préliminaires (...)
je pense qu'il est bon de vous signaler qu'il ne peut y avoir de place ici
pour une contestation sur la compétence de ce Tribunal.
L'article 3 prévoit que le Tribunal ne pourra être récusé ni par le Ministère public,
ni par les accusés ou leurs avocats,et le Tribunal ne peut entendre aucun
argument à ce sujet."
(TMI,IX,730).

R.Hess fut donc jugé comme les autres.


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MessageSujet: Re: Rudolf Hess :La dernière tentative de paix auprès de l'Angleterre   Mar 4 Juin - 10:27

LA THESE DE L'ACCUSATION.

R.Hess: un innocent évident.



(Rudolf Hess prisonnier à la prison de Nuremberg en 1945)


Notons que son cas aurait pu,aurait dû,poser un problème au Ministère public.
En effet:

a) resté hors des cercles dirigeants militaires et n'ayant pas participé
aux combats,il était évidemment innocent de tout "crime contre la paix"
et de tout "crime de guerre",

b) prisonnier à partir de mai 1941,il n'avait pu se rendre complice de tous
les crimes contre l'humanité commis (ou soi-disant commis) après cette date,
je pense plus particulièrement au prétendu massacre des juifs d'Europe.


La thèse du "complot".

Celui qui avait été le dauphin du Führer allait-il alors échapper à la vengeance
des vainqueurs ? Non,car afin de contourner ce genre de difficultés,
le Ministère public invoqua une thèse bien commode,celle du complot.
L'objectif,dévoilé par un avocat,était "d'enfermer (...) les accusés dans un cercle
de responsabilité commune".

(Voy.TMI,XIX,58:plaidoirie de Me Gustav Steinbauer,avocat de l'accusé
Arthur Seyss-Inquart).

L'acte d'accusation était rédigé ainsi:

Le parti nazi,les accusés et d'autres personnes associées à diverses reprises
au parti nazi en tant que chefs,membres,partisans,ou adhérents (dénommés
ci-après collectivement "conspirateurs nazis",avaient ou en sont arrivés
à avoir pour buts et desseins d'obtenir par tous les moyens jugés opportuns,
y compris des moyens illégaux et,en dernier ressort,la menace,l'emploi de la force,
ou la guerre d'agression,les résultats suivants:

1. Abrogation et destruction du Traité de Versailles et des restrictions qu'il
comportait quant à l'armement et à l'activité militaire de l'Allemagne.

2. Acquisition des territoires perdus par l'Allemagne à la suite de la guerre
mondiale de 1914-1918,ainsi que d'autres territoires en Europe,dont
les conspirateurs affirmaient qu'ils étaient occupés principalement par
des prétendus "Allemands de race".

3. Acquisition encore en Europe continentale et ailleurs,aux dépens des pays
voisins ou autres,de nouveaux territoires que les conspirateurs nazis
réclamaient comme nécessaires aux "Allemands de race".
(TMI,II,39-40).

Cet exposé reprenait finalement la thèse selon laquelle les "nazis" n'auraient eu
dès le début qu'une seule volonté:venger à tout prix la défaite de 1918
en reprenant les territoires perdus et en en conquérant d'autres,y compris
au moyen de la guerre d'agression.


Un nouveau chef d'accusation.


Je reviendrai plus loin sur la valeur de cette affirmation.
Pour l'instant,je me contenterai de souligner ce qui suit: alors que le statut
du TMI définissait trois types de crimes correspondant à trois chefs d'accusation,
"crimes contre la Paix", "crimes de guerre" et "crimes contre l'Humanité"
(TMI,I,12),l'acte d'accusation en ajoutait un quatrième,le plus important:
"Plan concerté ou complot" (TMI,I,30, II,38).Il était défini ainsi:

Tous les accusés,de concert avec diverses autres personnes,ont pendant
un certain nombre d'années antérieurement au 8 mai 1945,participé en qualité
de chefs,d'organisateurs,d'instigateurs ou de complices,à la conception ou
à l'exécution d'un plan concerté ou complot ayant pour objet de commettre
des crimes contre la Paix,des crimes de guerre ou des crimes contre l'Humanité,
tels qu'ils sont définis dans le statut de ce Tribunal,ils sont,aux termes de ce
statut,individuellement responsables de leurs propres actes et de tous les actes
commis par des personnes quelconques dans l'exécution d'un tel plan et complot.

(id.).

Référence:le Statut,article 6,spécialement article 6,a.
(Un nouveau chef d'accusation qui permet de déclarer tout le monde coupable
TMI,1,p.38)


Des condamnations automatiques.


La dernière phrase était capitale.
Car en affirmant que les accusés étaient "responsables de leurs propres actes
et de tous les actes commis par des personnes quelconques dans l'exécution
d'un tel plan ou complot"
,tous pouvaient dès lors être reconnu coupables.
C'était d'autant plus facile que le "parti nazi" ayant été déclaré
"noyau central du complot" (TMI,I,31),ceux qui y avaient adhéré devenaient
automatiquement impliqués.L'acte d'accusation l'expliquait clairement:

Le parti nazi,avec certaines de ses organisations annexes,devint l'instrument
de liaison entre les accusés et les co-auteurs de la conspiration,ainsi qu'un
instrument pour la réalisation des buts et des desseins de leur complot.
Chacun des accusés devint un membre du parti nazi et un co-auteur
du complot,en pleine connaissance de ses buts et desseins ou bien,avec
la même connaissance,il en devint le complice,au cours de l'une des phases
du développement du complot.
(TMI,I,31-2).

Dès lors,il n'était même plus nécessaire de prouver la culpabilité en démontrant,
documents à l'appui,l'existence de crimes commis personnellement,
la seule présence des accusés dans les hautes sphères allemandes à partir
de 1933 suffisait.
J'exagère ? Nullement.Le cas de R.Hess à Nuremberg en fournit une preuve éclatante.


UNE THESE APPLIQUEE A R.HESS.


L'acte d'accusation.


L'acte d'accusation contre lui fut exposé le 7 janvier 1946 par le substitut
du procureur général britannique,le lieutenant-colonel Griffith-Jones.
Celui-ci s'appuyait sur le travail préparatoire d'un certain K.E Lachmann,
chargé de rédiger le "bref essai (sur) Hess"(Trial Brief:Hess).
Alors qu'on s'attendait à découvrir une liste de crimes qu'il aurait commis
entre 1933 et 1941,le procureur commença par retracer la vie du prévenu,
rappelant toutes les fonctions qu'il avait occupées auprès de Hitler.
Voici ce que l'on put entendre:

LIEUTENANT-COLONEL J.M.G. GRIFFITH-JONES
(substitut du Procureur général britannique).

Plaise au Tribunal.Je suis chargé de présenter les preuves relatives à l'accusé Hess
en ce qui concerne les chefs d'accusation n°1 et 2 ("plan concerté ou complot",
"crimes contre la paix").
(...)
Hess est né en 1894,il a maintenant 52 ans.Il a servi dans l'Armée allemande
pendant l'autre guerre et a suivi en 1919 les cours à l'université de Munich.
Il devint chef de l'organisation nazie de cette université et,en 1920,adhéra
au parti nazi.Un des premiers membres des SA,il devint chef du corps de Police
des étudiants.
En 1923,il prit part au putsch de Munich,ce qui lui valut une condamnation
à dix-huit mois de prison.
Il purgea la moitié de sa peine dans la même cellule que Hitler.
Je souligne le fait,parce que c'est pendant ces sept mois et demi de prison
avec Hitler que ce dernier dicta Mein Kampf.
C'est donc à ce moment que Hitler dicta Mein Kampf à l'accusé Hess.
Passons maintenant aux postes qu'il a occupés:de 1925 à 1932,
il fut secrétaire particulier et aide de camp de Hitler.
En 1932,il devint président du Comité politique central du Parti,succédant
à Gregor Strasser.
En mars 1933,après l'avènement du parti nazi,il devint membre du Reichstag et,
au mois d'avril de cette même année,il fut nommé adjoint du Führer,poste
qu'il détint jusqu'en mai 1941,au moment de son voyage (sic) en Angleterre.
(....)
Le 1er décembre 1933,il fut nommé ministre du Reich sans portefeuille,fonction
qu'il exerça légalement tout le temps qu'il resta en Allemagne.
Ce fait figure au Reichsgesetzblatt,document PS-3178 (GB-248).
Le 4 février 1938,il devint membre du Conseil du Cabinet secret,document
PS-3189 (GB-249).
Le 30 août 1939,il devint membre du Conseil des ministres pour la défense du Reich,
document PS-2018 (GB-250).
Le 1er septembre 1939,il fut désigné comme successeur du Führer après Göring,
je vous rappelle que Göring était le successeur n°1 et pendant cette période
il fut nommé Obergruppenführer dans les SS et dans les SA.
Telle est la preuve formelle des fonctions qui lui sont reprochées dans l'Acte
d'accusation.Un mot au sujet de l'autorité qui fut sienne dans l'exercice de
ces fonctions.Le Tribunal se souviendra qu'en nommant Hess son délégué
et son adjoint,le Führer s'exprimait ainsi dans le décret de nomination:

"Je nomme Rudolf Hess mon adjoint et je lui donne tous pouvoirs de prendre
des décisions en mon nom pour toutes matières afférentes à la direction du Parti."


On peut mesurer l'étendue de ses attributions en consultant l'Annuaire du Parti
de 1941 auquel je renvoie le Tribunal,page 104 de son livre de documents,
document PS-3163 (USA-255).Je cite:

"Par décret du Führer du 21 avril 1933,le délégué du Führer a reçu pleins pouvoirs
de prendre au nom de ce dernier "toutes décisions concernant la direction du Parti".
Ainsi,le délégué du Führer est son représentant avec pleins pouvoirs sur toute
la direction de la NSDAP.La fonction de délégué du Führer est par conséquent
une fonction qui dérive de celui-ci.
"C'est essentiellement le devoir du délégué du Führer de diriger la politique
fondamentale du Parti,de donner des directives,de faire en sorte que tout
le travail du Parti soit fait selon les principes nationaux-socialistes.
"Toutes les branches de l'activité du Parti aboutissent au délégué du Führer.
Il donne le dernier mot au nom du Parti dans tous projets à l'intérieur de
ce dernier et dans toutes les questions vitales pour l'existence du peuple allemand.
Le délégué du Führer donne les instructions requises pour toute activité du Parti
afin de maintenir l'unité,le pouvoir de décision et le pouvoir d'exécution de la NSDAP,
support de l'idéologie national-socialiste.
"Outre ses devoirs de direction,le délégué du Führer a des pouvoirs étendus
dans le domaine de l'Etat:

" 1. Participation à la législation nationale et à la législation d'Etat,y compris
la préparation des ordres du Führer.
L'adjoint du Führer justifie la conception du Parti,gardien de l'idéologie nazie,

" 2. Le délégué du Führer confirme les propositions de nomination des fonctionnaires
et des chefs du service du Travail,

" 3. Il assure l'influence du Parti sur l'autonomie des municipalités"


Je prie le Tribunal de se référer à la page 119 du livre de documents,au tableau
qui montre l'organisation de la charge de délégué du Führer,document PS-3201
(GB-251).
Je signale la case centrale où se trouve l'officier de liaison de la Wehrmacht,
et son association étroite avec l'Armée,dans la colonne en haut à droite,
vous voyez le titre de "chef de l'organisation à l'extérieur" dont je vais parler,
celui de "commissaire aux Affaires extérieures" qui démontre son souci
de la politique étrangère de l'Etat allemand,ensuite ceux de "commissaire
aux Affaires universitaires", "commissaire aux directives politiques universitaires",

preuve de son souci en matière d'instruction en Allemagne,plus bas,bureau
politique raciale"
,preuve de son intérêt dans la politique antisémite du
Gouvernement nazi,et en bas,à nouveau,"service des questions scolaires".
Un coup d'oeil d'ensemble sur ce tableau montre qu'il participait à tous les aspects
de la vie nazie et de l'organisation et de l'administration de l'Etat.
La loi du 1er décembre 1933 sur l'unité du Parti et de l'Etat stipule qu'en sa qualité
de ministre du Reich sans portefeuille,sa tâche consiste à garantir l'étroite
et active coopération du Parti et des SA avec l'autorité publique,document
PS-1395 (GB-252).
Il acquit de vastes compétences législatives,comme il est établi par l'extrait
de l'Annuaire du Parti de 1941 déjà cité.
J'attire l'attention du Tribunal sur le décret de Hitler,du 27 juillet,déjà présenté
dans le livre de documents.Il a déjà été lui aussi ne ferai-je qu'attirer l'attention
du Tribunal sur ce document, D-138 (USA-403).
Par la loi sur la protection du peuple et du Reich,du 24 mars 1933, Hitler
et son Cabinet,le Tribunal s'en souviendra,obtinrent les pleins pouvoirs
en matière législative,indépendamment du Reichstag,et cet accusé,membre
du Cabinet,avait donc sa part de ces pleins pouvoirs.
Un extrait du discours qu'il prononça le 16 janvier 1937 démontre que Hess
approuvait cette mesure,cet extrait se trouve dans l'exposé qui est entre
les mains des membres du Tribunal:

"Le national-socialisme a veillé à ce que les nécessités vitales de notre pays
ne pussent plus être abandonnées aux palabres d'un Reichstag et devenir
l'objet des calculs des partis.Vous avez vu que les nouvelles décisions
allemandes de portée historique sont prises par le Führer et par son Cabinet,
décisions qui,dans d'autres pays,sont retardées par des débats parlementaires
qui durent des semaines."
Document PS-2426 (GB-253).

Ces pouvoirs et ces fonctions n'étaient pas une sinécure ainsi qu'il apparaît
dans l'ordre donné par Hess en octobre 1934.
Il a été déjà lu,je ne le lirai donc pas,c'est le document D-139 (USA-404).
Comme le Tribunal se le rappellera,Hess déclare qu'il a reçu du Führer le droit
de participer au travail législatif et que tout organisme,apte à légiférer dans
un domaine le concernant,doit lui soumettre à temps les projets,afin qu'il puisse
agir avec efficacité au cas où il les désapprouvent.
Il me semble que l'extrait de l'Annuaire du Parti est suffisamment explicite
sur les pouvoirs de Hess sans que j'aie à présenter plus de deux documents
sur la question.
A la page 5 de l'exposé écrit,on peut voir qu'il occupe du Plan de quatre ans où
il joua un rôle en matière de production et d'organisation (document PS-2608,
déjà présenté sous le n°USA-714).
C'est un extrait d'une conférence faite par l'accusé (Wilhelm) Frick,le 7 mars 1940.
Le passage que je cite n'a pas été lu:

" Afin de garantir la coordination des divers organismes économiques du Plan
de quatre ans,ces organismes furent réunis en un seul sous la présidence
de Göring.Les membres sont les secrétaires d'Etat des organismes qui s'occupent
d'économie de guerre,le chef du Bureau militaire de l'Economie et un représentant
du délégué du Führer."


Enfin un extrait de la National-Zeitung du 27 avril 1941,document M-102
(GB-254),à la page 4 de l'exposé.
Je cite ces passages pour épargner les instants du Tribunal en lui évitant
de se reporter au livre de documents,page 12,où se trouve le texte entier.

" Il y a longtemps,avant le début de la guerre,Rudolf Hess était surnommé
"la conscience du Parti".Si nous nous demandons pourquoi il avait ce titre
indiscutablement honorable,la raison en est facile à trouver.
Il n'y a rien dans notre vie publique qui ne soit du domaine des attributions
du délégué du Führer.Son activité est tellement diversifiée qu'on ne peut
la décrire en quelques mots,et c'est une partie des obligations qui lui incombent
que de leur donner peu de publicité.
Bien peu savent que des mesures gouvernementales,surtout dans le domaine
de l'économie de guerre et du Parti,mesures généralement approuvées lors
de leur publication,peuvent être attribuées à l'initiative directe du délégué
du Führer."


Je devrais peut-être rappeler au Tribunal qu'aux termes du décret portant
nomination du Conseil de Cabinet secret,il avait pour tâche de conseiller Hitler
en matière de politique extérieure.Le Tribunal trouvera quelques photos jointes
au livre de documents,elles n'ont que peu d'importance,elles ont été insérées
pour rappeler au Tribunal le film montré précédemment au cours des débats,
l'accusé Hess apparaît dans presque chaque scène de cette présentation dite:
"l'avènement du parti nazi".Elles ne proviennent pas directement du film,
elles sont analogues,et j'apporte avec ces photos l'affidavit déclarant qu'elles
furent prises par le photographe particulier de Hitler.
L'affidavit devient le document GB-255.Voici donc les preuves qu'il détenait.
(TMI,VII,129-131).

.../.....

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MessageSujet: Re: Rudolf Hess :La dernière tentative de paix auprès de l'Angleterre   Mar 4 Juin - 10:32

Le procureur dévoile son jeu.

Cette longue bibliographie documentée pouvait paraître totalement hors-sujet,
puisqu'on n'y trouvait aucun crime qu'aurait commis R.Hess.
Mais c'est alors que le procureur dévoila son jeu,expliquant:

"Le Tribunal m'autorisera peut-être à présenter une brève théorie à ce sujet,
en ce qui concerne l'accusé Hess,elle pourrait d'ailleurs s'appliquer à chacun
des accusés.
Le Ministère public a présenté les charges contre les accusés individuels
sous la forme d'une collection de documents se référant directement
à chacun d'eux avec des exemples précis de participation aux divers crimes
commis par le peuple allemand.
Messieurs,je prétends,afin de justifier et d'obtenir la condamnation
de cet accusé et de ses collègues,qu'il suffit de prouver leur fonction
dans l'Etat nazi et leur contrôle sur cet Etat,ainsi que les preuves
d'ensemble des crimes commis par le peuple allemand.
Ce n'est peut-être que maintenant,à cette étape du procès,alors que l'étendue
de ces crimes se dévoile plus clairement,que nous nous rendons compte
qu'ils ne peuvent pas être arrivés d'eux-mêmes.
Sur une pareille échelle,il a fallu que ces crimes fussent organisés,coordonnés,
dirigés.Si ce n'est pas par le Gouvernement de l'Allemagne nazie ou le Gouver-
nement d'un pays quelconque qui a dirigé et coordonné ces crimes,qui donc
l'a fait ?
Si les membres de la nation allemande,auteur de ces crimes,ne sont pas
les responsables,on est alors fondé à se demander:qui est donc le responsable ?
Messieurs,il est indiscutable que ces hommes savaient ce qui se passait.
Et je le répète,à mesure que les évènements nous deviennent plus familiers,
nous pouvons prétendre que tout le monde en Allemagne savait ce qui se passait,
j'insiste auprès du Tribunal sur ce fait que la condamnation de ces hommes
ne repose pas sur le hasard de la prise d'un certain nombre de documents
portant leur signature.Il aurait pu arriver qu'on n'eût saisi aucun document,
et pourtant,de l'avis du Ministère public,il eût été tout aussi possible et tout
aussi juste que ces hommes fussent déclarés coupables du rôle qu'ils ont joué
dans l'Etat sur la seule base des fonctions qu'ils ont assumées et des preuves
de l'étendue des crimes commis par les hommes qu'ils dirigeaient

(ibid., pp.133-4).

On ne pouvait être plus clair:avec ou sans documents,les hauts dignitaires
nationaux-socialistes pouvaient être déclarés coupables et condamnés
en tant que tels.

La demande logique du procureur soviétique.

C'est sur ce fondement que, le 29 juillet 1946,le procureur soviétique Rudenko
demanda la condamnation de R.Hess:

"La seule position de Hess dans le parti fasciste et dans le Gouvernement
hitlérien montre sa participation active,en tant que dirigeant dans la préparation
et l'exécution du plan général criminel des conspirations fascistes.
Il est donc pour une grande part coupable et responsable des crimes contre
la Paix,des crimes de guerre et des crimes contre l'Humanité."
(TMI,XIX,611).

On le voit,la thèse du "complot" était le pilier central qui soutenait l'accusation.
Tout comme la "magique chambre à gaz" (dixit Céline),
elle permettait tout....
Dans le cas présent,elle permettait de déclarer un accusé coupable,
même si l'on ne trouvait rien,ou très peu,contre lui.


LES INEPTIES DE L'ACCUSATION.

R.Hess coupable de tout....

Dans la version finale de son "Trial Brief : Hess",ainsi,K.E.Lachmann écrivit:

"Comme député leader du Parti,le prévenu Hess contrôla entièrement,après
Hitler,la SA,la SS,le RSHA et la police de l'ordre.
Il est pour cela totalement responsable (fully responsible) de leurs actes criminels."

(Voy.K.E Lachmann "Total Brief:Hess",deuxième version,page sans numéro
mais correspondant à la page 8 de la première version).

La charge était toutefois si grotesque,R.Hess n'avait pas contrôlé ces organismes,
ses titres étaient purement honorifiques,qu'au procès l'Accusation n'osa pas
la reprendre.Elle n'osa pas non plus mentionner celle selon laquelle l'accusé
aurait été complice (donc coupable) de "la stérilisation forcée et (de)
l'assassinat des personnes affligées de débilité ou de maladies héréditaires."

(Id.A l'appui de cette accusation,K.E Lachmann avait avancé trois documents,
le D-181,le PS-1969 et le PS-842.Le premier concernait toutefois l'accusé W.Frick
(TMI,XVII,442 et TMI,XVIII,191),le second ne fut cité qu'une seule fois pendant
tout le procès,sans lien avec R.Hess (TMI,XXII,212) et le troisième ne fut même
pas produit.).


R.Hess et la persécution des juifs.


Mais elle eut toutefois l'audace d'en reprendre d'autres,tout aussi incongrues.
Le Ministère public prétendit par exemple démontrer que R.Hess avait participé
aux "crimes contre l'Humanité" en se rendant complice de la persécution des juifs.
Dans son exposé,le lieutenant-colonel Griffith-Jones annonça:

"Me voici maintenant amené à la persécution générale des juifs et à l'activité
de l'accusé dans ce domaine."
(TMI,VII,136).
Ceux qui attendaient la production de discours antijuifs enflammés et des directives
criminelles furent cependant déçus,car le procureur général se contenta de dire:
"On se souviendra que le schéma de l'organisation fait état d'un service qu'il
désigne lui-même sous le nom d'office de politique raciale.
On trouve son point de vue sur la question dans un discours du 16 janvier 1937
qui se trouve dans un recueil de ses discours (PS-3124,déjà déposé sous
le n°GB-253).
L'extrait que je désire citer est dans le dossier d'audience,le document est
à la page 98 du livre de documents:

"L'organisation de la NSDAP servira à éclairer le peuple sur les questions de race
et de santé publique et à accroître la population.De même qu'en Allemagne,
les Allemands à l'étranger devront être influencés dans le sens national-socialiste
par les Landesgruppen et les Ortsgruppen.Ils deviendront conscients et fiers
du fait qu'ils sont Allemands,et seront élevés dans un esprit de cohésion
et d'estime réciproque.Ainsi on les élève à mettre les Allemands au-dessus
des sujets d'une autre nation,quelle que soit leur position ou leur origine."


Hess signa la loi de protection du sang et de l'honneur,l'une des lois de Nuremberg
du 15 septembre 1935,document PS-3179 (USA-200).
On se souviendra que,d'après ce décret et d'après la loi de citoyenneté de la
même date,c'était le délégué du Führer qui devait prendre les décrets et
les arrêtés de mise en application de ces lois dites de Nuremberg.
Le 14 novembre 1935,Hess publia une ordonnance exécutoire de la loi
de citoyenneté du Reich privant les juifs du droit de vote et de celui d'occuper
une fonction publique,document PS-1417 (GB-258).
Ces lois de Nuremberg furent étendues à l'Autriche par un décret ultérieur,
du 20 mai 1938,signé de l'accusé Hess,document PS-2124 (GB-259).
(TMI,VII,136).

Autant dire que l'Accusation n'avait rien trouvé de compromettant contre R.Hess.
Mais la théorie du "complot" devait faire le reste.
Dans son réquisitoire définitif contre le prévenu,le procureur général adjoint
français Charles Dubost lança:

"La part qu'il prit dans le développement de l'antisémitisme l'implique dans
les conséquences criminelles du mouvement."
(TMI,XIX,577).

Le raisonnement était donc le suivant:

R.Hess ayant trempé dans le "complot antisémite" (lois de Nuremberg,notamment),
même s'il n'avait pas tué et même si,à partir de mai 1941,il avait été emprisonné
à des milliers de kilomètres en Angleterre,en tant que membre du "complot"
il était impliqué dans le massacre de six millions de juifs comme à l'Est à partir
de juin 1941.
CQFD.


..../....

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MessageSujet: Re: Rudolf Hess :La dernière tentative de paix auprès de l'Angleterre   Mar 4 Juin - 10:35

R.Hess et les "crimes" des Waffen-SS.


En une autre occasion,le Ministère public tenta de démontrer
"sa participation aux crimes de guerre et crimes contre l'Humanité"
(TMI,VII,143).
Le lieutenant-colonel Griffith-Jones annonça la production de deux documents:

l'un d'eux se trouve à la page 18 du dossier d'audience,c'est le PS-3245,
que je dépose sous le n°GB-267.
C'est un ordre émis par Hess,par l'intermédiaire de la Chancellerie du Parti,
pour recruter des hommes pour les Waffen-SS.
Je cite le paragraphe qui nous intéresse:

"Les unités de Waffen-SS,composées de nationaux-socialistes,conviennent
mieux que les autres unités armées aux missions particulières à exécuter
dans les territoires occupés de l'Est,étant donné l'éducation nationale-socialiste
intensive qu'ils ont reçue pour les questions raciales et nationales."


Ce qui devait se produire et se produisit dans les territoires occupés de l'Est
et qui fut l'oeuvre des Waffen-SS,le Tribunal se souviendra du rôle qu'elles
ont joué dans la destruction du ghetto de Varsovie,nous révèle la responsabilité
écrasante assumée par l'accusé.
Ce document se trouve à la page 121 du livre de documents (id.).

Je passerai rapidement sur la généralisation abusive réalisée à partir d'un unique
fait très particulier:la destruction du ghetto de Varsovie,qui fut décidée dans
des circonstances exceptionnelles.
Je souligne simplement que cette destruction eut lieu en avril-mai 1943,
alors que R.Hess était emprisonné depuis deux ans en Angleterre.
Sa responsabilité dans cet évènement (et dans bien d'autres postérieurs à 1941)
était bien évidemment dégagée.
De façon évidente,l'Accusation avait été incapable de trouver une seule
"mission particulière" criminelle effectuée par des Waffen-SS et dans
laquelle le prévenu aurait été directement impliqué.
Mais là encore,la théorie du "complot" était très pratique:un vague ordre écrit
rendait responsable de tout ce qui avait pu arriver ensuite....

R.Hess et la répression en Pologne.


Le deuxième document était encore plus ridicule.Daté d'avril 1941,il s'agissait
d'une lettre qui mentionnait une suggestion de R.Hess sur l'utilisation de
châtiments corporels en Pologne,suggestion qui avait finalement été repoussée
par les autorités compétentes.On lit:

(Lieutenant-colonel Griffith-Jones.)
L'autre document que je désire mentionner sur ce point est le R-96
que je dépose sous le n°GB-268.
C'est une lettre du ministre de la Justice du Reich au chef de la Chancellerie
du Reich en date du 17 avril 1941 dans laquelle sont discutées les dispositions
pénales envisagées pour les juifs et les Polonais dans les territoires occupés de l'Est.
Elle montre très clairement que Hess a été mêlé aux discussions sur ce sujet,
car on y mentionne diverses propositions qu'il aurait faites lui-même.
Je voudrais attirer l'attention du Tribunal sur un ou deux passages.
Je cite le début de cette lettre qui figure à la page 175:

"Depuis le début,j'estime que les conditions spéciales des territoires annexés
de l'Est exigent l'application de mesures spéciales de droit pénal et de procédure
pénale contre les Polonais et les juifs."


Et j'en viens ensuite au deuxième paragraphe,les deux premières lignes:

"L'ordonnance du 6 juin 1940 inaugura un droit spécial pour les Polonais
et les juifs des territoires de l'Est.Par cette ordonnance,le Code pénal allemand
qui était déjà en vigueur depuis le début dans les territoires de l'Est,fut rendu
légalement applicable."


Je saute trois lignes:

"La procédure pour imposer la poursuite de l'action publique a été supprimée,
car il semble intolérable que des Polonais et des juifs puissent forcer
un Procureur Général allemand à ouvrir une information.
Les Polonais et les juifs ont également été privés du droit d'intenter une action
publique.Outre cette loi spéciale dans le domaine de la procédure,des conditions
spéciales ont été incluses dans l'article 2 de l'ordonnance d'introduction.
Ces clauses ont été établies en accord avec le ministre de l'Intérieur du Reich,
sur la base des nécessités qui se sont fait sentir,depuis le début,on avait eu
l'intention de multiplier ces conditions spéciales en cas de nécessité.
Cette nécessité qui était devenue apparente entre temps avait entraîné
un ordre complémentaire d'exécution qui fut ajouté à l'ordonnance originale,
et qui est mentionné dans la lettre du délégué du Führer."


Et,à la page suivante,en haut de la page:

"Par la suite,j'ai été informé du désir exprimé par le Führer selon lequel,
en principe,les Polonais,et je le suppose,les juifs,doivent être traités
de façon différente des Allemands,dans le domaine légale.
Après ces discussions préliminaires...J'ai établi le projet ci-inclus relatif
au droit criminel et à la procédure contre les Polonais et les juifs."


Je passe au paragraphe suivant:

"Ce projet représente un Code pénal spécial et une nouvelle procédure pénale.
Les suggestions du délégué du Führer ont été prises en considération dans
une très large mesure.Le n°1 du paragraphe 3 contient une clause pénale
générale sur la base de laquelle tout Polonais ou juif,dans les territoires de l'Est,
peut à l'avenir être poursuivi et toute espèce de châtiment lui être infligée
pour toute attitude ou action qui sera considérée comme punissable et dirigée
contre l'Allemagne."


J'en viens au paragraphe suivant:

"Conformément à l'avis du délégué du Führer,je suis parti du point de vue que
le Polonais est peu sensible à la peine d'emprisonnement ordinaire."


Ensuite,quelques lignes plus bas:

"D'après la nouvelle échelle des peines,les prisonniers doivent être logés en
dehors des prisons,dans des camps,et doivent être astreints à des travaux
très durs et très pénibles."


A la page suivante,second paragraphe:

"L'introduction de châtiments corporels que le délégué du Führer a soumise
à la discussion n'a pas été incluse dans notre projet.
Je ne peux pas reconnaître ce type de châtiment,parce que son application
ne correspond pas au niveau culturel du peuple allemand."


Monsieur le Président,comme je l'ai dit,le but de ce document est de montrer
que le délégué du Führer était parfaitement au courant de ce qui se passait
dans les territoires occupés de l'Est,et recommandait même des mesures plus
énergiques que celles prévues par le ministre de la Justice du Reich.
(ibid.,pp.143-4).

Là encore,je passerai rapidement sur le contenu de cette pièce que,
pour bien juger,il aurait fallu remettre dans son contexte
(Pour la réponse de l'avocat de R.Hess à l'Accusation qui avait produit
cette pièce,voy.TMI,XIX,401-2).
Je me contenterai de souligner que:

1) Loin d'être le fruit d'un prétendu "sadisme nazi",les punitions avaient été
proposées pour répondre à une "nécessité qui était devenue apparente",
c'est-à-dire pour lutter contre le terrorisme.
A Nuremberg,l'ancien gouverneur de Pologne,Hans Frank,parla du
"mouvement de résistance" polonais "dont l'activité (avait commencé)
dès le premier jour"
,puis il expliqua:

"En fait,le mouvement de résistance,je ne parlerai pas d'activité de guérillas,
car si un peuple conquis organise un mouvement de résistance actif,
c'est après tout une chose respectable,employait des méthodes qui dépassaient
les limites d'un soulèvement héroïque.
Des femmes et des enfants allemands étaient massacrés dans les circonstances
les plus effroyables.Des fonctionnaires allemands étaient assassinés,
des trains déraillaient,les récoltes étaient détruites et toutes les mesures
prises pour la renaissance du pays étaient systématiquement sabotées.
C'est à la lumière de ces incidents qui se produisaient tous les jours sans
relâche,pendant toute la période de mon activité,qu'il faut juger les évènements
de ce pays."
(TMI,XII,28).


(Hans Frank,1939)

D'après H.Frank,en cinq ans d'occupation,la Résistance polonaise assassina
"un total de peut-être 8 00 Allemands" (a total of perhaps 8 000 Germans),
soit 30 par semaine.
(voy."Testimony of Hans Frank,taken at Nuremberg,Germany on 3 october 1945,
14h30-17h00,by Lt Col Thomas S.Hinkel,IGD,OUSCC",p.25).

Quant aux attentats,ils se produisaient parfois par vagues,l'ancien gouverneur
de Pologne rappela par exemple qu'une seule nuit,dans le district de Varsovie,
110 laiteries avaient été incendiées.
(voy."Testimony of Hans Frank,taken at Nuremberg,Germany on 3 october 1945,
10h30-12h15,by Lt Col Thomas S.Hinkel,IGD,OUSCC",p.25).

2) Loin d'être appliquées aveuglément ces mesures répressives devaient être
infligées à la personne reconnue coupable d'une action
"considérée comme punissable et dirigée contre l'Allemagne",

3) Le recours aux châtiments corporels avait finalement été rejeté comme indigne
d'un peuple civilisé.Ce fait ne correspond absolument pas à l'image (hollywoodienne)
du "nazi" fier d'être un barbare et d'agir au mépris de toute morale...

Cela dit,revenons à R.Hess.Sachant que sa proposition avait été repoussée,
de quoi,finalement l'accusait-on ?
D'avoir été "parfaitement au courant de ce qui se passait dans les territoires
occupés de l'Est"
.Encore une fois,donc,le Ministère public prétendait pallier
le vide documentaire en recourant à la thèse du "complot".
Son argumentation se résumait ainsi:

le dauphin du Führer avait su,donc il avait pris part au "complot",
donc il devait être condamné pour tout ce qui s'était passé
dans les territoires occupés de l'Est.


- Le Tribunal refuse de suivre l'Accusation. -


Mais même à Nuremberg,il existait certaines limites au ridicule à ne pas franchir.
Dans son jugement,le Tribunal estima que le "plan concerté"(= le complot)
ne devait être "considéré qu'à l'égard des guerres d'agression"(TMI,XXII,499).
Pour les "crimes de guerre" et les "crimes contre l'Humanité",il fallait produire
contre l'accusé des documents qui le mettaient directement en cause.
Or,ceux avancés par le Ministère public dans le cas de R.Hess étaient si peu
convaincants que les juges relaxèrent le prévenu de ces deux chefs d'accusation.
Dans le jugement,on lit:

"Crimes de guerre et crimes contre l'Humanité.
D'après certaines preuves soumises au Tribunal,la Chancellerie du Parti aurait,
sous la direction de Hess,participé à la transmission des ordres relatifs
à la perpétration des crimes de guerre,et Hess aurait eu connaissance
des crimes commis dans l'Est,même s'il n'y a pas participé,il aurait aussi proposé
des lois d'exception contre les juifs et les Polonais et aurait signé les décrets
obligeant certaines catégories de Polonais à accepter la nationalité allemande.
Toutefois,le Tribunal estime que les preuves invoquées pour démontrer
la participation de Hess à ces crimes ne suffisent pas à établir sa culpabilité."

(ibid., p.564).

Ainsi,malgré un Tribunal très partial,l'Accusation avait totalement échoué....



..../....

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MessageSujet: Re: Rudolf Hess :La dernière tentative de paix auprès de l'Angleterre   Mar 4 Juin - 10:51


R.Hess n'est pas un "criminel de guerre".




Voilà pourquoi tous ceux qui,aujourd'hui encore,traitent R.Hess de
"criminel de guerre" se trompent.
Je vise notamment le Jerusalem Post qui,le 21 juillet 2011,écrivit
dans son édition française en format électronique:

"Dans le cimetière de Wunsiedel,il y a un caveau familial avec les parents
de Hess et le criminel de guerre nazi avait exprimé le désir d'y être enterré
dans son testament."


Je lui rappellerai qu'à Nuremberg,R.Hess fut condamné pour "complot"
et pour "crime contre la Paix".


LA PRETENDUE "CINQUIEME COLONNE".


L'échec de l'Accusation fut également cuisant sur un autre sujet:
la Cinquième colonne.R.Hess n'ayant commis ni crimes de guerre,
ni crimes contre l'Humanité,il ne pouvait être condamné que pour
"crimes contre la Paix".Sachant toutefois qu'il était resté hors des cercles
militaires de décision,personne ne pouvait le convaincre d'avoir préparé
des guerres.


La thèse de l'Accusation.

Afin de contourner cette difficulté,l'Accusation lui reprocha d'avoir organisé
internationalement une Cinquième colonne,sorte de "cheval de Troie"
dans les pays étrangers.Là encore,la thèse du "complot" devait faire le reste:
le prévenu ayant,même très indirectement,participé au "plan concerté"
en vue de commettre des guerres d'agression,il devait être déclaré coupable.
CQFD.

Le 7 février 1946,le substitut du procureur général britannique se lança
dans un long exposé destiné à faire croire que le prévenu avait organisé
la Cinquième colonne allemande grâce aux associations d'Allemands à l'étranger:

(Lieutenant-colonel Griffith-Jones)

L'une des activités les plus importantes de Hess dans les préparatifs de la guerre
fut d'organiser la fameuse "Cinquième colonne" allemande.
Il fut le responsable,en tant que délégué du Führer,de l'"Auslands-Organisation",
autrement dit l'organisation à l'étranger du Parti (...).
Je désire simplement mentionner maintenant deux questions:en octobre 1933,
cette organisation fut placée directement sous le contrôle de Hess,et un an
après,ce fut Hess lui-même qui lui donna le nom qu'elle devait porter:
"Auslands-Organisation".
(...) Divers bureaux s'occupaient de la Marine marchande allemande qui était
naturellement un outil merveilleux pour propager les idéologies nazies d'un bout
à l'autre du monde.
l'Auslands-Organisation s'occupait des Allemands vivant à l'étranger,qui
naturellement devaient former la base des activités de la Cinquième colonne,
au cours des années à venir.
Je pense que le Tribunal verra que sous le titre "Etendue du travail de l'organisation"
sont mentionnés deux documents.Il suffira peut-être de citer maintenant
le document PS-3401,qui devient GB-263,à la page 173 du livre de documents.
C'est un article du Volkischer Beobachter qui commence par déclarer que
"l'idéologie national-socialiste s'empare de nos frères allemands et les affermit
dans leur nature d'Allemands".
Il continue ensuite en disant que "l'application pratique de cette politique
de principe réside dans une organisation à l'étranger de la NSDAP qui sera
directement subordonnée au délégué du Führer,Hess".
Je cite les dernières lignes de ce paragraphe:
"L'actualité de l'Auslands-Organisation s'étend littéralement à la terre tout
entière,et le mot d'ordre suivant pourrait,en toute justice,figurer dans ses bureaux
à Hambourg:"Mon domaine est le monde".
L'Organisation à l'étranger sous la direction du Gauleiter E.W.Bohle,qui est assisté
par tout un état-major d'experts,de collaborateurs qualifiés,comprend aujourd'hui
environ 350 groupes régionaux et centres de la NSDAP dans toutes les parties
du monde et,en outre,s'occupe un peu partout d'une grande quantité de membres
isolés du Parti."

Je ne veux pas citer d'autres documents sur l'activité ou l'étendue de
cette organisation.Vous les trouverez exposés dans le document suivant,PS-3258
(...).
(TMI,VII,137-9).

Blog pour infos:
http://usmbooks.com/deutsche_schaffen.html



Une thèse évidemment inepte.


J'interromps ici la citation pour souligner qu'une "Cinquième colonne" dont
l'existence,l'emplacement des bureaux et l'identité du chef étaient publiquement
révélés dans l'un des plus grands organes d'information allemands ne pouvait
être une "Cinquième colonne".
A Nuremberg,d'ailleurs,l'avocat de R.Hess produisit une déclaration sous serment
de l'ancien chef de cette organisation,Ernst Wilhelm Bohle.
Elle balayait en ces termes les thèses de l'Accusation:

(...) 1. L'Organisation pour l'étranger de la NSDAP a été créée le 1er mai 1931
à Hambourg sur la demande d'un certain nombre d'Allemands vivant à l'étranger
(...).
2. Le but de cette organisation était le suivant:à la prise du pouvoir il s'agissait
de grouper les quelques 3 300 membres du parti national-socialiste qui vivaient
alors en dehors des frontières de l'Allemagne en une seule organisation.
De plus,par ce moyen,les Allemands vivant à l'étranger,qui n'avaient qu'une
très vague idée de la situation politique en Allemagne,pourraient être informés
des idées et du programme de l'Etat nouveau.

3. Seuls,les "Reichsdeutschen",ceux qui étaient nés Allemands,pouvaient
devenir membre du Parti;l'admission d'étrangers ou d'ex-Allemands ayant acquis
un droit de citoyenneté étrangère était strictement interdite.

4. Le principe de base touchant l'attitude de l'Organisation du Parti à l'étranger
vis-à-vis des autres pays était inscrit sur la carte de membre de chaque adhérent
sous la forme suivante: "Suis les lois du pays dont tu es l'hôte,la politique
intérieure de ce pays ne regarde que ses propres citoyens,ne t'en mêle donc pas,
même dans la conversation
."
Dès le jour de sa création jusqu'à sa suppression,ce principe fut d'importance
fondamentale dans l'activité et le rôle de cette organisation envers les autres
nations.
Moi-même,dans de nombreux discours publics,je me servis bien souvent de
cette phrase:"Le national-socialiste honore les peuples étrangers parce
qu'il aime le sien.

5.Mes discours au Porchester Hall de Londres,le 2 octobre 1937,et à Budapest,
vers la fin 1938,donnent une analyse exacte du rôle de l'Organisation
à l'étranger de la NSDAP,vis-à-vis des pays étrangers.
Winston Churchill,à la fin de l'été 1937,attaqua à plusieurs reprises l'activité
de l'Organisation à l'étranger dans des articles parus dans les journaux et
dans son fameux article "Amitié avec l'Allemagne",qui parut dans l'Evening Standarddu 17 septembre 1937 et qui fut retransmis par radio,il la désignait
comme un obstacle aux relations germano-britanniques.
Dans le même article,il disait qu'il était prêt à converser avec moi à ce sujet,
sur le ton le plus cordial.
L'ambassade d'Allemagne à Londres fit alors savoir au Foreign Office qu'une
interpellation de Churchill à la Chambre des Communes sur l'activité de l'Organisation
à l'étranger était fort peu souhaitable mais qu'il était extrêmement désirable
qu'une conversation eut lieu entre Churchill et moi.
Cet entretien eut lieu le jour même de mon allocution aux Allemands du Reich
à Londres,dans l'appartement de Winston Churchill,et il dura plus d'une heure,
j'eus ainsi,au cours de cette très cordiale conversation,toute possibilité
de renseigner Churchill sur l'activité de l'Organisation et de dissiper ses soupçons.
A la fin de l'entretien,il me raccompagna jusqu'à ma voiture et fit prendre une photo
de lui à mes côtés afin,comme il le disait,de montrer au monde que nous nous
séparions bons amis.Il n'y eut pas d'enquête soulevée aux Communes et,depuis
ce jour,Churchill n'a jamais fait l'ombre d'une objection à l'activité de l'Organisation
à l'étranger.
Mon discours du même jour,qui fut publié peu de temps après par une maison
anglaise,en langue anglaise,sous forme de brochure,fut favorablement accueilli,
des extraits de ce discours furent publiés par le journal The Times
sous le titre :"M.Bohle se fait l'avocat d'une compréhension entre les peuples"
(Voy.The Times,2 octobre 1937,p.1).
Churchill m'écrivit une lettre après cette conversation,dans laquelle il m'exprimait
sa satisfaction à la suite de notre entretien.

6.Au cours du procès de l'assassin du chef de l'Organisation à l'étranger,pour
la Suisse,Wilhelm Gustloff,procès qui eut lieu en Suisse,à Coire,en 1936,
le tribunal ordonna une enquête sur la légalité de l'activité de cette organisation.
L'accusé,David Frankfurter fut condamné à dix-huit ans d'emprisonnement et,
autant que je puis m'en souvenir,les autorités suisses qui n'étaient nullement
favorables aux nazis durent confirmer que Gustloff et les Landesgruppen
de l'Organisation à l'étranger n'avaient jamais en aucune façon,donné matière
à critique dans leur activité.Le temoignage du conseiller fédéral Baumann qui,
à ce que je crois,était alors ministre de l'Intérieur et de la Police de Suisse,fut,
à ce moment,décisif.

7. J'aimerais aussi indiquer que,même après le début de la guerre,les Landesgruppen
de l'Organisation à l'étranger dans les pays neutres continuèrent à fonctionner
jusqu'à la fin de la guerre.
Cette remarque est particulièrement exacte pour la Suisse,la Suède et le Portugal.
Après 1943,tout au moins l'Allemagne n'aurait guère pu intervenir si l'Organisation
à l'étranger était entrée en conflit avec les lois intérieures de ces pays et
la dissolution de cette organisation en aurait résulté à coup sûr.

8. A côté de ce caractère indiscutable de légalité de l'Organisation à l'étranger,
j'ai dit et répété,en ma qualité de chef,que les Auslandsdeutschen,les Allemands
de l'étranger,étaient certainement les derniers à se laisser entraîner à manifester
en faveur de la guerre ou à comploter contre la paix.
Ils ne savaient que trop bien,par une amère expérience (celle de 1914-1918),
qu'une guerre signifierait pour eux l'internement,les poursuites,la confiscation
de leurs biens et la suppression de leurs moyens d'existence.

9. Etant donné leur connaissance de la situation à l'étranger,personne ne savait
mieux que les Allemands vivant à l'étranger,qu'une activité quelconque dans
le sens d'une Cinquième colonne serait aussi stupide que nuisible aux intérêts
du Reich.L'expression "Cinquième colonne" d'ailleurs,si mes souvenirs sont exacts,
apparut pendant la guerre civile espagnole,c'est en tout cas une invention
étrangère.Lorsque Franco attaqua Madrid avec quatre colonnes de troupes,
on prétendit qu'une cinquième colonne,composée d'éléments nationalistes,
se trouvait dans l'enceinte de la ville assiégée et y exerçait une activité
séditieuse clandestine.

10.L'emploi du terme "Cinquième colonne" pour désigner l'Organisation à l'étranger
de la NSDAP est sans fondement.
Si cette assertion était exacte,cela signifierait que les membres de
cette organisation,en liaison avec les éléments locaux d'opposition,auraient été
chargés,dans un ou plusieurs pays étrangers,ou auraient essayé d'eux-mêmes
de miner de l'intérieur l'existence de cet Etat.
Cette affirmation serait de la pure invention.

11.Ni de l'ancien adjoint du Führer,Rudolf Hess,ni de moi-même,en tant que
chef de l'Organisation à l'étranger,les membres de cette Organisation ne reçurent
mission d'exercer une activité quelconque dans le sens d'une Cinquième colonne.
Hitler lui-même ne me donna jamais aucune directive de cette sorte.
En résumé,je peux dire que l'Organisation à l'étranger,à aucun moment,aussi
longtemps que je fus son chef,ne participa à aucune activité dans le sens
d'une Cinquième colonne,jamais l'adjoint du Führer ne donna d'ordres ni de
directives qui auraient pu conduire l'Organisation à l'étranger dans une telle voie.
Rudolf Hess,bien au contraire,désirait instamment que les membres de l'Organisation
à l'étranger n'intervinssent,en aucun cas,dans les affaires intérieures du pays
dans lequel ils vivaient.

12. Il est connu,naturellement,que,de même que des ressortissants des pays
hostiles,les Allemands furent employés pour des missions d'espionnage ou de
renseignements à l'étranger,mais cette activité n'a rien à voir avec les membres
de l'Organisation à l'étranger,organisation qui travaillait légalement et au grand
jour,et pour ne pas mettre en danger l'existence de celle-ci,j'ai toujours demandé
qu'aucun de ses membres ne fut employé à des activités de ce genre ou qu'on
me donnât au préalable la possibilité de les relever de leurs fonctions comme
membres de l'Organisation à l'étranger.
(Voy.TMI,X,18-21.Dans un interrogatoire,le frère de R.Hess,Alfred Hess,
confirma les dires d'E.W.Bohle (ibid.,,p.85).


Le fiasco de l'Accusation.

E.W.Bohle ayant comparu comme témoin,J.M.G. Griffith-Jones le contre-interrogea
assez longuement pour tenter de le prendre en défaut.
Mais ses différentes tentatives de déstabilisation se soldèrent par un échec cuisant.
(TMI,X,25-36).
A plusieurs moments,le substitut évoqua des cas particuliers d'activités illégales
impliquant des Allemands à l'étranger après le début de la guerre.
La tactique de l'Accusation était toujours la même:citer quelques cas isolés
pour généraliser abusivement.
Mais E.W.Bohle dévoila habilement cette malhonnêteté en soulignant:

J'ai l'impression que l'on confond ici l'activité de l'Organisation des Allemands
à l'étranger,en tant qu'organisation,avec ce qui a pu être fait pendant
la guerre par certains Allemands à l'étranger dans l'accomplissement
de leur devoir patriotique.Voilà le point crucial de la question.

(ibid.,p.37).

Cette remarque était parfaitement exacte:ce que l'on attendait dans le cadre
d'une démonstration sérieuse,ce n'était pas seulement quelques cas individuels
épars,c'était aussi et surtout,les preuves que ces cas dérivaient d'ordres
supérieurs donnés par l'Organisation des Allemands à l'étranger à tous ses membres.
Loin,donc,d'esquiver malhonnêtement la discussion,E.W.Bohle venait au contraire
d'aborder le coeur du sujet.
Le substitut aurait alors dû produire les preuves dont il disposait.
Mais il n'en fit rien.A la place,il se contenta de répondre:

"Je ne veux pas discuter sur ce point"
(id.).

Cette pitoyable dérobade démontrait que l'Accusation n'avait rien trouvé de concret
contre l'Organisation des Allemands à l'étranger.
Visiblement acculé,J.M.G Griffith-Jones produisit soudainement un nouveau
document.Sans doute un de ses collègues le lui avait-il transmis voyant que
le contre-interrogatoire tournait au fiasco.
Mais là encore,l'échec fut total,le substitut dut une nouvelle fois jeter l'éponge
face aux répliques assurées d'E.W.Bohle.
Dans le compte rendu d'audience,on lit:

LIEUTENANT-COLONEL GRIFFITH-JONES:(...) J'ai encore un document à présenter
au témoin (...).C'est un document que je viens de trouver.Je n'ai pas eu le temps
d'en faire tirer des exemplaires pour le Tribunal.
Permettez-moi d'en lire quelques extraits.(Au témoin[/i)
(...) Vous vous souvenez que vous aviez un Landesgruppenleiter en Roumanie ?

TEMOIN BOHLE: Oui,il s'appelait Konradi.

LIEUTENANT-COLONEL GRIFFITH-JONES:Et c'est bien là une lettre contenant
des instructions pour le Zellenleiter de Constanza ?

TEMOIN BOHLE: Oui.

LIEUTENANT-COLONEL GRIFFITH-JONES :Elle est datée du 25 octobre 1939.
Nous allons lire le premier paragraphe:[i]"Du 9 au 12 octobre,des conférences
ont réuni les hauts détenteurs de souveraineté ou leurs représentants
des groupes sud et sud-est de l'Europe,dans les bureaux de la direction
de l'Organisation des Allemands à l'étranger."

C'est-à-dire à Berlin,n'est-ce pas ?

TEMOIN BOHLE: Oui,à Berlin.
(TMI,X,37-8


La pièce ayant été rédigée en pleine guerre,elle ne pouvait pas démontrer
l'existence d'un quelconque "complot contre la Paix".
Il est dommage que Me Seidl n'ait pas pu souligner cette évidence pour
interrompre tout de suite la discussion.Mais cela ne changea finalement rien,
comme nous allons maintenant le constater.
Continuant à lire,le substitut déclara:

LIEUTENANT-COLONEL GRIFFITH-JONES (...)

"J'ai reçu,par la suite,des instructions directes du bureau supérieur de la direction
de l'Organisation des Allemands à l'étranger."

Ainsi,il semble que les instructions données à la conférence furent confirmées
par écrit.

"Pendant la guerre,tous les nationaux-socialistes à l'étranger doivent servir
directement leur patrie,soit par la propagande pour la cause allemande,
soit en contrecarrant les mesures ennemies."


Passons plus loin,et nous allons prendre le paragraphe commençant par

"Comme partout ailleurs,il est extrêmement important de savoir où
est l'ennemi et ce qu'il fait..."


Je désire qu'il soit parfaitement clair pour vous et présent à votre esprit
que ces instructions viennent directement de votre bureau central de Berlin.

"On a constaté que l'IS (Intelligence Service) a tenté souvent,avec le plus
grand succès,de faire admettre,pour participer aux activités du Parti et
des organisations associées,des personnes qui paraissent de toute confiance.
Il est donc nécessaire que vous fassiez une enquête approfondie au sujet
de toutes les personnes au contact desquelles vous serez et que vous
ne connaissez pas très bien,mais avant tout vous devrez examiner avec soin
toutes les nouvelles personnes et tous les visiteurs approchant votre voisinage
immédiat.Si possible faites-les prendre en main par un camarade dont
les convictions nazies absolues ne sont pas très évidentes..."


Je pense que nous pouvons omettre le reste.

"Vous devez faire des rapports sur tout ce qui vient à votre connaissance,
même si,à première vue,les faits vous paraissent sans importance.
Les rumeurs tombent dans cette catégorie,si fausses qu'elles puissent être."


Vous souvenez-vous qu'on enjoignit à vos membres en Roumanie de faire
un rapport sur tout ce qu'ils voyaient ?

TEMOIN BOHLE: Oui,évidemment.

LIEUTENANT-COLONEL GRIFFITH-JONES:

"Une partie importante de votre travail,à vous et à vos camarades,
doit se rapporter aux firmes industrielles et aux entreprises commerciales,
non seulement parce que vous pouvez très bien faire votre propagande
de cette manière,mais aussi parce que c'est dans ces firmes que vous pouvez aisément recueillir des renseignements sur les visiteurs étrangers.
On sait que les organisations d'espionnage ennemies sont spécialement actives
dans les milieux industriels,à la fois pour recueillir des renseignements et pour
exécuter des actes de sabotage.Les membres ayant des relations étroites
avec des compagnies de messageries maritimes sont particulièrement indiquées
pour ce genre de travail.Il va sans dire que vous devez être prudent et soigneux
dans le choix de vos collaborateurs(...).
En cette occurence,il est opportun de se reporter aux organisations internationales
d'échanges."


Je désire que vous preniez bonne note de la phrase suivante:

"Il a été prouvé que ces organisations se camouflent souvent sous le couvert
d'activités innocentes et doivent en réalité être considérées comme faisant
partie du service de renseignements étranger."


Témoin,ce texte ne définit-il pas exactement la façon selon laquelle votre
Organisation des Allemands à l'étranger poursuivait son travail ? Relisez-le.

"Il a été prouvé que ces organisations se camouflent souvent sous le couvert
d'activités innocentes et doivent en réalité être considérées comme faisant
partie du service de renseignements étranger."


Est-ce que cela ne concorde pas avec les instructions que votre
Landsgruppenleiter envoyait à ses membres,dans ce document ?(TMI,X,38-41).

Dans son aveuglement et la débâcle de ses improvisations,le substitut croyait
donc que cette phrase s'appliquait à l'Organisation des Allemands à l'étranger,
alors qu'elle s'appliquait bien évidemment aux organisations britanniques liées
à l'Intelligence Service.
E.W.Bohle n'eut alors aucun mal à répondre:

TEMOIN BOHLE:

Au contraire,je trouve que c'est une preuve évidente du fait que les organisations
citées étaient au service de l'espionnage étranger et non au service de
l'espionnage allemand.
Mon interprétation est exactement contraire à celle du Ministère public anglais.

(ibid.,p.41).

Se rendant compte de sa méprise,J.M.G Griffith-Jones tenta alors de sauver
la mise en accusant les Allemands à l'étranger non pas d'espionnage,
mais de..."contre-espionnage":

LIEUTENANT-COLONEL GRIFFITH-JONES:

Ne donnez-vous pas d'instructions ici,ou du moins votre Landesgruppenleiter
ne donne-t-il pas d'instructions pour inviter les intéressés à exercer des activités
de contre-espionnage,telles qu'en poursuit généralement un service de
renseignements ?
N'est-ce pas le sujet qui a,jusqu'à ce moment,été traité dans cette lettre ?

(id.).

Le pauvre semblait oublier qu'en pleine guerre,il est parfaitement légitime d'exiger
de ses ressortissants qu'ils contrent les manoeuvres d'espionnage ennemies.
Encore une fois,donc,le témoin put répondre sans être nullement déstabilisé:

TEMOIN BOHLE:

La lettre,qui ne m'est pas personnellement familière,demande apparemment
aux Allemands à l'étranger de faire un rapport toutes les fois qu'ils rencontrent
l'Intelligence Service à l'oeuvre,je ne crois pas que l'on puisse élever d'objections
à ce sujet,en temps de guerre.
(id.).

Ecrasé par l'évidence,le substitut ne put que jeter l'éponge en déclarant:

LIEUTENANT-COLONEL GRIFFITH-JONES:

Très bien.Nous n'allons pas continuer à discuter sur ce sujet.
Je crois comprendre que vous ne savez rien sur les instructions contenues
dans cette lettre et que vous n'avez jamais vu ou entendu parler de cette lettre.
Ai-je raison ?


TEMOIN BOHLE:

Non,je n'ai jamais vu cette lettre et je ne sais même pas si elle est authentique,
car ce n'est pas un original (Exact:c'était une copie dactylographiée avec
une signature tapée à la machine)
(id.).

Le substitut n'insista pas et passa à autre chose (évoquant la Belgique,
la Norvège,etc..).
Oui,vraiment,le fiasco était total pour l'Accusation.

.../....

_________________
 

L'autre Histoire :
"qui n'entend qu'un son, n'entend qu'une cloche."

http://sansconcessiontv.org/

http://robertfaurisson.blogspot.it/2014/12/une-grande-dame-allemande-ouvre-la.html
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Spartacus

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MessageSujet: Re: Rudolf Hess :La dernière tentative de paix auprès de l'Angleterre   Mar 4 Juin - 10:56


Un nouveau fiasco.





Certains pourront me répondre que J.M.G Griffith-Jones ne prit pas
uniquement pour cible l'Organisation des Allemands à l'étranger",
il évoqua aussi le cas de deux autres organismes.
C'est exact,mais là encore,le fiasco fut net.
Dans son réquisitoire contre R.Hess,il expliqua:

Deux des autres organisations qui étaient dirigées par l'Organisation
à l'étranger étaient connues sous le nom de "Ligue nationale des Allemands"
-VDA- et "Ligue des Allemands de l'Est"- BDO-
J'invite le Tribunal à se référer au document qu'il trouvera à la page 38
du livre de documents.C'est le PS-837 (GB-265).
C'est une lettre qui,vous le verrez à la page suivante,est signée par Hess
et datée du 3 février 1939.
C'est une circulaire,qui n'est pas destinée à être publiée.
Elle a pour objet la ligue nationale des Allemands à l'étranger et
la ligue des Allemands de l'Est.Je cite le premier paragraphe:

"Le directeur du service central des Allemands de race,
le SS-Gruppenführer Lorenz..."


Ce service central des Allemands de race,qui est la "Volksdeutsche Mittelstelle",
était une autre organisation similaire,mais elle était dirigée par Himmler et les SS.
Tous ces messieurs semblent avoir eu leur organisation individuelle à l'étranger,
mais toutes étaient instituées dans un but similaire.Celle-ci donc s'appelle
"Volksdeutsche Mittelstelle".Je cite à nouveau:

"Le directeur du service central des Allemands de race,
le SS-Gruppenführer Lorenz à édicté en mon nom la règlementation
des questions relatives au travail raciste dans les régions limitrophes.
En premier lieu,le VDA est l'organisation compétent pour le travail racial
au-delà des frontières."


Je passe aux deux dernières lignes de ce paragraphe:

"Le VDA est organisé en groupes régionaux qui correspondent
à l'étendue territoriale des Gaue de la NSDAP."


Et les deux premières lignes du paragraphe suivant:

"La ligue des Allemands de l'Est,le BDO,est l'association responsable
du travail raciste dans les régions limitrophes."


Et je passe à la page suivante,au paragraphe n°4:

"Le VDA est seul responsable du travail raciste au-delà des frontières.
J'interdis par la présente au Parti et à ses organisations et associations affiliées
toute activité raciste à l'étranger.Le seul organisme compétent pour cette tâche
est l'Office central des Allemands de race,dont le VDA est l'instrument clandestin.
Dans le Reich,le VDA,de façon générale,n'a à fournir que les moyens nécessaires
au travail raciste au-delà des frontières.
Le VDA doit être soutenu en cela de toute manière par les services du Parti.
Toute apparence extérieure de liaison avec le Parti doit cependant être évitée."


Il continue ensuite en exposant les activités du BDO,puis le dernier paragraphe:

"L'activité du BDO et de la VDA doit être soutenue de toutes les manières
par les offices du Parti.La direction nationale-socialiste de ces deux associations
assurera une collaboration énergique de leur part dans toutes les tâches qui
leur seront assignées par la NSDAP.
Leur nature est déterminée par des considérations de politique étrangère et
ces associations doivent en tenir compte dans leurs manifestations publiques."

(ibid.,pp.139-40).

Je me contenterai de répondre que malgré les documents avancés et
les citations produites,rien ne venait démontrer que ces associations
auraient travaillé en vue d'une guerre future.
Le seul organisme clairement clandestin (le VDA) était chargé du "travail raciste",
c'est-à-dire de la diffusion de l'idéologie nationale-socialiste auprès des Allemands
de l'étranger. Cela n'allait pas plus loin.

L'Accusation avoue implicitement qu'elle n'a rien.

La faiblesse de l'argumentation échafaudée par J.M.G Griffith-Jones
dans son acte d'accusation était si évidente qu'un mois plus tard,
l'Accusation dut reculer.
Le 7 mars 1946,le procureur général adjoint britannique,Sir David Maxwell-Fyfe,
concéda (je souligne):

Le Ministère public a dit que l'organisation à l'étranger servit à favoriser
les activités de la Cinquième colonne.
Cela voulait simplement dire que grâce à cette organisation à l'étranger,
il y avait ainsi tout d'abord un recensement complet et une organisation
des membres du Parti à l'étranger,en second lieu le service de renseignements
de cette organisation même,faisaient des rapports sur tous les personnages
officiels allemands,de n'importe quel service gouvernemental,qui venaient
à l'étranger,et exerçait un contrôle sur eux dans l'accomplissement de leurs tâches,
en plus des autres citoyens allemands.
Grâce à l'existence de ce service de renseignements,tous les Allemands étaient
prêts à être utilisés et en fait le furent,quand il s'est agi d'envahir le pays
où ils se trouvaient.
Nous n'avons pas prétendu qu'il y ait eu par exemple des ordres formels
de détruire des ponts ou de commettre des actes de sabotage,donnés
directement à l'Organisation
,on pourrait simplement le déduire
du fonctionnement même de l'Organisation(..).
Le Ministère public n'a jamais apporté la preuve d'ordres formels
de sabotage à cet égard."
(TMI,VIII,634).


C'était reconnaître qu'il n'y avait rien,absolument rien.
scratch


Le Tribunal lâche l'Accusation.

L'aveu de Sir David était si net que dans sa plaidoirie,l'avocat de R.Hess consacra
à la prétendue Cinquième colonne allemande un simple intérêt poli,se contentant
de dire:

Les documents présentés à ce propos par le Ministère public n'apportent pas
la preuve que l'accusé Hess ait lui-même transmis à ces organisations
des instructions ou des ordres qui aient pu les inciter à une activité analogue
à celle de la Cinquième colonne.L'interrogatoire des témoins Bohle,Strölin
(TMI,X,55-8/ et Alfred Hess a prouvé,au contraire,que c'est précisément
l'accusé Hess qui a interdit à ces organisations et à leurs chefs de s'immiscer
d'une manière quelconque dans les affaires intérieures des autres Etats.
Le Ministère public n'a pu fournir la preuve établissant que les organisations
précitées ont développé effectivement une activité qui aurait eu pour but
de saper les organismes des Etats étrangers.
Dans ces conditions,il est inutile d'entrer dans les détails de l'activité
des organisations et institutions précitées,d'autant moins qu'il n'existe
aucune preuve établissant un rapport de cause à effet entre les devoirs
et fonctions de ces organisations et les événements qui ont conduit
à la guerre en 1939.
TMI(,XIX,376).

Face à l'évidence,le Tribunal refusa de suivre le Ministère public.
Dans la partie du jugement qui condamne R.Hess,on ne trouve aucune allusion
aux organisations des Allemands à l'étranger.([i]TMI
,XXII,562-4).


UNE THESE EVIDEMMENT FAUSSE.

Dès lors,comment l'Accusation obtint-elle finalement la condamnation
du prévenu ? Grâce à la thèse du "complot" et à la mauvaise foi cynique
du Tribunal,comme nous allons maintenant le démontrer.
Cette thèse était ridicule pour une raison simple:

- les trois objectifs du prétendu "plan concerté":

- A) l'abrogation et destruction du Traité de Versailles,

- B) l'acquisition des territoires perdus en 1918,

- C) et l'acquisition de nouveaux territoires nécessaires à la création
d'un "espace vital" (TMI,II,39-40)
n'avaient rien de secret,ils constituaient les...trois premiers points du programme
de la NSDAP,publié très officiellement le 24 février 1920.
Ce manifeste commençait ainsi:

1. Nous demandons la constitution d'une Grande Allemagne,réunissant tous
les Allemands sur la base du droit des peuples à disposer d'eux-mêmes.
(Wir fordern den Zusam menschluB aller Deutschen auf Grund des Selbstbestim
mungsrecht der Völker zu einem GroBdeutschland).

2. Nous demandons l'égalité des droits du peuple allemand au regard
des autres nations,l'abrogation des traités de Versailles et de Saint-Germain.
(Wir fordern die Gleichberechtigung des deutschen Volkes gegenüber des anderen
Nationen,Aufhebung der Friedensverträge von Versailles und St.Germain),

3. Nous demandons de la terre et des territoires (colonies) pour nourrir
notre peuple et résorber notre surpopulation.
(Wir fordern Land und Boden (Kolonien) zur Ernährung unseres Volkes und
Ansiedlung unseres Bevölkerungsüberschusses).

(Voy.le doc.PS-1708 à Nuremberg:reproduit dans TMI,XXVII,478).

Il n'y avait donc rien d'occulte,bien au contraire:
tout était parfaitement public et clairement annoncé !
C'est si vrai qu'à Nuremberg,l'ancien chef de la Chancellerie du Reich qui,
le 30 janvier 1933,avait assisté à la première réunion du cabinet (une séance
pendant laquelle Hitler exposa aux membres de son gouvernement les buts
de sa politique) déclara que lors de cette réunion:

Rien n'a été mentionné qu'il eût pu être jugé nécessaire de tenir secret
et ce qui a été discuté a été presque entièrement reproduit dans la presse,
en tant que déclaration gouvernementale.

(Voy.la déposition de Hans Lammers le 8 avril 1946,TMI,XI,41.
L'avocat de R.Hess insista,ce qui donna le dialogue suivant:

Dr SEIDL:

"Est-ce que Hitler,lors de cette première séance,a développé
ses buts de politique extérieure,a-t-il dit en particulier que l'Allemagne
devait être libérée définitivement des chaînes du Traité de Versailles
et reprendre,dans la communauté des peuples,la place qui lui revenait ?"

TEMOIN LAMMERS:

"Oui,c'est ce que je viens de dire.C'était le but de la politique
extérieure du Reich que d'arriver à une révision totale du Diktat de Versailles."

Dr SEIDL:

"Hitler a-t-il dit également que pour atteindre ces buts de politique
extérieure,il fallait accepter le risque d'une nouvelle guerre,peut-être même
d'une guerre préventive ?"

TEMOIN LAMMERS:

"Autant que je sache ou m'en souvienne,
il n'a pas été question de guerre.Jamais,en tout cas,d'une guerre préventive
ou d'une guerre d'agression" (ibid.,p.42).


(L'ancien chef de la chancellerie du Reich Hans Lammers.
A Nuremberg,il réfuta la théorie du "complot" brandie par l'Accusation
.)


.../...

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MessageSujet: Re: Rudolf Hess :La dernière tentative de paix auprès de l'Angleterre   Mar 4 Juin - 11:01


LES BEVUES GROTESQUES DE L'ACCUSATION.





Naturellement,l'Accusation ne l'entendait pas de cette oreille.
Mais dans ses efforts pour démontrer ce qui n'était pas,
elle commit des bévues assez grotesques.


Un "complot"....connu mondialement.

S'appuyant sur le travail préparatoire d'un certain major Joseph Dainow,
auteur d'un document intitulé:"1933-1936 preparation for agression"
(Ce document préparatoire n'a pas été produit à Nuremberg,mais je me
le suis procuré dans les archives.),le procureur adjoint américain
Sidney S.Alderman,expliqua par exemple que,pour parvenir à leurs fins,
les accusés avaient développé un plan secret en cinq périodes:

"la première période (1933-1936) fut essentiellement préparatoire,
bien qu'elle ait compris des actions directes non déguisées"
,
l'acte d'accusation mentionnait notamment:

- le retrait de l'Allemagne,le 14 octobre 1933,de la Conférence internationale
du Désarmement,

- l'annonce,le 10 mars 1935 par H.Göring,"que l'Allemagne créait une force
aérienne militaire"
,

- la loi du 16 mars 1935 "instaurant le service militaire obligatoire",

- la réoccupation de la Rhénanie le 7 mars 1936.
(Voy.TMI,II,45.Voy.également J.Dainow,"1933-1936 preparation for agression",
déjà cité,p.1).

A l'époque,tous ces événements parfaitement publics avaient eu un grand
retentissement.Or,personne ne fit remarquer qu'un "complot" qui comprend,
dès le début,"des actions directes non déguisées" de ce type n'est pas
et n'a jamais été un "complot".


Un vide documentaire béant.

Dans son travail préparatoire,J.Dainow commençait son exposé en déclarant:

Les plans nazis de guerre d'agression ont démarré très tôt après
la première guerre mondiale.(The Nazi plans for aggressive war started very
soon after World War 1).
(Voy.J.Dainow,doc.cité,p.6).

On attendait donc la production de dizaines de documents clairs relatifs
à la période 1920-1933:discours secrets de Hitler annonçant ses intentions,
comptes rendus de réunions secrètes afin d'organiser les préparatifs militaires,
vastes plans secrets de réarmements coordonnés en vue d'une guerre d'agression...
Mais rien de tout cela n'apparaissait.
A la place,on nous servait un dossier sur la reconstruction de la Marine entre
1927 et 1940 (doc.(C-23),un ordre du 10 février 1932 sur l'armement caché
des sous-marins (doc.C-141) et une lettre du 26 octobre 1932 adressée
à R.Hess sur des projets d'entraînement militaire secret destinés
aux pilotes d'avions civils (PS-1143).
Même à ignorer le contexte dans lequel ces documents avaient été rédigés
(j'y viendrai plus loin car cela explique ces initiatives allemandes),
leur faible nombre et leur nature suffisaient paradoxalement à démontrer l'inanité
de la thèse du complot "démarré très tôt après la première guerre mondiale".
Je le répète:si un plan concerté en vue de déclencher une guerre d'agression
avait existé dès 1920,des dizaines de documents très clairs seraient restés
et auraient été découverts en 1945.


L'exposé magistral de l'avocat de C.von Neurath.



(Konstantin von Neurath.Son avocat à Nuremberg prononça une plaidoirie
magistrale qui démontait la thèse du "complot nazi"
)


J'ajoute que si une manoeuvre occulte nécessite souvent plusieurs étapes,
ce n'est pas parce qu'une politique se développe par étapes qu'elle est issue
d'une manoeuvre acculte.
Dans le cadre d'un complot,les étapes sont programmées à l'avance
pour parvenir à un objectif prédéfini.Sans complot,l'étape précédente ne
présage en rien de l'étape suivante,car les dirigeants agissent au gré
des circonstances et de leur évolution.
Dès lors,pour démontrer que les nationaux-socialistes auraient comploté
en vue d'assassiner la paix,il ne suffisait pas de décrire des événements
qui se suivaient chronologiquement et de les relier entre eux a posteriori
grâce à des constructions intellectuelles,il fallait prouver,par des documents
irréfutables,que toutes les initiatives allemandes en matière politique interna-
tionale avaient été liées les unes aux autres afin de mener sûrement à la guerre.
Dans sa plaidoirie,l'avocat de C.von Neurath rappela ce fait capital.
Le 23 juillet 1946,il lança:

"Vous tous,Messieurs les juges,qui avez ici à rendre la justice,vous savez
tout aussi bien que moi,par votre propre activité et votre propre expérience,
combien il est dangereux de conclure,des actions commises à un certain
moment par un homme à ses pensées,ses vues et ses actes d'une époque
antérieure,Tempora mutantur et nos in illis(Les temps changent et
nous en eux).Chacun de nous a certainement pu constater plus d'une fois,
au cours de ma vie,l'exactitude de cette phrase.
Les convictions et les idées,les intentions et les projets que nous avons eus
et réalisés à un certain moment,nous les avons,au cours des années,modifiés
et changés en partie en raison de notre propre évolution,en partie à la suite
d'événements extérieurs ou du changement des circonstances.
Veut-on réellement pour cela établir une thèse et tirer d'un examen rétrospectif
la conclusion que les vues,les propos et les actes d'alors n'étaient que des
manoeuvres de camouflage et que l'homme avait déjà à ce moment l'intention
ferme d'agir comme il l'a fait,des années plus tard,dans de tout autres circons-
tances ? N'est-il pas,lui aussi,qu'un homme et par là susceptible des mêmes
changements dans ses pensées,ses vues et ses projets ?
Il est même,plus que tout autre,exposé à des influences extérieures,
à des conditions extérieurs,à certains impondérables et il en dépend beaucoup
plus qu'un autre.En voici un seul exemple:que diriez-vous d'un homme qui oserait
sérieusement prétendre que Napoléon Bonaparte,au moment où il vint à Paris
pendant la Révolution et plus tard quand il prit le commandement de l'Armée
française en Italie,avait déjà alors la pensée et l'intention de se faire proclamer
empereur des Français en 1804 et de marcher en 1812 sur Moscou ?
Je crois que celui qui établirait cette prétention serait seul dans le monde.
Et pourtant un dialecticien adroit pourrait,avec quelque apparence de logique
et de fondements,justifier cette affirmation en se basant sur le développement
historique des événements,comme l'a fait le Ministère public en affirmant que
Hitler aurait déjà,au moment où il prit le pouvoir,et même au moment de
l'établissement du programme du Parti en 1929,non seulement eu l'intention
mais même établi le plan de ses guerres d'agression ultérieures et que tout
ce que Hitler et les nazis,ou ses collaborateurs,ont fait à l'intérieur et à l'extérieur
à partir du moment de la prise du pouvoir,serait la préparation consciente de
ces guerres d'agression.
(...) Le fait suivant souligne combien cette supposition est erronée:
il est incontestable que Hitler a témoigné à différentes reprises,à partir du jour
de la prise du pouvoir jusqu'en 1937,et cela dans des discours publics,
des allocutions et des notes diplomatiques non seulement de son désir de paix,
ainsi qu'il ressort des documents que j'ai présentés,mais encore qu'il a fait
des propositions positives en vue de la réalisation pratique d'une limitation
des armements de tous les Etats,donc également de ceux de l'Allemagne,
propositions dont il résulte indiscutablement qu'en ce qui concerne la Wehrmacht
et sa puissance,il se serait contenté,par rapport aux armements des puissances
de l'Ouest,d'un coefficient qui eut exclu a priori toute guerre d'agression
contre d'autres Etats.
Et maintenant,imaginons que l'une de ces offres de Hitler ait été acceptée
par les autres Etats:la guerre d'agression que,soi-disant,il projetait et préparait
depuis de longues années,n'aurait absolument pas été possible.
Toute la peine,tout le travail et toutes les dépenses en vue d'une telle guerre
auraient été vains.
Ou bien peut-on admettre que Hitler prévoyait que ses offres seraient repoussées
et qu'il ne les faisait que dans cette idée ?
Dans ce cas,il aurait vraiment été un génie absolument démoniaque,un visionnaire
prophétique de premier ordre.
Peut-on réellement supposer cela et admettre de ce fait l'exactitude de l'allégation
du Ministère public selon laquelle une guerre d'agression aurait été projetée pour
1939,dès avant la prise du pouvoir ?
Et si même vous vouliez répondre à cette question par l'affirmation en ce qui
concerne la personne de Hitler,reconnaîtriez-vous également de tels dons
de visionnaires à ses collaborateurs,à ses satellites,voire à tous les membres
du Parti ?
Poser cette question,c'est y répondre par la négative.
Cette question,à elle seule,fait tomber toute la construction si pénible et si
artificielle sur laquelle repose l'Accusation.(TMI,XIX,252-4).


..../....

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MessageSujet: Re: Rudolf Hess :La dernière tentative de paix auprès de l'Angleterre   Mar 4 Juin - 11:07


Des préparatifs purement défensifs.





Ajoutans à cela que jusqu'en 1936,les préparatifs militaires allemands
furent purement défensifs.
Dans ses mémoires,l'ancien aide de camp de Hitler,le colonel Friedrich Hossbach
(sur lequel nous reviendons longuement),écrivit:

Les mesures prises par le haut commandement constituent la preuve tangible
de son orientation purement défensive.La création d'un système fortifié avait
été entreprise depuis plusieurs années à l'Est,on se mit à en construire un autre
à l'Ouest,aussitôt après la réoccupation de la rive gauche du Rhin.
Pour la construction de ces fortifications qui furent appelées ultérieurement
le "Westwall"
(rempart occidental),le Haut commandement fixa un délai
s'étendant sur plusieurs années.
(Voy.F.Hossbach,Entre la Wehrmacht et Hitler (éd.Payot,1951)pp.173-4).


Le Tribunal recule.


Quoi qu'il en soit,l'argumentaire de l'avocat dut impressionner le Tribunal,
car il resta très flou sur la question du "plan concerté".
Dans le jugement rendu le 30 septembre 1946,on lit:

Peu importe que les preuves aient montré ou non l'existence d'un complot
d'ensemble englobant la prise du pouvoir,l'extension de la domination nazie
à tous les domaines de la vie économique et sociale,les projets de guerre.

(TMI,XXII,498).
L'aveu du Tribunal:pour la période 1920-1936,l'Accusation n'avait trouvé
aucune preuve de l'existence d'un "complot nazi" en vue de déclancher
des guerres d'agression (extrait du jugement,TMI,22,p.498).

C'était l'aveu qu'il n'y avait rien concernant la période 1920-1936.
L'Accusation avait fait chou blanc et le Tribunal le reconnaissait....


LES DEUX DOCUMENTS-CLES DE L'ACCUSATION.


La thèse du "complot" dut son salut à deux documents:

- le compte rendu d'une réunion secrète tenue le 5 novembre 1937
à la Chancellerie du Reich (le "Mémorandum Hossbach"),

- l'affidavit de Paul-Otto Schmidt,interprète officiel au ministère allemand
des Affaires étrangères.

Le "protocole Hossbach".



(Major Hossbach (au milieu) en 1934.Auteur d'un banal mémorandum
qui allait devenir un document-clé de l'Accusation
.)

Lors de la réunion du 5 novembre 1937,Hitler aurait révélé à quelques proches
collaborateurs que ses objectifs en politique extérieure,rattachement de l'Autriche
et du pays des sudètes par la force.
("La question allemande ne peut être résolue que par la force,ce qui ne va
jamais sans risque"
(Zur Lösung der deutschen Frage könne es nur den
Weg der Gewalt geben,dieser niemals riskolos sein),voy.le "Mémorandum Hossbach",
produit à Nuremberg sous la cote PS-386 et consultable dans TMI,XXV,402-13,
la phrase citée se trouve p.408).

- L'Accusation triomphe.

Dans son réquisitoire introductif,le procureur adjoint Sydney S.Alderman qualifia
ce mémorandum d'"un des plus frappants et des plus révélateurs parmi
les documents saisis"
,il ajouta que cette pièce " ne laisssait subsister
aucun doute au sujet de la préméditation des crimes nazis contre la paix"

(TMI,II,266-267).
Quant au Tribunal,il l'accepta et y vit la preuve que:

le 5 novembre 1937 au plus tard,ces projets (d'agression) étaient formés,
qu'ils eurent pour suite les menaces de guerre et les guerres qui troublèrent
la paix de tant de nations.([i]TMI
,XXII,498).

- Une conclusion stupide.

Cette conclusion était stupide pour une raison évidente:alors que le mémorandum
parlait de résoudre par la guerre la question de l'Autriche et celle de la Tchécos-
lovaquie,l'Anschluss en mars 1938,le rattachement du pays des Sudètes fin
septembre 1938 et l'établissement du protectorat de Bohême-Moravie en mars
1939 furent obtenus par Hitler sans guerre.
Preuve qu'aucun plan d'agression n'avait été définitivement arrêté le 5 novembre
1937.
Même s'il n'écartait pas l'éventualité d'une guerre,le Führer voulait réaliser
ses objectifs de manière pacifique.A Nuremberg,celui qui avait été son ministre
des Affaires étrangères à partir de février 1938,J.von Ribbentrop,déclara qu'à
cette époque,Hitler lui avait parlé de paix:

Il me déclara seulement (...) que l'Allemagne avait certains problèmes à résoudre
en Europe et que pour cela il fallait qu'elle fût forte.Il a également envisagé
la possibilité de désaccords,mais il ne précisa jamais sa pensée sur ce point.
Au contraire,il me disait toujours que son plus grand désir était de résoudre
ces problèmes en Europe par la voie diplomatique.
Une fois ces problèmes résolus,il voulait créer un Etat socialiste populaire idéal
et faire de l'Allemagne qui naîtrait alors un Etat socialiste moderne exemplaire,
embelli de tous les nouveaux édifices auxquels il tenait particulièrement.

(TMI,X,256).

- Un démenti.....américain.

A ceux qui refuseront de croire un "nazi",je soumettrai un document bien plus fort:
le rapport officiel du général américain Marshall publié en 1945 et intitulé:
"La victoire en Europe et dans le Pacific" (The Winning of the War in Europe
and the Pacific
).Dans l'introduction,on lit:

Les preuves disponibles montrent que l'intention initiale de Hitler était de créer,
par absorption des peuples germaniques des territoires contigus à l'Allemagne
et par la consolidation de ses nouvelles frontières,un plus grand Reich qui
dominerait l'Europe.Pour parvenir à cette fin,Hitler pratiqua une politique
d'opportunisme qui permit l'occupation du pays rhénan,de l'Autriche et
de la Thécoslovaquie sans rencontrer d'opposition militaire.
Aucune preuve n'a encore été trouvée que le Haut Commandement allemand
aurait eu un plan stratégique global (No evidence has yet that the German
High Command had any over-all strategic plan).

(Voy.Général Marshall's Report.The Winning of the War in Europe and the Pacific
Biennial Report of the Chief of Staff of the United States Army,July 1,1943,
to June 30,1945 to the Secretary of War
(éd.Simon & Schuster,1945),p.1).

L'auteur déclare qu'aucune preuve n'a été découverte qui aurait démontré
l'existence d'un "complot nazi" pour déclencher des guerres d'agression.


(Chamberlain, Daladier, Hitler et Mussolini le 29 septembre 1938)

Les accords de Munich:Septembre-octobre 1938:contrairement à ce qu'il aurait
annoncé moins d'un an plus tôt,Hitler parvient à résoudre pacifiquement la question
des Sudètes;au grand soulagement du monde entier....

Il est intéressant de souligner que malgré ce rapport,les accusateurs à Nuremberg
persistèrent jusqu'au bout à accuser les vaincus de "plan concerté" contre la paix.


- Une étude qui réfute la valeur du "protocole Hossbach".

Mais alors,me dira-t-on,comment expliquer l'existence du "Mémorandum Hossbach" ?
Pour répondre,je citerai en y apportant quelques précisions (entre crochets),
le compte rendu rédigé par Mark Weber du livre:Le Protocole Hossbach,
la destruction d'une légende
(Dankwart Kluge,Das Hossbach-Protokoll:
die Zerstörung einer Legende
(Editions Druffel Verlag,1980),p.168):

(...) Le 5 novembre 1937,Hitler convoqua quelques hauts dirigeants pour
une conférence à la Chancellerie du Reich à Berlin:le Ministre de la Guerre
Werner von Blomberg,le Commandant de l'Armée Werner von Fritsch,
le Commandant de la Marine Erich Reader,le Commandant de l'Aviation
Hermann Göring,et le Ministre des Affaires étrangères Konstantin von Neurath.
Etait aussi présent le conseiller militaire de Hitler,le colonel-comte Friedrich Hossbach.
Cinq jours plus tard,Hossbach rédigea de mémoire un compte rendu non autoriser
de la réunion.Il n'avait pas pris de notes pendant la conférence.
(Dans une déclaration sous serment rédigée le 18 juin 1946,F.Hossbach confirma
qu'il n'avait pas pris de notes ("Bei der Sitzung am 5.11.1937 ist ein Protokoll
durch mich nicht aufgenommen worden"
) et qu'il avait rédigé le compte rendu
"quelques jours plus tard" (Einige Tage später)
(Voy.le doc.OKW-210 in TMI,XLII,228.C'est Erich Reader qui,lors des audiences,
parla d'un laps de temps de "cinq jours"(TMI,XIV,40).

Plus tard,toutefois,il écrivit:

"Ma rédaction (du compte rendu) se basa sur les notes sténographiques que
j'avais prises et sur mes souvenirs"

(Voy.F.Hossbach,Entre la Wehrmacht et Hitler (éd.Payot,1951),
annexe III,pp.210-13
).
Avait-il effectivement pris quelques notes très générales ou voulut-il,des années
après,donner du crédit à son compte rendu ? Je l'ignore...).
Hossbach affirma après la guerre qu'il avait par deux fois demandé à Hitler
de lire le mémorandum mais le Chancelier répondit qu'il n'avait pas le temps.
("J'ai porté à la connaissance de Hitler l'existence du compte rendu et l'ai
prié par deux fois de le lire,ce qu'il a refusé au motif qu'il n'avait pas le temps"
(Ich habe Hitler von dem Bestehen der Niederschrift Kenntnis gegeben,
sie zur lesen,was er mit der Bemerkung,er habe keine Zeit,zurückwies
,
doc.OKW-210 in TMI,XLII,229).

Apparemment aucun des autres participants ne connaissait l'existence du compte
rendu du colonel sur la conférence.
Ils ne considéraient pas non plus cette rencontre comme particulèrement importante.
(Interrogé à Nuremberg sur la façon dont,à l'époque,il avait réagi en apprenant
qu'une réunion s'était tenue,le général Jodl déclara:

Lorsque je demandai un compte rendu,on me répondit que l'on n'en avait pas.
Je puis le prouver car je l'ai mentionné dans mon journal (document PS-1780).
Ce qu'on me dit n'avait absolument rien de sensationnel et ne me parut pas
autrement remarquable ou différent des autres mesures d'ordre général
à prendre en préparation d'une guerre.
Je ne puis que supposer que le maréchal von Blomberg garda ces choses pour lui,
ne croyant pas lui-même à la possibilité de leur exécution,même éventuelle.

(TMI,XV,367-8/)

Dans ses mémoires,d'ailleurs,F.Hossbach explique que suite à la promulgation
de la loi rétablissant le service militaire obligatoire de deux ans,il avait été
question d'imposer une troisième année aux éléments aptes à devenir officiers,
ceci afin de constituer une réserve de cadres nécessaires pour faire la guerre.
Le ministre de la Guerre et le commandant en chef de l'Armée s'y étaient
cependant opposés," trouvant trop pénible d'imposer ce nouveau fardeau
aux jeunes soldats les plus dignes,et de les retenir plus longtemps loin
de leurs occupations civiles."

(Voy.F.Hossbach,Entre la Wehrmacht...,déjà cité,pp.175-6).

Ils lui préféraient le volontariat,sachant toutefois que dans ce cas,le nombre
de cadres de réserves serait très inférieur à celui exigé en cas de conflit.
A supposer que Hitler ait préparé des guerres pour un avenir proche,il aurait
naturellement opté pour la troisième année obligatoire,afin de former au plus
vite des officiers.Or,ce n'est pas ce qui advint.
F.Hossbach raconte:"Hitler se rallia à leur opinion,bien qu'ils ne lui cachèrent
pas les désavantages résultant de la limitation de la mesure au volontariat"

(ibid., p.176.Et de conclure:

Les déclarations (belliqueuses) faites par Hitler à la conférence du 5 novembre
1937 parurent donc d'autant moins compréhensibles.
Quoi qu'il en soit,j'eus l'impression,sur le moment,que les projets d'agression
de Hitler ne se réaliseraient jamais à cause de l'opposition très nette de Blomberg
et de Fritsch.Les deux généraux ne cessant de souligner qu'il fallait de nombreuses
années de paix à la Wehrmacht pour se constituer solidement.
Hitler déclara un jour:"Je comprends parfaitement le désir qu'ont les soldats
de ne pas soumettre prématurément à l'épreuve leur création encore bien jeune."

(ibid)

Preuve que les paroles de Hitler ce 5 novembre 1937 ne peuvent absolument pas
être considérées comme démontrant l'existence d'un complot pour déclencher
des guerres d'agression.)

Dans ses mémoires F.Hossbach relativise la portée des propos qu'aurait tenus
Hitler le novembre 1937.

Quelques mois après la conférence,Hossbach fut affecté à une autre fonction.
Son manuscrit fut classé avec de nombreux autres documents,et oublié.
En 1943,un officier d'Etat-major,le colonel-comte Kirchbach trouva le manuscrit
en consultant le fichier et en fit une copie pour lui-même.
Kirchbach laissa le document original dans le dossier et donna sa copie à
son beau-frère,Victor von Martin,pour la mettre en sûreté.
Peu de temps après la fin de la guerre,Martin transmit cette copie aux autorités
d'occupation alliés,qui l'utilisèrent pour produire une version substantiellement
retouchée comme pièce à conviction à Nuremberg.
Des phrases telles que celle où Hitler disait:"la question allemande ne peut
être résolue que par la force"
furent inventées et insérées.
(Interrogé à Nuremberg,H.Göring déclara:"On m'a déjà montré ce document ici,
et j'en connais à peu près le contenu (...)
Comme je l'ai déjà dit,un certain nombre de points correspondent exactement
aux paroles du Führer,mais sur d'autres points ou pour d'autres formules,
je peux dire qu'ils n'ont aucun rapport avec ce qu'a dit le Führer."

(TMI,IX,329).

Mais surtout le document présenté à Nuremberg est moitié moins long que
le manuscrit Hossbach d'origine.L'original écrit par Hossbach et la copie
de Kirchbach/Martin ont tous deux complètement (et opportunément) disparu.
D'après le document Hossbach présenté à Nuremberg et largement cité depuis,
Hitler déclara aux personnes présentes que ses remarques devaient être
considérées comme un "testament politique" au cas où il pourrait.

(Ce simple fait est déjà suspect.A Nuremberg,H.Göring expliqua:

En ce qui concerne le mot "testament",son emploi ici est absolument contraire
aux conceptions du Führer.Et si quelqu'un connait bien ces conceptions.C'est moi.
(...) J'ai souvent eu l'occasion de discuter avec le Führer la question d'un
"testament politique".Le Führer repoussa cette idée en prétendant qu'on ne
pouvait jamais désigner un successeur dans un testament politique car
il fallait garder en tout temps une complète liberté d'action au milieu
de l'évolution et des événements politiques.
Il était très possible de rédiger un exposé sur des points de vue et des désirs
politiques,mais jamais sous la forme d'un testament qui engageât définitivement.
Voici quel était alors le point du vue du Führer et il est resté le même pendant
tout le temps où il m'a accordé sa confiance.

(TMI,IX,329-30)

Notons d'ailleurs qu'après la guerre,commentant le fait que Hitler avait refusé
par deux fois de lire le compte rendu de la réunion,F.Hossbach écrivit:

Cette attitude négative de Hitler me frappa beaucoup,car il avait déclaré
le 5 novembre que ses déclarations constituaient son "testament politique"
et cependant il ne témoignait pas le moindre intérêt à la rédaction qui avait
été donnée à ce "testament" et à l'endroit où il était conservé.

(Voy.F.Hossbach,Entre la Wehrmachat.... op.cit.,p.211)

Ce désintérêt total démontre que les propos tenus le 5 novembre 1937 par Hitler
n'étaient pas,quoi qu'il ait peut-être pu en dire sur le moment,un "testament politique".
La lecture du compte rendu me laisse croire qu'au début de son discours,le Führer
voulut exprimer des principes généraux sur l'avenir de l'Allemagne et,ainsi,
sur la politique extérieure à adopter.Mais la tournure prise ensuite par la réunion
et notamment les objections des militaires,lui fit comprendre qu'il ne pouvait en
être ainsi).
La partie la plus accablante cite Hitler disant que les forces armées devraient agir
au plus tard en 1943-45 pour assurer "l'espace vital" (Lebensraum) nécessaire
à l'Allemagne.Cependant,si la France était affaiblie par une crise interne avant
cette date,l'Allemagne devrait agir contre la Tchéquie (Bohême-Moravie).
Ou si la France était impliquée dans une guerre (probablement contre l'Italie)
au point qu'elle ne pourrait plus agir contre l'Allemagne,alors l'Allemagne
s'emparerait de la Tchéquie et de l'Autriche simultanément.
Les soi-disant allusions de Hitler à "l'espace vital" allemand se réfèrent seulement
à l'Autriche et à la Tchéquie.
Lorsque Hitler arriva au pouvoir en 1933,l'Allemagne était militairement à la merci
des Etats étranges hostiles.Le réarmement avait commencé lentement et au début
de 1937,à cause d'un manque de matières premières,les trois branches de l'Armée
durent subir des restrictions.Une violente dispute éclata entre les trois branches
à propos de la répartition du reliquat.
Contrairement à ce que le protocole Hossbach suggère,Hitler convoqua
la conférence du 5 novembre 1937 en partie pour reconcilier les chefs des
différentes branches militaires,et en partie pour relancer le programme allemand
de réarmement.La politique étrangère était seulement une question subsidiaire.
Hitler cherchait à justifier la nécessité de reconstruire la force militaire allemande
en présentant plusieurs cas de crises internationales hypothétiques et exagérées,
qui requerraient une action militaire,et aucune d'entre elles ne se produisit jamais.
Hitler n'annonça aucune nouvelle orientation pour la politique étrangère allemande,
encore moins un plan pour une guerre d'agression.


.../....


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L'autre Histoire :
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MessageSujet: Re: Rudolf Hess :La dernière tentative de paix auprès de l'Angleterre   Mar 4 Juin - 11:12


(Erich Raeder et Hitler en 1943)


(Interrogé à Nuremberg sur le document Hossbach,l'accusé Raeder expliqua:

En manière d'introduction,je dois dire que l'affirmation contenue dans l'exposé
des charges du Ministère public et d'après laquelle un groupe de nazis influents
se seraient rencontrés pour examiner la situation,ne donne pas du tout une idée
exacte de ce qui s'est alors passé.
Hitler avait convoqué les personnes mentionnées dans le document afin de leur
expliquer les probabilités de l'évolution politique et pour leur donner les instructions
nécessaires.
J'aimerais maintenant faire une remarque générale sur la nature des discours
de Hitler,car on va désormais en parler beaucoup,Hitler parlait longuement
et remontait très loin dans le passé.Et surtout,chacun de ses discours avait
un but particulier,qui variait avec l'auditoire.Très dialecticien,il était également
passé maître dans l'art du bluff.
Il revenait sur des expressions frappantes,suivant le but qu'il poursuivait.
Il se contredisait également souvent dans des discours successifs.
On ne savait jamais où il voulait finalement en venir.
Quand son discours était terminé,il était difficile d'en préciser le but.
En principe,ses discours produisaient une impression plus profonde sur
les personnes qui l'entendaient rarement que sur celles qui étaient déjà
familiarisées avec sa façon de parler (...).
Pour moi,les phrases marquantes de son discours sont les suivantes:
"L'Angleterre et la France ont déjà éliminé la Tchécoslovaquie",
"Je suis convaincu que l'Angleterre et la France n'interviendront pas".
Et,en troisième lieu,le fait que,quelques mois auparavant,en juillet 1937,
le deuxième accord naval avait été signé.Ces trois faits m'assuraient que Hitler
ne chercherait pas à donner une solution belliqueuse aux problèmes de l'Autriche
et de la Tchécoslovaquie.En tout cas,il était alors question des Sudètes,et
il semblait pencher vers une solution pacifique.
C'est pourquoi ce discours ne me donna nullement l'impression que Hitler voulait
alors transformer sa politique de paix en une politique de guerre.
(...) Pour moi,les conclusions à tirer de ce discours ne sont autres que celles-ci.
La construction de la flotte dans la proportion de 1 à 3 par rapport à l'Angleterre,
devait être poursuivie,et l'on devait s'efforcer d'entretenir des relations amicales
avec l'Angleterre.Il fallait également respecter la proportion fixée par l'accord
récemment intervenu.
(TMI,XIV,41-2).

Qui a lu les "entretiens secrets" de Hitler donnera raison à E.Raeder).

A Nuremberg,Göring affirma que Hitler lui avait dit en privé juste avant
la conférence que le but principal en convoquant la conférence était:
"de mettre la pression sur le général von Fritsch,car il (Hitler)
n'était pas satisfait du réarmement de l'armée"

(:"Le Führer m'avisa un peu avant la réunion,car j'étais arrivé plus tôt,
qu'il réunissait cette conférence principalement pour faire pression
sur le général von Fritsch parce qu'il n'était en rien satisfait du réarmement
de l'Armée et qu'il ne serait peut-être pas inutile que M.Blomberg exerçât
lui aussi une certaine pression sur Fritsch"
(H.Göring à Nuremberg,TMI,IX,330).

L'amiral Raeder confirma la déclaration de Göring.
Comme certains autres conservateurs aristocrates et traditionalistes,Hossbach
devint un opposant acharné d'Hitler et du régime national-socialiste.
Il était un ami intime du général Ludwig Beck,qui fut exécuté en 1944 pour
son rôle dirigeant dans la conspiration qui tenta d'assassiner Hitler et de renverser
le gouvernement.En dépit de ses dénégations après la guerre,il est virtuellement
certain que Hossbach prépara sa version biaisée de la conférence à la demande
de Beck dans le but d'une utilisation possible pour discréditer le régime d'Hitler
après un coup d'état.Hossbach était également proche de l'amiral Wilhelm Canaris,
chef du renseignement militaire,et du général Ziehlberg,qui furent tous deux
exécutés pour leur rôle dans le complot d'assassinat de juillet 1944.
Déjà au début de 1938,Hossbach,Beck et Canaris étaient en faveur d'un coup
d'état pour renverser Hitler par la force.
(...)
Il n'y a pas de doute que le protocole Hossbach est sans valeur comme document
historique.Après la guerre,Hossbach et Kirchbach déclarèrent tous deux que
la version présentée par le procureur américain était assez différente du document
manuscrit dont ils se rappelaient.Hossbach témoigna aussi à Nuremberg qu'il ne
pouvait pas confirmer que la version de l'Accusation correcpondait complètement
au manuscrit qu'il écrivit en 1937.


(L'amiral Wilhelm Canaris)

(Le document produit à Nuremberg n'était pas un original,mais une photocopie
d'une copie tapée à la machine avec une attestation écrite du "Department of
State (Washington D.C)" en date du 17 octobre 1945.
Invité à signer une déclaration sous serment attestant que le document présenté
par l'Accusation était conforme à l'original (de 1937),F.Hossbach refusa,acceptant
seulement de déclarer que la copie qu'on lui montrait était conforme au document
détenu par le "Department of State"
(Voy.Dr Donald S.Detwiler,"The Origins of the Second World War.Reflections
on Three Approaches ti the Problem" paru dans Air University Review,juillet-
août 1969).
Dans ses mémoires,il écrivit:

Il m'est impossible d'affirmer aujourdhui d'une manière absolument certaine
que le texte du soi-disant "procès-verbal Hossbach" (doc.PS-386 à Nuremberg)
est exactement conforme à ma rédaction originelle.
La forme extérieure et intérieure du document,le style,certaines tournures
de phrases et le souvenir que j'ai gardé du contenu me font penser,après
mûre réflexion,que ce texte est bien grosso modo une copie de l'original.

(Voy.F.Hossbach,Entre la Wehrmacht....,déjà cité,p.212).

F.Hossbach ne pouvait donc pas garantir,et de loin,l'authenticité du document
PS-386).
Et dans ses mémoires,il reconnut qu'en tout cas,Hitler n'esquissa aucune sorte
de "plan de guerre" durant la réunion.(Exact ! On lit:

Le seul fait que le Führer ne convoqua à la conférence du 5 novembre que
le ministre des Affaires étrangères et les quatre grands chefs militaires montre
qu'on ne pouvait y prendre des décisions fermes et concrètes au sujet
de la préparation d'une guerre d'agression.Les hostilités modernes font entrer
en jeu l'économie politique,les finances et la propagande au moins autant que
les forces armées,et les représentants de ces ministres,qui eussent été indis-
pensables pour arrêter les préparatifs,n'assistaient pas à la réunion.
On y dressa aucun "plan de guerre" pouvant servir de base aux mesures à prendre
ou à envisager par les autorités politiques,militaires,économiques,etc.
En dehors de l'étude déjà prescrite par Fritsch,aucune instruction ne fut donnée,
ni même prévue pour que la question tchèque fût examinée plus attentivement
du point de vue militaire.
Hitler n'en donna absolument pas non plus dans les autres domaines intéressés
par une guerre éventuelle,en particulier dans le domaine des Affaires étrangères,
pour que la réalisation de ses intentions fût méthodiquement préparée.

(Voy.F.Hossbach,Entre la Wehrmacht....,déjà cité,p.186).

Nouvelle preuve que des propos,si sinistres soient-ils,ne démontrent rien
en eux-mêmes.)
A Nuremberg,Göring,Raeder,Blomberg et Neurath (Fritsch était mort en 1939)
dénoncèrent tous le protocole Hossbach comme une représentation complètement
faussée de la conférence.Le protocole traite seulement de la première moitié
de la réunion,déformant ainsi son vrai caractère.Le mémorandum se termine
par la simple phrase:"La seconde moitié de la conférence traite des questions
d'armement"
.Aucun détail n'est donné.
En 1968 Victor von Martin décrivit le mémorandum par ces mots:

"Le protocole présenté au tribunal de Nuremberg fut assemblé d'une manière
telle qu'elle changeait totalement la signification (de l'original) et peut donc
être qualifié seulement de falsification grossière".


Lorsqu'il écrivit son étude contestatrice,The Origins of the Second World War
("Les origines de la Seconde Guerre Mondiale"), A.J.P.Taylor accepta
le mémorandum Hossbach comme un compte rendu véridique de la réunion
du 5 novembre 1937.Cependant,dans un supplément intitulé "Réflexion faite"
ajouté aux éditions suivantes,le célèbre historien britannique admit qu'initia-
lement il "s'était fait avoir" par la "légende" du document.
La conférence soi-disant significative était en réalité "une manoeuvre dans
des affaires domestiques"
.
Le protocole lui-même,nota Taylor,"ne contient pas de directives d'action
allant au-delà d'un souhait de renforcer les armements"
.
Il remarqua ironiquement que "ceux qui croient aux procès politiques
devraient continuer à citer le mémorandum Hossbach"
.
H.W.Koch,un enseignant à l'Université de York (Angleterre),finit de démanteler
la légende dans un article en 1968,qui conclut que l'infâme protocole serait
"inacceptable dans tout autre tibunal que celui de Nuremberg".
Dankwart Kluge a apporté une précieuse contribution à notre compréhension
des origines de la deuxième guerre mondiale.
Son étude apparaîtra pendant de longues années comme la dissection la plus
magistrale d'une grande fraude documentaire.
Son remarquable travail comprend le texte complet du protocole Hossbach
en appendice,quatre photos,et une bibliographie complète (...).
Kluge a fait un travail admirable en rassemblant sa documentation,qui provient
non seulement de toutes les sources documentaires ou publiées disponibles,
mais aussi de nombreuses interviews privées et de sa correspondance
avec les témoins-clés.Kluge soutient sa cause de manière irrésistible,bien que
le style narratif soit un peu faible.
Cette importante étude ne laisse pas de doute que le célèbre protocole est
en fait une révision falsifiée d'une copie non-certifiée d'un original non-autorisé,
qui a disparu.
http://library.flawlesslogic.com/hossbach_fr.htm.


- L'aveu implicite du Tribunal.


Le fait que le "Mémorandum Hossbach" ait été la pièce n°1 à l'appui
de la thèse du "complot" en dit long sur la valeur des autres "preuves" et,
par conséquent,sur celle de ladite thèse.
Je note d'ailleurs qu'après avoir avoué implicitement l'absence de documents
probants pour la période de 1920-1936 et après avoir mentionné F.Hossbach,
les juges de Nuremberg écrivirent:

(Les preuves produites) attestent l'existence de plans concertés et successifs
plutôt que celle d'un complot les englobant tous.C'est par voie d'étapes que,
depuis la prise du pouvoir,l'Allemagne nazie s'acheminait vers la dictature totale
et vers la guerre.
(TMI,XXII,498).

L'aveu était capital:

- car comme je l'ai expliqué plus haut,une politique par étapes
ne signifie pas qu'il y ait eu "complot".


.../...

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MessageSujet: Re: Rudolf Hess :La dernière tentative de paix auprès de l'Angleterre   Mar 4 Juin - 11:16


(La poignée de main entre Philippe Pétain et Adolf Hitler
lors de l'entrevue de Montoire le 24 octobre 1940.
À l'arrière plan au centre, le Dr Paul-Otto Schmidt,interprète de Hitler.
En 1945,il signa un affidavit mensonger qui chargeait les dignitaires
nationaux-socialistes
).


L'Affidavit de P.Schmidt.


Pour le démontrer,il fallait prouver que ces étapes avaient été liées les unes
aux autres afin de parvenir à un seul objectif:la guerre.Or,le Tribunal échoua
totalement dans cette mission.Car immédiatement après,il poursuivit ainsi:

Dans la pensée du Tribunal,l'imputation aux accusés de plans concertés
successifs tendant à la guerre d'agression est justifiée par les preuves.
Peu importe que celles-ci révèlent avec moins de certitude le vaste programme
d'ensemble allégué par l'Acte d'accusation.Cet état de fait est bien exprimé
par Paul Schmidt interprète officiel du ministère des Affaires étrangères
d'Allemagne,dans le passage suivant:

"Les buts des dirigeants nazis étaient clairs dès l'origine:c'était,en vue de
dominer le continent européen,l'incorporation du Reich des éléments de langue
allemande,puis l'expansion territoriale sous le couvert du slogan "Lebensraum".
Mais l'exécution de ces projets essentiels fut improvisée.
Les mesures qui s'ensuivirent furent dictées par les événements,mais toutes,
elles étaient conformes aux buts que nous venons de rappeler."

(Id.La traduction des deux dernières phrases est très approximative.
Il fallait lire:"Mais l'exécution de ces objectifs fondamentaux semble avoir été
caractérisée par l'improvisation.Chaque pas en avant était apparemment franchi
à chaque nouvelle situation survenue,mais l'ensemble s'accordait avec les objectifs
ultimes mentionnés plus haut."
(The execution of these basic objectives,
however,seemed to be characterized by improvisation.Each succeeding step
apparently was carried out as each new situation arose,but all consistent with
the ultimate objectives mentioned above);voy.doc.PS-3308 in TMI,XXXII,144).

La dialectique était donc la suivante:certes,l'existence d'un
"vaste programme d'ensemble" n'est pas démontrée,mais toutes les étapes
de votre politique qui devait mener à la guerre étaient liées entre elles
(d'où l'existence d'un complot),c'est l'un des vôtres qui le dit.
Tel était donc le deuxième (et unique) document censé étayer la thèse
du "plan concerté":une déclaration sous serment faite après coup par un
"petit fonctionnaire"!
(C'est ainsi que C.von Neurath qualifia P.Schmidt le 25 juin 1946 à Nuremberg
(TMI,XVII,47).
C'était elle qui permettait d'établir le lien entre toutes les initiatives allemandes
prises "dès l'origine" afin de "tend(re) à la guerre d'agression".
On reste abasourdi devant un tel aplomb.Tout d'abord parce que même s'il avait
été précis et circonstancié,un tel témoignage aurait été absolument insuffisant
pour conclure sur un ensemble d'événements d'une telle complexité.
Il fallait des preuves bien plus solides,par exemple des comptes rendus de réunions
secrètes au cours desquelles des plans d'attaques précis auraient été échafaudés.


- Une affirmation fantaisiste.


Ensuite parce que la valeur de cette déclaration tardive était sujette à caution,
les conditions de sa production ayant été très suspectes.
Ce fait aurait pu rester à jamais inconnu si l'affidavit n'avait contenu le passage
suivant:
Le discours prononcé par (Franz von) Papen le 18 février 1938,suite à la
rencontre de Berchtesgaden (entre Hitler et le chancelier autrichien Schuschnigg
le 12 février 1938),interpréta l'accord de Berchtesgaden comme le premier pas
vers l'établissement d'un commonwealth européen sous la domination de
l'Allemagne.Aux Affaires étrangères,cela fut généralement reconnu comme
une prophétie claire d'une Plus Grande Allemagne qui comprendrait l'Autriche.

(TMI,XXXII,146).

Ces affirmations étaient de la plus haute fantaisie,pour la simple raison que
F.von Papen n'avait jamais prononcé un tel discours.
Dans le dossier autrichien,à la date du 18 février 1938 figurait un seul document:
un communiqué sur le rétablissement des droits en faveur des nationaux-socialistes
autrichiens.
(Voy.Dokumente der Deutschen Politik,vol.6,I,p.128,doc.n°21-d).



- P.Schmidt avait....perdu la mémoire.


Interrogé le 28 mars 1946 par l'avocat de F.von Papen,P.Schmidt concéda
qu'il y avait une "erreur" et qu'il avait....perdu la mémoire:

TEMOIN SCHMIDT: Je crois que c'est une erreur qui a pu m'échapper
au moment où j'ai fait cet affidavit,car ce discours n'a peut-être pas été
prononcé,en tout cas,je ne me souviens plus de ce discours que j'ai mentionné
dans cet affidavit.Il est parfaitement possible que je me sois trompé,l'erreur
est excusable étant donné quecet affidavit m'a été demandé à un moment
où je me trouvais à l'hôpital assez gravement malade,et il est possible qu'en
relisant je ne me sois pas aperçu de mon erreur.


Dr KUBUSCHOK:Cela enlève-t-il toute valeur à la constatation du fait
et aux conclusions qui en ont été tirée ?


TEMOIN SCHMIDT: Après ce que j'ai dit,oui.
Je ne me souviens pas de ce discours et je crois que c'est une erreur de ma part
que j'attribue aux circonstances dans lesquelles j'ai signé cet affidavit,alors
que j'étais très malade.
(TMI,X,235).

P.Schmidt nous invitait donc à croire que par une simple inadvertance qui lui
avait "échappé",il aurait mentionné un discours dont il ne se souvenait plus
du tout aujourd'hui alors que quelques semaines plus tôt,il avait été capable
d'en préciser l'auteur,la date,le contenu et surtout la façon dont il avait été
interprété au ministère des Affaires étrangères.
C'était vraiment se moquer du monde !
F.von Papen eut raison de lancer lors de son contre-interrogatoire,le 19 juin1946:

Permettez-moi de dire encore un mot au sujet de cet affidavit de M.Schmidt.
Nous avons pu constater,alors que le témoin déposait ici que cet affidavit
lui avait été présenté lorsqu'il se trouvait à la clinique après une maladie
très grave,il était couché,et on lui a fait signer cette déclaration...

(TMI,XVI,398-9)


(Franz von Papen.
A Nuremberg,lui et son avocat réfutèrent l'affidavit mensonger de Paul Schmidt
).



- Les méthodes des vainqueurs.


En affirmant qu'"on lui avait fait signer",l'accusé n'exagérait probablement pas.
A l'époque,les pressions exercées sur les vaincus étaient monnaie courante.
Je rappelle le cas douloureux de l'accusé Fritz Sauckel.
Le 4 septembre 1945,alors qu'il était détenu à la prison d'Oberursel (en attendant
d'être transféré à Nuremberg),il signa un affidavit selon lequel il avait
"pleinement adhéré au programme d'Adolf Hitler",y compris,donc,
aux conceptions "racistes" (doc.PS-3057).Neuf mois plus tard cependant,
lors de son contre-interrogatoire par l'Accusation,il déclara n'avoir:

jamais approuvé les déclarations faites par certains orateurs nationaux-socialistes
sur une "race supérieure" ou sur une "race des seigneurs" (....).
Jamais je n'ai tenu pour bonne la notion de supériorité d'une race,mais
je considérais comme nécessaire l'égalité des droits.
(TMI,XV,73).

Le substitut français Jacques B.Herzog lui rétorqua:

Alors je vous demande,accusé Sauckel,si vous confirmez ces déclarations que
vous avez faites sous serment volontairement et sans contrainte,le 4 septembre
1945,et qui sont en contradiction avec les déclarations que vous venez de faire.

(id.)

La réponse de l'accusé fut nette:

Ce document me fut présenté tout terminé,lors de mon interrogatoire.
J'ai demandé qu'on me laissât lire ce document,dans ma cellule,afin de pouvoir
y réfléchir,pour voir si je pouvais y apposer ma signature,mais cela me fut refusé.
Au cours de cette conversation,on me déclara,en présence d'un officier,dont
on me dit qu'il appartenait à l'Armée russe ou polonaise,que si j'hésitais trop
longtemps à signer ce document,je serais livré aux autorités russes.
Cet officier russe ou polonais demanda:
"Où est la famille de Sauckel ? Lui,nous le connaissons et,bien entendu,
nous allons l'emmener.Mais sa famille doit également être transférée en zone russe".
Je suis père de dix enfants,je n'ai pas réfléchi,et,par égard pour ma famille,
j'ai signé ce procès-verbal.
(ibid.,pp.73-4).


(Fritz Sauckel.
Les vainqueurs lui firent signer une attestation sous la menace de livrer
son épouse et ses (dix) enfants aux Soviétiques
).

Le substitut eut la naïveté de souligner que dans l'affidavit,il avait déclaré
"ces déclarations volontairement et sans contrainte"(ibid.,p.74).
F.Sauckel répondit avec une pointe d'ironie:

"C'est exact,mais dans la situation dans laquelle je me trouvais...."
(id.).

De façon très vraisemble,P.Schmidt avait lui aussi subi des pressions afin
qu'il signe sans pouvoir réfléchir,ni vérifier,ce qu'on lui tendait,d'où la grossière
erreur concernant ce discours qui n'avait jamais été prononcé,que ce fut par
F.von Papen ou par un autre dirigeant allemand.
Quand on sait cela,toute valeur à ce document doit être déniée.


..../....

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MessageSujet: Re: Rudolf Hess :La dernière tentative de paix auprès de l'Angleterre   Mar 4 Juin - 11:22


L'Allemagne ne voulait pas la guerre.
study scratch




La mauvaise foi du Tribunal était d'autant plus évidente qu'il avait invoqué
ce document pour déclarer justifiée"l'imputation aux accusés de plans
concertés successifs tendant à la guerre d'agression."
.
Or,dans son affidavit,P.Schmidt avait uniquement parlé d'un désir de
"dominer le continent européen"(domination of the European continent),
pas de guerre d'agression.


- La déposition de P.Schmidt.


J'ajoute que si,le Führer et ses proches avaient voulu,dans une volonté de revanche
et de domination,porter la guerre contre les petits Etats et leurs ennemis d'hier,
ils auraient sauté de joie le 3 septembre 1939,lorsque la Grande-Bretagne puis
la France lancèrent leur ultimatum.Or, c'est le contraire qui advint:à Nuremberg,
P.Schmidt décrivit ainsi la scène au cours de laquelle il avait traduit l'ultimatum
britannique qui signifiait la guerre:

Hitler se trouvait dans son cabinet de travail avec le ministre des Affaires
étrangères (J.von Ribbentrop).
Lorsque ma traduction fut terminée,ils restèrent tous les deux
silencieux pendant environ une minute.Je pouvais voir que ce développement
de la situation ne leur était pas agréable.
Hitler est resté un certain temps assis sur sa chaise,pensif,fixant son regard
dans l'espace,d'un air soucieux.Puis il rompit brusquement le silence en demandant
au ministre des Affaires étrangères:"Que devons-nous faire maintenant ?"

Alors,ils ont commencé à s'entretenir des mesures diplomatiques à prendre d'urgence,
à voir s'il fallait convoquer tel ou tel ambassadeur,etc.
Je quittai la pièce puisque je n'avais plus rien à y faire.
En arrivant dans l'antichambre,
j'ai trouvé (...) un certain nombre de membres du Cabinet du Reich et d'autres
hauts fonctionnaires qui m'avaient lancé des regards interrogateurs au moment
où j'étais entré (...) et auxquels j'avais répondu qu'il n'y aurait pas de second Munich.
En sortant,je vis à leurs regards soucieux qu'ils avaient bien compris ce que j'avais
voulu dire et quand je leur ai appris que je venais de remettre un ultimatum
britannique à Hitler,un silence consterné régna dans la pièce.
Les visages devinrent graves et je me souviens encore par exemple que Göring(...)
m'a dit:"Si nous perdons cette guerre,que Dieu ait pitié de nous".
Goebbels était seul dans un coin,l'air très grave,pour ne pas dire consterné.
Cette atmosphère déprimante se traduisait sur le visage de tous les assistants.
Je conserve encore aujourd'hui l'impression précise de cette ambiance qui règnait,
le premier jour de la guerre,dans l'antichambre de la Chancellerie du Reich.
(TMI,X,213).

Dans ses mémoires,rédigées peu après,P.Schmidt décrivit une scène semblable.
Il ajouta juste que Hitler avait questionné J.von Ribbentrop "avec un éclair
de fureur dans les yeux,comme s'il voulait exprimer que Ribbentrop l'avait
faussement informé sur la réaction des Anglais"
.
(Voy.P.Schmidt,Sur la scène internationale.Ma figuration auprès de Hitler,
1933-1945
(éd.Plon,1950),p.226
).

Quant aux gens rencontrés dans l'antichambre,il reprit la réflexion de H.Göring
et précisa que Goebbels"était dans un coin,abattu,replié sur lui-même,
il avait l'air,littéralement,d'un barbet qu'on vient de doucher"
.(id.
Il termina ainsi:

Partout je vis des visages consternés,même chez les membres du Parti
les plus modestes qui se trouvaient dans la salle.
(id.


- L'Allemagne n'était pas prête pour la guerre.


Cette description confirme que dans les hautes sphères allemandes,on ne voulait
pas la guerre,on la redoutait même.
La première raison était matérielle:en 1939,et contrairement à une légende
entretenue,l'Allemagne n'était absolument pas prête à faire face à un conflit étendu.
Voici ce que l'on put entendre le 4 juin 1946 à Nuremberg,le général Jodl étant
interrogé par son avocat,Me Franz Exner:

PROFESSEUR Dr EXNER :le Ministère public prétend que vous auriez dû
savoir qu'un réarmement aussi vaste que celui entrepris par l'Allemagne
ne pouvait servir qu'à une guerre d'agression.Qu'en pensez-vous ?



ACCUSE JODL :Le fait de formuler une pareille assertion ne peut s'expliquer,
je crois,que par un manque de connaissance sur le plan militaire.
Jusqu'en 1939,nous étions,il est vrai,en mesure d'abattre la Pologne seule,
mais nous n'avons jamais été en mesure,ni en 1938,ni en 1939 de nous opposer
à une attaque concentrique de ces nations réunies.
Et si nous ne nous sommes pas effondrés dès 1939,cela est du simplement au fait
que,pendant la campagne de Pologne,les 110 divisions françaises et britanniques
à l'Ouest sont demeurées absolument inactives en face des 23 divisions allemandes.



PROFESSEUR Dr EXNER : Mais,dites-nous alors quand le réarmement allemand
a été entrepris sur un rythme vraiment intensif ?



ACCUSE JODL:Un réarmement intensif ne commença,en réalité,qu'après
le début de la guerre.Nous sommes entrés dans cette guerre avec environ
75 divisions.Soixante pour cent de notre potentiel d'effectifs n'avait encore
subi aucune formation militaire.L'Armée du temps de paix comprenait environ
400 000 hommes,contre nos 800 000 en 1914.
Nos réserves en munitions et en obus,ainsi que l'a déjà déclaré le témoin Milch,
atteignaient alors un niveau dérisoire.


PROFESSEUR Dr EXNER:Je voudrais lire à ce propos une note de votre journal,
qui figure à la page 16 du premier livre de documents et fait partie du document
PS-1780,déposé sous le numéro USA-72.En date du 13 décembre,voici ce que
vous écriviez:

"Ayant terminé avec le projet de la L",c'est-à-dire la "Landesverteidigung",
la défense nationale,"le maréchal a présenté un rapport sur l'état du potentiel
de guerre de la Wehrmacht,en précisant que les difficultés les plus sérieuses
se rencontraient dans l'approvisionnement en munitions pour l'Armée,qui est fort
insuffisant et ne représente que dix à quinze jours de combat,ce qui équivaut
à six semaines de réserves."



ACCUSE JODL :Ainsi,nous pouvions nous battre pendant dix à quinze jours.
(TMI,XV,365-6).



(Le général Alfred Jodl.
A Nuremberg,il expliqua qu'en 1939,le Reich n'était pas prêt à soutenir
une guerre étendue,faute de réserves.
)


- Les Alliés le savaient.


A ceux qui refuseront de croire ce témoignage,je soumettrai deux documents
issus d'une publication française portant l'incription "Confidentiel":
le Compte rendu de renseignements concernant la propagande allemande
d'après l'étude de la presse
,édité en 1939 et 1940 par le Troisième Service
du Commissariat général de l'Information.Dans la livraison du 15 novembre 1939
(qui couvrait la période allant du 1er septembre au 15 octobre),
on lisait (je souligne):

l'Allemagne,par son offensive brutale et grâce à l'intervention de la Russie,
a réussi à écraser la Pologne et à annexer le territoire de ce pays.
Mais elle a dû payer ce succès par le sacrifice de principes idéologiques
et politiques qu'elle avait considérées jusqu'alors comme essentiels.
Elle n'a pas réussi non plus à séparer la France de l'Angleterre,ni à obliger
ces pays à reconnaître le fait accompli.
Enfin,ses tentatives répétées pour rallier les pays neutres à sa cause n'ont pas
abouti jusqu'ici.Le Reich se voit ainsi obligé d'accepter une lutte dont
les proportions dépassent celles qu'il avait envisagées.

Il l'aborde dans des conditions qui peuvent rapidement lui créer de très graves
difficultés.
(p 8/.


Trois mois plus tard,le message était encore plus net.Les auteurs écrivaient
(je souligne):

La propagande allemande a poursuivi avec une certaine monotonie ses efforts
pour démoraliser la France et l'Angleterre et pour les séparer l'une de l'autre.
Cette tentative n'a pas obtenu plus de succès que les précédentes (...)
La "guerre des nerfs" menée contre les pays neutres a obtenu également
un résultat différent de celui qui était escompté.
Elle a amené tous les pays visés à prendre des mesures de précautions militaires
(...).
En dépit de ses efforts gigantesques pour se dégager,le Reich s'est vu
imposer la forme d'une guerre qu'il cherchait à éviter.

Ce premier échec peut avoir pour l'avenir des conséquences importantes.

(Voy.la livraison du 15 février 1940 (qui couvrait la période allant du 1er décembre
1939 au 15 janvier 1940),p.10
).


CONCLUSION.


C'était bien la preuve que l'Allemagne cherchait à tout prix à faire cesser
un conflit dont elle ne voulait pas.Les dirigeants alliés le savaient parfaitement.
Quand on comprend cela,il n'y a plus de doute possible:
la thèse selon laquelle la deuxième guerre mondiale aurait été le fruit d'un
"complot nazi" se révèle totalement fausse.
Voilà d'ailleurs pourquoi les juges du TMI ne purent l'étayer à l'aide de documents
solides.Les deux qu'ils invoquèrent,le "Mémorandum Hossbach" et l'affidavit de
l'interprète Paul Schmdt,n'avaient absolument aucune valeur.


Réponse à une objection.


Certains me répondront que si,en 1939,le Reich craignait une guerre étendue,
il la préparait pour plus tard,lorsqu'il se serait jugé assez fort pour agresser
la France puis l'Angleterre.
Ma répartie sera simple:commencez par apporter les preuves que l'Allemagne
aurait comploté depuis 1920,1933 ou 1937 pour agresser militairement l'Autriche,
la Tchécoslovaquie ou la Pologne.
Tant que vous en restez incapables,n'énoncez pas d'autres hypothèses qu'il
vous sera encore moins possible de démontrer.
Pour l'heure,les certitudes historiques sont les suivantes:

1) - les dirigeants du IIIè Reich n'ont pas comploté pour provoquer une guerre
qui a finalement éclatée à la faveur du différend germano-polonais,

2) - ce n'est pas l'Allemagne qui a étendu le conflit en déclarant la guerre
à la France et à la Grande-Bretagne,mais bien la France et la Grande-Bretagne
qui ont déclaré la guerre à l'Allemagne,mondialisant ainsi le conflit.


..../....

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MessageSujet: Re: Rudolf Hess :La dernière tentative de paix auprès de l'Angleterre   Mar 4 Juin - 11:31


TRAITE DE VERSAILLES
: PIECE MAÎTRESSE DE L'ACCUSATION.



Mais notre contradicteur n'a pas épuisé ses arguments.
Admettons,dira-t-il,qu'il n'y ait pas eu de complot et que le Reich ait été
entraîné vers la guerre à la suite de décisions politiques sans lien les unes
avec les autres.Rien de tout cela ne serait cependant arrivé si,au départ,
Hitler et ses collaborateurs n'avaient pas manoeuvré pour violer le Traité
de Versailles et d'autres traités issus de la victoire alliée de 1918
(Traité de Saint-Germain-en-Laye,de Trianon,de Locarno,etc..).
Leur crime,il est là.


(Page couverture de la version en anglais du traité.
Document publié vers le 28 juin 1919
)


La dialectique de l'Accusation.


Cet argument fait de ces traités les pièces fondatrices de la thèse du complot.
Est-ce légitime ? Oui.Car le Ministère public prétendait que les "conspirateurs nazis"
les avaient violés pour rendre possibles leurs agressions.L'acte d'accusation
expliquait (je souligne):

Vers le milieu de l'année 1933,les conspirateurs nazis,ayant conquis le contrôle
gouvernemental sur l'Allemagne,étaient à même d'établir des plans plus détaillés
en ce qui concernait la politique étrangère.Leur dessein était de réarmer,puis
de réoccuper et de fortifier la Rhénanie en violation du Traité de Versailles
et d'autres traités
,de façon à acquérir la puissance militaire et la possibilité
de marchandages politiques à l'égard des autres nations.
Les conspirateurs nazis décidèrent que,pour réaliser leurs desseins,
le Traité de Versailles devait être définitivement abrogé et ils établirent
des plans appropriés qu'ils mirent en application à partir du 7 mars 1936.
Ces plans préparraient les futures agressions de grand style(...)
(TMI,II,37)


Le Traité de Versailles était donc la pièce fondatrice,
la racine de la thèse du complot.


Un traité injuste.

Seulement voilà:à supposer qu'il été injuste et dénué de toute légimité,
cet échafaudage intellectuel s'effondrait,car il est tout naturel,pour n'importe
quel gouvernement,de vouloir se libérer des chaînes imposées par une convention
aussi caduque qu'inique.


(Thomas Woodrow Wilson,président des USA le 2 décembre 1912)



- Les Quatorze Points de Wilson.


Or,rappelons que les Allemands avaient cessé les hostilités sur la foi des propositions
du président américain Thomas Woodrow Wilson.
Formulées pour la première fois le 8 janvier 1918 puis le 27 septembre suivant,
celles-ci tenaient en quatorze points (les Quatorze Points du président Wilson)
qui promettaient en premier lieu "des conventions de paix préparées
au grand jour" ("Open covenants of peace,openly arrived at"

(Voy.le discours du président Wilson prononcé le 8 janvier 1918.
Une bonne traduction (partielle) en français peut-être consultée à l'adresse suivante:

http://mjp.univperp.fr/textes/wilson08011918.htm.

et fondées sur la "justice impartiale" :"Il ne doit y avoir aucun favori
et les seules normes doivent être les droits égaux des différents peuples
intéressés."

(Voy.Sigmund Freud & William C.Bullit,Le Président Thomas Woodrow Wilson,
portrait psychologique
(éd.Albin Michel,1967),p.229
)

Sur le site très officiel du ministre français de la Défense et des Anciens Combattants,
on lit:

Le président Wilson est sollicité dès le 5 octobre (1918) par les gouvernements
allemand ,autrichien et turc pour conclure un armistice général sur la base
des "Quatorze Points":Max de Bade (Max von Baden) demande la paix dans
un message au président américain (nuit du 3 au 4 octobre 1918) et
Charles 1er,le 7 octobre.Les négociations sont ponctuées par quatre échanges
de notes (...).Pendant ce temps,en habile et ferme médiateur,Wilson laisse
aux militaires l'initiative de mettre un terme aux combats.
Le conseil interallié réuni à Senlis (Foch,Pétain,Haig et Pershing) accepte
les conditions militaires d'un armistice le 25 octobre.
C'est sur cette base que le gouvernement allemand et avec lui ses alliés,
acceptera de cesser les combats et d'entammer les négociations de paix.


http://www.chemindememoire.gouv.fr/page/affichepage.php?idLang=fr&idPage=12386
(Voy.également S.Freud et W.Bullit,op.cit.,p.230).

On comprend l'empressement des (futurs) vaincus.
Car ce que le président américain promettait,c'était,après une guerre atroce,
des traités de paix qui ne seraient pas des traités de vengeance,mais des traités
conformes à la coutume,c'est-à-dire issus de discussions publiques entre ennemis.
Le Droit international de l'époque déclarait en effet:

Le traité de paix est l'acte par lequel les belligérants constatent leurs forces,
règlent,d'après les résultats de la guerre,leurs prétentions respectives,et
les convertissent en droit.

(Voy.A.G.Heffter,Le Droit international de l'Europe
(A.Cotillon & Cie,1883), p.432
).


- Les vainqueurs violent leurs promesses.


On connaît cependant la suite:arrivé en Europe le 14 décembre 1918,T.W.Wilson
ne put imposer ses quatorze points.Face à l'intransigeance franco-britannique
notamment,il capitula et "commença la descente vers le Traité de Versailles"
(Voy.S.Freud & W.Bullit,op.cit., p.241.Sur l'état d'esprit dans lequel
T.W.Wilson avait abordé les pourparlers de paix,lire les pages 238 à 241).

Au moment de rédiger les conventions de paix,les vainqueurs discutèrent
"en vase clos",sans que les délégués allemands aient été invités
aux conférences.
(Voy.la déclaration d'Aristide Briand en 1921,reproduite dans la
Documentation catholique,tome V,1921,p.171,col.A
).

Quant à ces conditions,le 3 mars 1919,T.W.Wilson écrivit,désabusé:

Il est maintenant évident que la paix ne sera pas celle que j'espérais,
ni celle que ce terrible cataclysme aurait dû amener...Je suis peiné d'avoir
à accepter la paix qu'on nous impose.Nous en tirerons quelque chose,
la Société des Nations,bien qu'elle-même ne soit qu'un instrument imparfait.

(Cité par S.Freud et W.Bullit,op.cit., p.259)

Trois semaines plus tard,face à l'inquiètante tournure que prenaient les événements,
un de ses conseillers,Ray Stannard Baker,lui suggéra de dénoncer publiquement
les "groupes obstructionnistes" qui revendiquaient des "frontières
stratégiques et en accroissement de leur territoire national"
et d'affirmer qu'en
"insistant pour la réalisation de ce qu'ils croyaient être leurs intérêts immédiats,
ils perdaient totalement de vue le fait qu'ils jetaient sûrement les semences
de guerres futures"
(ibid.,p.274).

T.W.Wilson n'en fut cependant rien....


(La délégation de paix allemande à Versailles,emmenée
par le comte Brokdorf-Rantzau.Elle éleva de très nombreuses protestations
contre le Traité de Versailles
.)


Peu après,à propos de Georges Clémenceau et du ministre français des Finances
Louis-Lucien Klotz,auteur de la formule:"Le Boche paiera !",le Président
américain déclara:

Je ne veux plus discuter avec eux.Nous sommes convenus entre nous,et
avec l'Allemagne,de certains principes généraux.Toute la Conférence (de paix)
n'a été qu'une suite de tentatives,surtout de la part de la France,pour annuler
cet accord,obtenir des territoires,imposer des indemnités accablantes.
La France s'intéresse à la Pologne uniquement pour affaiblir l'Allemagne
en donnant à la Pologne des territoires auxquels elle n'a pas droit.

(ibid.p.285).


- Les Allemands protestent.

La délégation de paix allemande reçut le projet de traité le 7 mai 1919.
Lorsqu'il en eut connaissance,le président allemand à l'Assemblée nationale lança:

Il est incompréhensible qu'un homme qui a promis au monde une paix juste,
sur laquelle pourrait être fondée une Société des Nations,ait pu aider à dicter
ce projet élaboré par la haine.
(ibid.,p.298)

Dix jours plus tard,dans une lettre publique de démission de la délégation de paix
américaine,le proche conseiller du président Wilson,William C.Bullit,lança
ces avertissements solennels:

Notre gouvernement a maintenant consenti à livrer les peuples souffrants
du monde à des oppressions,asservissemente et démembrements nouveaux,
à un siècle de guerres futures (...).
Les décisions injustes de la Conférence le Shantung,le Tyrol,la Thrace,
la Hongrie,la Prusse orientale,Dantzig,la vallée de la Sarre et l'abandon
du principe de la liberté des mers rendent de nouveaux conflits internationaux
inévitables.Je suis convaincu que la Société des Nations actuelle sera impuissante
à les empêcher.
(ibid.,p.302).


- Les vainqueurs persistent.


La seule façon d'éviter la catastrophe aurait été de prendre en compte les critiques
légitimes des vaincus.Le 27 mai,la délégation allemande remit un volumineux dossier
intitulé:Observations de la Délégation allemande à propos des conditions
de paix
(Observations of the German Delegation on the Conditions of Peace).
Le lendemain,un membre de la délégation britannique,Harold Nicolson,écrivit
dans une lettre privée:

Plus je lis (l'avant-projet du traité),plus il me rend malade...Si j'étais les Allemands,
je ne signerais pour rien au monde.

("The more I read (the draft treaty),the sicker it makes me...If were the Germans,
I shouldn't sign for a moment."
(cité par Andréas Osiander,The States System
of Europe;164061990:Peacemaking and the Conditions of International Stability,

(Oxford University Press,1994),p.302).

Les vainqueurs ne voulurent hélas rien entendre.
La réplique aux vaincus leur fut apportée le 16 juin suivant,sous le titre:

Réponse des Puissances alliées et associées

(Reply of the Allied and Associated Powers).

Affirmant avec cynisme que "la paix qu'ils avaient proposé (était)fondamentalement
une paix de justice"
(p.935),les vainqueurs refusèrent toute discussion et
sommèrent l'Allemagne de signer.


- L'Allemagne signe sous la contrainte.


Face à cet ultimatum,le gouvernement allemand tomba.
Le 23 juin,le nouveau gouvernement capitula et annonça:

Cédant à la force irrésistible,mais sans pour autant abandonner son opinion
au regard de l'injustice inouïe des conditions de paix,le gouvernement
de la République allemande déclare par conséquent qu'il est prêt à accepter
et à signer les conditions de paix imposées par les Puissances alliées et associées.


La signature eut lieu le 28 juin 1919.
Dix mois plus tard,s'exprimant à la tribune de la Chambre,le député français
Charles Bellet déclara:

"Jusqu'en 1918,quelle que fût la défaite du vaincu,la paix se négociait avec lui.
Pour la première fois,revenant aux méthodes de l'ancienne Rome,la paix,
les traités de paix sont établis par le vainqueur et imposés au vaincu."



..../....

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MessageSujet: Re: Rudolf Hess :La dernière tentative de paix auprès de l'Angleterre   Mar 4 Juin - 11:38


Le Traité signé était sans valeur.




En agissant ainsi,les vainqueurs avaient violé la première (et la plus importante)
promesse du président américain Wilson.
Or,conforme en cela à la morale la plus élémentaire,le Droit privé allemand
reconnaissait la notion de cilpa in contrahendo d'après laquelle,lors
de la signature d'une convention,la responsabilité d'une partie pouvait être
engagée si elle avait violée une obligation d'information
(Verletzung einer Aufklärungspflicht).
En occultant le fait qu'ils allaient répudier les promesses du président Wilson,
les Alliés s'étaient ainsi rendus coupables d'une rétention d'information,
ce qui était susceptible vu la gravité de la faute,d'annuler le traité signé.

(Voy.A.G.Heffter,Le Droit....,déjà cité,p.432).

Certains diront que les Quatorze points de T.W.Wilson étaient très naïfs et que
le Droit international reconnaissait la validité d'un traité "fût-il même imposé
par la prépondérance de l'une des parties contractantes"

(Voy.A.G.Heffter,Le Droit....,déjà cité,p.432).

Tout ce qu'il exigeait,c'était que la signature ne soit pas obtenue grâce à des
"violences personnelles pratiquées envers le souveain étranger ou ses
représentants"
(id..
Je répondrai que parmi les pressions de nature à invalider un traité figuraient
également les menaces directes contre l'Etat, "lorsque son existence ou
son indépendance (était) mise en question"
(ibid., p.196).
Or,en 1918-1919,l'Allemagne subissait le blocus français et britannique dont
les conséquences humaines étaient tragiques (800 000 morts des suites directes
ou indirectes de la faim en 1919).
(Voy.Georg Franz-Willing,"The Origins of the Second Word War",
consultable à l'adresse suivante
:
http://www.ihr.org/jhr/v07p-95_franz-willing-html.

De plus,les vainqueurs menaçaient d'envahir le pays au cas où les autorités
allemandes refuseraient de signer le texte qu'on leur tendait à Versailles.
(Voy.Andréas Osiander,The States System....,déjà cité,p.300).

L'Etat était donc menacé,non seulement dans son indépendance,
mais aussi dans son existence....


- Le mensonge de l'article 231


Plus grave encore:l'article 231 du Traité de Versailles:

Les Gouvernements alliés et associés déclarent et l'Allemagne reconnaît que
l'Allemagne et ses alliés sont responsables pour les avoir causés,de toutes
les pertes et de tous les dommages subis par les Gouvernements alliés et
associés et leurs nationaux en conséquence de la guerre,qui leur a été imposée
par l'agression de l'Allemagne et de ses alliés.

(Voy.Traité de Versailles,1919 (Librairie militaire Berger-Levrault,1919),p.110).

Les vainqueurs exigeaient donc du principal vaincu un aveu de culpabilité entière,
alors que la réalité historique était très différente:c'est la mobilisation russe
à partir du 24 juillet 1914 qui avait mis le feu aux poudres,rendant inévitable
le conflit armé.
(Sur les véritables causes de la première guerre mondiale,voy.Henri Pozzi,
Les coupables.Documents officiels inédits sur les responsabilités de la guerre
et les dessous de la paix
(Aux Editions Européennes,1937).
L'auteur ayant commis certaines erreurs,j'ai entièrement relu,corrigé et amendé
son texte avant de publier mon travail sous le titre:Hitler,homme de la Providence
face aux menteurs de 1919
(éd.VHO,2005).

Le 7 mai 1919,le chef de la délégation allemande à Versailles,le comte de Brockdorff-
Rantzau,rappela cette vérité.Face à Georges Clémenceau,il lança:

On nous demande de nous reconnaître seuls coupables de la guerre:
une telle affirmation serait dans ma bouche un mensonge.
Loin de nous la pensée de décliner notre responsabilité dans la guerre mondiale
et dans la manière dont elle fut faite.L'attitude de l'ancien Gouvernement
allemand au Congrès de La Haye,ses actions,ses omissions dans les journées
tragiques de juillet (1914) ont contribué au malheur,mais nous contestons
fermement que l'Allemagne,dont le peuple avait à se défendre,soit seule chargée
de cette culpabilité.Personne de vous ne voudra prétendre que le malheur
n'a commencé que quand l'Autriche-Hongrie fut victime d'une main assassine.
Dans les dernières cinquante années d'impérialisme,tous les Etats européens
ont empoisonné la situation internationale.
C'est la politique de la revanche,la politique de l'expansion et la négligence
du droit des peuples qui ont contribué à la maladie de l'Europe,laquelle a eu
sa crise dans la guerre.
La mobilisation russe enleva aux hommes politiques le moyen d'éviter que
la solution du conflit ne fût livrée aux mains des militaires.

(Voy.Traité de Versailles....,déjà cité,p.3).

Cet exposé correspondait à la réalité historique.Or,le Droit international de l'époque
était très clair:un accord entre nations n'existait "qu'autant que son objet (était)
physiquement et moralement possible"

(Voy.A.G.Heffter,Le Droit....,déjà cité,p.192)

En contraignant le vaincu à mentir sur sa prétendue responsabilité unilatérale,
l'article 231 rendait moralement impossible l'objet du Traité de Versailles,ce qui
annulait purement et simplement ledit traité.


Les vainqueurs violent leurs engagements.


- Promesses de désarmement.


Ajoutons que le préambule de la cinquième partie de la convention
(partie relative au désarmement de l'Allemagne) était le suivant:

En vue de rendre possible la préparation d'une limitation générale des armements
de toutes les nations,l'Allemagne s'engage à observer strictement les clauses
militaires,navales et aériennes ci-après stipulées.

(Voy.Traité de Versailles....,déjà cité,p.84).

Le cliché de la mobilisation russe le 24 juillet 1914 (et non le 30 juillet comme
le prétend l'histoire officielle.C'est cette mobilisation qui a provoqué l'enchaî-
nement fatal qui allait mener à la guerre.
Dossier sur ce lien:
http://liberation-44.forumactif.org/t679-la-grande-guerre-la-these-officielle

Ce texte était conforme au quatrième point du président Wilson:

Echange de garanties suffisantes que les armements de chaque pays seront
réduits au minimum compatible avec la sécurité intérieure (Adequate guarantee
given and taken that national armaments will be reduced to the lowest point
consistent with domestic safety.)


En clair:l'Allemagne devait désarmer et une fois ce désarmement constaté
par une commission interalliée,les autres pays devraient agir pour une
"limitation générale des armements".


- L'Allemagne désarme.


Bien que de nombreuses frictions aient surgi,la république de Weimar s'exécuta
et le 31 janvier 1927,la Commission interalliée de contrôle du désarmement
rendit un rapport selon lequel le vaincu avait effectivement rempli ses obligations.
Avait-elle été bernée ? Non.La conclusion d'une étude française publiée en 1967
déclare:

Le but que les Alliés s'étaient proposé en 1919 était-il atteint en 1927 ?
En ce qui concerne les armements,on peut sans conteste répondre oui.
L'Allemagne était privée des armements navals et aériens interdits par le Traité.
Après livraison ou destruction de 50 000 canons,6 millions de fusils,100 000
mitrailleuses,38 millions d'obus,500 millions de cartouches,après le démantèlement
de ses fortifications,on peut assurer que le désarmement terrestre était accompli.
L'efficacité de la commission de contrôle avait été totale.

(Voy.Pierre Genevey,"Le désarmement après le Traité de Versailles",
publié dans Politique étrangère,n°1,1967,32ème année,p.110
).

Le désarmement allemand était si évident que le 28 février 1927,
la Commission fut totalement dissoute.


- La France sabote le désarmement.



(J.Paul-Boncourt)

La suite fut cependant lamentable:ouverte début février 1932,
la conférence mondiale sur le désarmement s'enlisa et tourna au fiasco,
la France ayant refusé de perdre sa puissance militaire et ayant convaincu
nombre de "petites nations"(Pologne,Tchécoslovaquie....) de s'armer
.
A Nuremberg,l'avocat de C.von Neurath exposa de façon magistrale sur
le déroulement de ce fiasco.Dans sa plaidoirie,il expliqua:

Le désarmement trouvait son origine,je me permets de supposer que ses faits
sont connus,dans l'obligation de désarmer imposée à l'Allemagne dans la section V
du Traité de Versailles,en contrepartie de cette obligation,le préambule de cette
section stipulait que,dans le cas où il y serait satisfait,les Etats vainqueurs,
puissament armés,auraient l'obligation de désarmer également.
L'Allemagne avait désarmé,elle avait rempli ses obligations dès 1927 dans toute
leur étendue,ainsi qu'il est indiscutablement établi et a été reconnu expressément
par la Société des Nations.
De ce fait,l'Allemagne pouvait à bon droit prétendre à l'exécution par les autres
parties contractantes des contre-parties prévues au préambule de la Section V.
Et l'Allemagne avait présenté sa demande de désarmement des Etats
puissamment armés et,en même temps,sa demande en reconnaissance
de l'égalité de ses droits,longtemps avant l'entrée en fonctions de l'accusé.
Mais les pourparlers qui,sur ces entrefaites,avaient été entrepris à la Conférence
de désarmement,n'avaient,au moment de la prise en charge du ministère
des Affaires étrangères par l'accusé (le 2 juin 1932),non seulement pas
fait de progrès mais s'étaient plutôt raidis au cours de l'été 1932(...)
Encore que (après la reprise de la Conférence du désarmement le 16 octobre 1932)
les négociations aient débuté par un véritable affront fait à l'Allemagne qui
amena le chef de la délégation allemande à déclarer qu'il ne pourrait assister
plus longtemps aux travaux dans de telles conditions,les puissances occidentales
ne prirent pas sur elles de rester sourdes aux principes moraux d'une politique
basée par de telles idées et,sur la proposition du Gouvernement anglais,
fut signé le 11 décembre 1932 le Pacte des cinq Puissances (...)
par lequel l'Angleterre,la France et l'Italie,ainsi que les Etats-Unis
d'Amérique,reconnaissaient à l'Allemagne l'égalité des droits.
La commission principale de la Conférence du désarmement prit connaissance
de ce pacte avec satisfaction le 14 décembre 1932,et le représentant allemand
se déclara prêt à participer aux négociations futures de la conférence,déclarant
que cette reconnaissance de l'égalité des droits de l'Allemagne faite le 11 décembre
1932 était la condition sine qua non d'une participation ultérieure de l'Allemagne.
Un grand pas semblait avoir était fait sur la voie d'une entente dans la question
du désarmement.
Cependant,il devait en être autrement:dès l'ouverture des négociations de la
Conférence du désarmement réunie à Genève le 2 février 1933,de graves
dissentiments éclatèrent entre les délégations française et allemande,et le délégué
français M.(Joseph) Paul-Boncour,alla même jusqu'à déclarer que le Pacte à cinq
du 11 décembre 1932 ne créait aucune obligation juridique,puisqu'il n'avait été
signé que par cinq puissances.La cause de ces différends de plus en plus violents
résidait dans le changement d'attitude fondamental de la France en face du
problème du désarmement,changement d'attitude qui s'était exprimé,non sans
étonner d'autres pays que l'Allemagne,dans le plan français du 14 novembre 1932,
qui constituait la base des négociations.En effet,contrairement aux principes
du Traité de Versailles et contrairement à l'attitude qu'elle avait elle-même adoptée
jusque-là,la France défendait subitement dans ce plan l'idée qu'une armée de métier,
avec une longue période de service,présentait un caractère offensif et était
une menace pour la paix,et que seule une armée à courte durée de service militaire
avait un caractère défensif.Etant donné le peu de temps qui m'est accordé,
je dois malheureusement renoncer,non seulement à examiner dans le détail
ce plan français,mais aussi à m'étendre plus longuement sur l'évolution des différends
de plus en plus aigüs qui surgissent entre l'Allemagne et les autres puissances.
Je supposerai ces faits connus et me contenterai de montrer que la nouvelle thèse
française,adoptée par la Conférence du désarmement,était clairement dirigée
contre l'Allemagne et contre l'armée qu'elle avait créée en accord avec les
dispositions du Traité de Versailles,et que,si elle avait dû passer dans le domaine
des réalisations,la transformation,qu'elle visait,de la Reichwehr en une milice
à court temps de service réduisait encore l'armement de l'Allemagne
complètement insuffisant en face d'une attaque éventuelle.
De plus,l'élaboration de cette thèse prouvait indubitablement que la France
n'était pas disposée à désarmer,ce que l'on pouvait également déduire des propres
déclarations du délégué français.Ce nouveau plan de la France,de même que son
attitude vis-à-vis du problème de la réduction proportionnelle des différentes armées,
n'était qu'une nouvelle expression de son ancienne thèse :"Sécurité d'abord,
désarmement ensuite",thèse qui rendit inutiles non seulement les précédentes
négociations mais aussi celles qui avaient été engagées sur un nouveau projet
de médiation proposé par l'Angleterre (plan Macdonald) et visant à éviter la rupture
des négociations,qui était à craindre.L'Allemagne ayant demandé que l'on tint
compte également de sa propre sécurité et qu'en vertu de l'égalité des droits
qui lui avait été reconnue le 11 décembre 1932,le désarmement fut étendu à
toutes les puissances les autres parties estimèrent qu'il s'agissait d'une provocation
et rejetèrent sur elle la responsabilité d'un échec éventuel des négociations.
Pour mettre les choses au point,et en raison du caractère aigu que prenait
la situation aux yeux de l'opinion mondiale,mon client publia alors un article qui
parut le 11 mai 1933 dans la revue Société des Nations qui paraissait à Genève
(...)
Dans cet article,il analysait les résultats obtenus jusqu'alors par la conférence,
précisait l'attitude allemande et concluait en disant que l'échec des revendications
allemandes concernant la réalisation du principe de l'égalité des droits par un
désarmement des Etats fortement armés était dû au refus de ceux-ci de désarmer.
Il ajoutait qu'en conséquence,l'Allemagne serait contrainte, dans l'intérêt de sa
propre sécurité,à prendre des mesures d'armement complémentaires,si et dans
la mesure où la réduction et le désarmement général résultant du plan Macdonald
ne satisfaisaient pas ses légitimes revendications concernant sa sécurité.
Etant donné la situation internationale de l'époque,ces conclusions étaient
parfaitement légitimes.En effet,les événements de la Conférence du désarmement
qui avaient été jusqu'à prendre la forme d'une crise,n'étaient qu'un aspect et,
dans une certaine mesure,l'expression de la tension internationale apparue depuis
l'arrivée de Hitler au pouvoir.
L'étranger avait observé l'évolution de la politique intérieure allemande avec
étonnement d'abord,mais aussi avec une certaine incompréhension.
Peu de temps après la prise du pouvoir par Hitler,le 30 janvier 1933,une opinion
se fit jour à l'étranger fondée sur des raisons dont l'exposé nous mènerait trop
loin,qui représentait cette "révolution" allemande,non seulement en France et
chez ses Aliés,mais même en Angleterre,comme un danger pour l'Europe.
La crainte d'un tel danger se fit sentir plus manifestement encore dans l'attitude
des puissances occidentales à la Conférence du désarmement,où l'on considérait
maintenant le point de vue de l'Allemagne,encore qu'il fût absolument logique
et connu depuis longtemps,comme une provocation.Mais ces soucis,ce sentiment
d'insécurité en face de la nouvelle Allemagne conduisirent à des mesures et à
des menaces plus graves encore.
Avec l'assentiment de l'Angleterre,la France,aux premiers jours de mai 1933,
passa aux préparatifs militaires.Elle mit en état d'alerte les ouvrages fortifiés
situés à ses frontières,dont les effectifs avaient déjà été renforcés au cours
de l'hiver,ainsi que les grands camps de Lorraine et les bases de départ de
son armée du Rhin,et exécuta de grandes manoeuvres de mobilisation entre
Belfort,Mulhouse et Saint-Louis,manoeuvres auxquelles le général Weygand,
chef de l'Etat-major général,assista personnellement.
A la même époque,M.Paul-Boncour,ministre des Affaires étrangères français,
déclara ouvertement dans un discours prononcé au Sénat le 12 mai 1933,
qu'en face des événements révolutionnaires d'Allemagne,l'Italie devait être
retenue dans le clan des puissances occidentales et,en réponse à l'attitude
de l'Allemagne à la Conférence du désarmement,il ajouta que si l'Allemagne
voulait conserver la Reichswehr,elle devrait s'en tenir strictement au Traité
de Versailles.Ces paroles du ministre français,qui ne peuvent être interprétées
que comme une menace,furent encore soulignées et renforcées par des déclarations
semblables du ministre de la Guerre britannique Hailsham et par celles faites
à la Chambre des Communes par Lord Cecil qui,d'habitude si pacifiste,poussait
précisément la France à prendre de nouvelles mesures militaires.
La situation était si tendue que l'Europe semblait être de nouveau directement
menacée d'une nouvelle guerre.
Ce caractère tendu des relations,cette crise patente qui conduisait directement
l'Europe à l'abîme inspira toute la politique de l'accusé von Neurath dans les années
qui suivirent.Il faut donc examiner,le plus rapidement possible,les conséquences
que devait avoir pour l'Allemagne cette politique dans le domaine extérieur et
quelles conséquences elle a eues en réalité.
Une chose est indéniable,c'est qu'au printemps 1933, l'Allemagne n'était absolument
pas en état de faire la guerre.C'eut été une véritable folie,une pure volonté de
suicide que de vouloir faire la guerre avec la petite armée de 100 000 hommes,
ne disposant d'aucune arme offensive motorisée,d'aucun char,d'aucune artillerie
lourde et d'aucun avion militaire,contre l'Armée française et celle de ses Alliés,
fortes de millions d'hommes,parfaitement équipées et disposant des armes offensives
les plus modernes.L'attitude et l'opinion des puissances occidentales n'ont donc pu,
en aucune circonstance,être motivées par la crainte d'une agression venant
du côté de l'Allemagne.La seule raison plausible pourrait être recherchée dans
l'attitude des puissances occidentales en face du problème du désarmement,
c'est-à-dire dans leur volonté de ne pas désarmer et de continuer à appliquer
à l'Allemagne un traitement de discrimination,de lui refuser en pratique le traitement
d'égalité et de l'empêcher de se relever.
C'est cela aussi qui devait,pour le chef de la politique extérieure allemande,constituer
le motif de toutes les récentes propositions faites par la France et par l'Angleterre
à la Conférence du désarmement,propositions inacceptables pour l'Allemagne,
tant pour des raisons tirées de sa sécurité personnelle et de son honneur national.
En effet,bien que l'égalité des droits eut été reconnus à l'Allemagne par les puissances
de l'Ouest dans la déclaration des cinq Puissances,le plan français du 14 novembre
1932 et le plan anglais du 16 mars 1933,le plan Macdonald ainsi que les résolutions
de la Conférence du désarmement s'y rattachant,rendaient impossible,même d'un
point de vue objectif,toute réalisation pratique de l'égalité des droits.
Quel homme,ayant l'esprit équitable et objectif,pourrait et voudrait faire au
Gouvernement allemand le reproche d'avoir tiré les conséquences de tout cela
et d'être arrivé à reconnaître dans l'attitude des puissances occidentales non
seulement une violation des accords existants,et même du Traité de Versailles,
en ce qui concerne le désarmement,mais aussi la volonté de ces puissances
d'empêcher,le cas échéant par les armes,l'Allemagne de maintenir ses exigences
justifiées par les accords,de la considérer comme un Etat de second ordre et
de lui refuser même les garanties accordées par le Traité de Versailles.
Pouvez-vous,Messieurs les juges,reprocher à un Gouvernement conscient de
sa responsabilité vis-à-vis de son peuple d'avoir reconnu que cette situation
devait dès lors contribuer à déterminer,sinon constituer,l'élément décisif de
sa politique étrangère ultérieure ?
En effet,la tâche la plus importante de tout Gouvernement conscient de sa respon-
sabilité en politique extérieure est la garantie et le maintien de l'existence et
de l'indépendance de son Etat,le rétablissement de sa liberté et de son honneur
au sein des nations.Un homme d'Etat qui renonce à cette tâche se rend coupable
envers son propre peuple.Cette connaissance devait peser d'autant plus lourd
que l'Allemagne n'avait pas fait le moindre geste qui eût pu être considéré comme
une menace par les puissances de l'Ouest.Au contraire,dès les premiers discours
au cours desquels Hitler exposa son programme au Reichstag le 23 mars 1933,
il avait affirmé,avec l'approbation unanime de cette assemblée,encore élue
à cette époque selon les principes démocratiques,sa ferme volonté de paix,
d'entente avec les peuples et en particulier avec la France,et s'était déclaré
partisan d'une collaboration pacifique avec les autres peuple du monde,mais
il fallait supprimer définitivement la discrimination de l'Allemagne et la distinction
des peuples en vainqueurs et vaincus.*
Mais ces déclarations ne furent aucunement prises en considération par les
puissances de l'Ouest,bien qu'elles fussent entièrement conformes aux circons-
tances et continssent tout autre chose que des menaces.Malheureusement
elles ne purent amener un changement dans l'attitude des puissances de l'Ouest,
ni empêcher la crise de s'aggraver.Une détente sensible ne se fit sentir que
lorsque Hitler,arrivé au point culminant de la crise,répéta,sous l'influence
de l'accusé Neurath,lors du fameux discours de paix prononcé au Reichstag
le 17 mai 1933 (...) répéta au monde avec la plus grande insistance son désir
et celui du peuple allemand de maintenir la paix et se déclara convaincu,
comme il le dit textuellement,qu'aucune guerre européenne ne pourrait apporter
quelque amélioration que ce soit à la mauvaise situation actuelle et que le
déclenchement d'une telle folie,ainsi qu'il nommait la guerre,devait conduire
à l'effondrement de la société et des formes de Gouvernement actuelles. **
Ce discours de Hitler,dont,après la présentation des preuves,la sincérité
et la franchise ne font plus aucun doute et dont le caractère convaincant
ne pouvait pas échapper aux puissances de l'Ouest elles-mêmes,provoqua
une détente générale de la situation,le danger d'une nouvelle guerre mondiale
était écartée,le monde reprenait haleine.Il amenait également avec lui la fin
de l'isolement et de la mise à l'écart de l'Allemagne,et la politique extérieure
allemande saisit avec empressement et sincérité l'occasion de collaborer
activement au jeu politique des Etats que lui offrait la proposition de Mussolini
d'unir les grandes puissances,l'Angleterre,la France,l'Italie et l'Allemagne,dans
un pacte dit "Pacte à quatre".
Ce pacte qui fut paraphé le 8 juin 1933 à Rome et signé par l'Allemagne
vers la mi-juin et dont le préambule se référait explicitement au pacte des
cinq Puissances du 11 décembre 1932,devait mettre les puissances participantes
à même de se réunir en conférence restreinte,au cas où dans l'avenir des
négociations entreprises avec un grand nombre de participants resteraient
sans résultat comme cela s'était passé à la Conférence du désarmement.
Pour l'Allemagne,l'élément le plus important était de redevenir un membre actif
de l'ensemble de la politique européenne en participant à droits égaux à
un accord international qui,tant par son contenu que par sa forme,était
contraire à toute discrimination à l'égard de l'Allemagne.




(Lord Robert Cecil)





* Hitler avait déclaré:

"le Gouvernement est décidé à intervenir par tous les moyens pour faire
disparaître définitivement la discrimination des peuples du monde en deux catégories.
Le fait de tenir ouverte cette blessure conduit l'un à la méfiance,l'autre à la haine
et crée,par conséquent,une insécurité générale.
Le Gouvernement national est prêt à tendre la main,en vue de cette entente
sincère,à tout peuple ayant la volonté de rompre radicalement une fois pour
toutes avec ce passé."

(Voy.le discours de Hitler du 23 mars 1933)

** Hitler avait déclaré:

"Mais il est dans l'intérêt de tous que les problèmes d'aujourd'hui posés
(par les défectuosités des traités de paix) reçoivent une solution raisonnable
et définitive.Aucune nouvelle guerre en Europe ne pourrait créer quelque chose
de meilleur pour remplacer la situation insatisfaisante actuelle.
Au contraire ! Ni au point de vue politique,ni au point de vue économique,
l'emploi d'une violence quelconque ne saurait créer en Europe une situation
plus favorable que la situation présente.
Même un succès décisif d'une nouvelle solution européenne de violence ne pourrait
avoir pour résultat final que d'aggraver encore la perturbation de l'équilibre
européen et de jeter,d'une manière ou d'une autre,le germe de nouveaux
antagonismes et de nouvelles complications pour l'avenir.De nouvelles guerres,
de nouvelles incertitudes et une nouvelle détresse économique en seraient
la conséquence.
Or,le déchaînement d'un tel délire sans fin devrait aboutir à l'écroulement
de l'ordre social et politique actuel.
Une Europe sombrant dans le chaos communiste provoquerait une crise
de proportions indéfinies et d'une durée illimitée."

(Voy.le discours de Hitler du 17 mai 1933)


...../....

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MessageSujet: Re: Rudolf Hess :La dernière tentative de paix auprès de l'Angleterre   Mar 4 Juin - 11:47

(...) La conclusion de ce pacte,il est vrai,coïncida avec un renouveau
de la tension internationale,qui menaçait d'isoler de nouveau la position
de l'Allemagne.Elle provenait moins,cette fois-ci de la Conférence du
désarmement,dont les pourparlers avaient été remis le 29 juin 1933
au 16 octobre 1933,après les efforts habituels faits en vain pour arriver
à un progrès,que de l'opposition qui,à la conférence économique mondiale
ouverte le 12 juin 1933 à Londres,s'était manifestée entre l'Allemagne
et l'Autriche.Le Chancelier fédéral d'Autriche,Dollfuss,profita de cette conférence
pour attirer l'attention des puissances sur le prétendu danger que l'Allemagne
faisait courir à l'indépendance de l'Autriche en accusant l'Allemagne de soutenir
les nationaux-socialistes autrichiens dans leur lutte contre son Gouvernement.
En faisant ainsi de la question autrichienne le centre de la politique européenne
et en faisant appel aux puissances pour qu'elles protègent contre une prétendue
menace,l'indépendance de l'Autriche qu'elles considéraient comme un facteur
important de l'équilibre des forces européennes,il ranima leur animosité qui venait
d'être apaisée à grand-peine.Ce qu'était l'état d'esprit au cours de l'été 1933
ressort des rapports cités dans mon livre de documents 1 sous les n° 11 et 12
et que l'accusé avait adressés le 19 juin 1933 au Président von Hindenburg,
et à Hitler,ainsi que du discours prononcé par l'accusé le 15 septembre 1933
(...) devant les représentants de la presse étrangère,discours dans lequel
il tirait les conséquences de cet état d'esprit pour les pourparlers de la Conférence
du désarmement qui devait se réunir à nouveau le 16 octobre 1933.
"Selon certains indices",disait-il "les Etats puissamment armés semblent moins
que jamais prêts à tenir leur engagement de désarmer.Il ne subsiste en fin
de compte que l'alternative suivante: réalisation de l'égalité des droits,ou
alors effondrement de toute l'idée du désarmement,des conséquences impré-
visibles duquel l'Allemagne ne serait pas responsable".
Ce scepticisme de l'accusé à l'égard de la situation politique en général et des
perspectives de la Conférence du désarmement en particulier,n'était que trop
justifié.En effet,le nouveau plan que le chef de la délégation anglaise,Sir John
Simon,avait,dès avant le début effectif des pourparlers,présenté sous l'appella-
tion du plan Simon,comme base de négociations,et plus encore,la déclaration
faite par Sir John à l'occasion de ce plan montraient nettement que l'attitude
des puissances occidentales était restée la même qu'au printemps 1933 et
que ces puissances étaient encore moins prêtes à ce moment-là à satisfaire
les exigences de l'Allemagne pour l'égalité des droits.
En effet,Sir John déclara en termes secs que la situation de l'Europe était si
fortement ébranlée qu'il était impossible de songer à établir une convention
de désarmement,même sur le modèle du plan Macdonald que l'Allemagne
avait considéré comme inacceptable au printemps.
Ce n'était pas seulement une accusation portée à tort contre l'Allemagne qui
n'avait fait que défendre son bon droit sur la base des traités,mais encore
un refus non déguisé de réaliser l'égalité des droits pour l'Allemagne et le
désarmement.Et en effet,ce plan Simon,moins encore que les précédents,
ne (répond)ait aux exigences naturelles de l'Allemagne relatives à l'égalité
des droits et au désarmement ou à un armement identique pour tous les Etats,
y compris l'Allemagne.
Ici encore,étant donné le temps limité dont je dispose,je dois renoncer à
en exposer les détails et me contenter de souligner qu'il signifiait une limitation
plus stricte et une réduction plus forte de l'armement allemand au profit
des autres Etats.
Il prévoyait en effet,que pendant la première moitié de la durée,fixée à huit ans,
des opérations de désarmement,seule l'Allemagne devrait pratiquement continuer
à désarmer en transformant sa Reichswehr en une armée à court terme
de service militaire et en se soumettant,en outre,à un contrôle de ses armements
de la part des puissances,tandis que les Etats puissamment armés ne devaient
commencer à désarmer qu'au cours de la cinquième année,et ce,
en ce qui concerne les effectifs seulement,et non pas l'armement proprement dit.
Ces dispositions montraient plus clairement que jamais,que non seulement
les puissances occidentales ne voulaient pas désarmer elles-mêmes,mais
encore qu'elles désiraient affaiblir l'Allemagne encore davantage et la soumettre
à leurs intérêts.
De l'égalité des droits expressément reconnue à l'Allemagne par l'accord
des cinq Puissances du 11 décembre 1932,il n'était plus question.
Les puissances occidentales auraient dû se rendre compte que l'Allemagne,
a priori,ne pouvait accepter un tel plan qui lui enlevait toute possibilité
de poursuivre les pourparlers de cette conférence.
Mais après les expériences que la politique extérieure allemande avaient faites
au printemps 1933,lorsque l'Allemagne était directement menacée de guerre
par les puissances occidentales parce qu'elle ne voulait pas renoncer à
ses revendications justifiées,il ne lui restait cette fois-ci d'autre solution que
de répondre à la nouvelle menace que contenait indubitablement ce plan,
non seulement en le repoussant,mais encore en se retirant de la Conférence
du désarmement et de la Société des Nations.
En effet,dans ces circonstances,tous les pourparlers de la conférence
devaient paraître vains a priori et ne pouvaient que provoquer des oppositions
plus violentes encore.
Il est difficilement compréhensible que les puissances occidentales n'aient
pas prévu l'attitude de l'Allemagne et qu'elles aient été étonnées de son départ
de la Société des Nations et de la Conférence du désarmement.
Hitler avait en effet déjà déclaré très nettement,au cours de son discours de paix
du 17 mai 1933,que j'ai déjà cité,que le Gouvernement et le peuple allemands,
malgré leur désir sincère de paix et leur volonté loyale de désarmer davantage
encore en cas de réciprocité,ne pourraient à aucun prix admettre une nouvelle
humiliation et renoncer à leurs revendications au sujet de l'égalité des droits
et qu'ils tireraient immanquablement les conséquences d'une demande
relative à un tel renoncement.
Et il est encore plus difficile de comprendre comment l'Accusation peut
sérieusement reprocher ce retrait à la politique extérieure allemande
et y voir la préparation délibérée de guerres d'agression futures.
Ceci ne s'explique que par le fait que l'Accusation passe entièrement
sous silence les motifs et les événements qui ont conduit à ce retrait,
et qu'elle veut ainsi donner l'impression que le retrait de l'Allemagne
était absolument injustifié.
Le caractère de contradiction avec l'Histoire que présente la tentative faite
par le Ministère public pour représenter ce retrait comme un acte de préparation
à la guerre ressort clairement du fait,également passé sous silence par l'Accusation,
que le Gouvernement allemand,en même temps qu'il annonçait son retrait,
soulignait énergiquement,par le discours de Hitler du 14 octobre 1933,
comme par le discours de l'accusé von Neurath du 16 octobre 1933(...)
sa volonté inchangée de maintenir la paix et de participer à toutes négociations
au sujet de tout projet de désarmement tenant compte de l'égalité des droits
de l'Allemagne.
D'ailleurs,dans le mémoire rédigé par mon client et adressé aux puissances
le 18 décembre 1933(...) l'Allemagne mettait en pratique cette volonté
d'ouvrir des pourparlers,en faisant de son côté des propositions pratiques
de désarmement général.
L'interview que l'accusé accorda le 29 décembre 1933 au représentant
du New York Times à Berlin(...) poursuivait d'ailleurs le même but.
Un gouvernement ou un ministre des Affaires étrangères qui veut préparer
ou projeter une guerre d'agression,ne ferait certes pas de propositions limitant
ou même diminuant encore l'armement de son propre pays.
Les pourparlers diplomatiques engagés entre l'Allemagne et les différentes
puissances occidentales,à la suite de ce mémoire du 18 décembre 1933,
se terminèrent et je me permets de supposer que c'est un fait connu
par la note du Gouvernement français au Gouvernement anglais en date
du 17 avril 1934(...) dans laquelle le Gouvernement français,en réponse
à un mémoire anglais du 29 janvier 1934 et à un nouveau mémoire
du Gouvernement allemand en date du 13 mars 1934,fermait la porte
à d'autres pourparlers,ce fait est exposé en détails dans le discours
de l'accusé von Neurath du 27 avril 1934(...).
Ce qui est intéressant dans les pourparlers précédents,et le fait doit être
souligné ici,c'est que,pendant leur durée,un changement indiscutable
s'était opéré dans les relations entre la France et la Russie,et dont l'évolution
ultérieure devait,pendant les années à venir,être plus ou moins déterminante
non seulement de la politique étrangère allemande,mais encore de toute
la politique européenne.
Dans son discours prononcé devant le bureau de la Conférence du désarmement
le 10 avril 1934,le représentant russe,en opposition avec l'opinion que la Russie
avait représentée jusqu'alors,défendit la thèse suivant laquelle la Confèrence
du désarmement avait pour mission de réaliser une diminution des armements
aussi étendue que possible,puisque c'était le meilleur moyen d'assurer la sécurité,
il constata,il est vrai,l'insuccès des efforts qu'elle avait faite pour le désarmement,
mais n'en conclut pas pour autant que la conférence avait échoué,assignant au
contraire désormais à la Conférence du désarmement la mission exclusive de créer
de nouveaux instruments de sécurité conformes au Droit international,point de vue
que M.Litvinov,ministre des Affaires étrangères de Russie,reprit le 29 avril 1934.
Avec cette thèse,la Russie avait adopté le point de vue de la France:
sécurité d'abord,désarmement ensuite,mais en outre,elle avait ouvert la porte
aux efforts dès lors grandissants de réarmement de tous les peuples.
On comprendra immédiatement la portée considérable de ce fait quand j'aurai
attiré l'attention sur le Pacte d'assistance mutuelle franco-russe qui fut signé
un an plus tard et sur la reprise par l'Allemagne de la souveraineté militaire,
provoquée tant par ce pacte que par l'augmentation des armements de tous
les autres Etats.En effet,à partir de cette déclaration du ministre des Affaires
étrangères russe,c'est une ligne droite qui mène,à travers les pourparlers relatifs
au projet du "Pacte de l'Est",pourparlers qui remplirent l'été 1934,au Pacte
d'assistance franco-russe du 2 mai 1935 et au Pacte d'assistance russo-tchécos-
lovaque du 16 mai 1935.
La note française du 17 avril 1934 avec son "non" catégorique signifiait la fin
d'une époque et le commencement d'une nouvelle politique internationale.
La France avait fait connaître définitivement qu'elle n'était pas disposée à
résoudre,au moyen d'une convention générale entre tous les Etats,les questions
de désarmement et de sécurité,mais était décidée à suivre à l'avenir
ses propres voies.
La raison de cette attitude résidait de toute évidence dans le fait qu'elle
avait reconnu ou avait cru reconnaître que les plus importantes des puissances
intéressées,l'Angleterre et l'Italie,n'étaient plus décidées à la suivre incondi-
tionnellement et à refuser à l'avenir d'accorder pratiquement à l'Allemagne
l'égalité des droits qui lui avait déjà été reconnue en théorie le 11 décembre
1932.Ce fait avait trouvé son expression dans le rapprochement considérable
des points de vue exprimés par l'Angleterre et l'Italie,dans le mémorandum
anglais du 29 janvier 1934 d'une part,et dans la déclaration de Mussolini
au ministre anglais Eden,en date du 26 février 1934,d'autre part,relatifs
au point de vue allemand,clairement déterminé dans les mémorandums
du 13 mars et du 16 avril 1934.
Le mémorandum des puissances dites neutres,à savoir le Danemark,l'Espagne,
la Norvège,la Suède et la Suisse,en date du 14 avril 1934,et avant tout
également le discours du président du Conseil belge,le comte Broqueville,
du 6 mars 1934(...) accusaient la même tendance.
Mais,par cette note du 17 avril 1934,à l'égard de laquelle l'accusé von Neurath,
dans son discours du 27 avril 1934(...) prit position devant la presse allemande
de façon détaillée et convaincante,la France avait,ainsi qu'on devait le voir
bientôt,quitté définitivement le terrain et les principes du Traité de Versailles,
dont le préambule de la partie V avait admis,de façon non équivoque,
le désarmement général de tous les Etats de la Société des Nations comme
la raison et la contrepartie du désarmement de l'Allemagne.
La nouvelle politique dans laquelle s'engagea la France immédiatement après
la note du 17 avril 1934 fit bientôt comprendre qu'elle était décidée dès lors
à prendre exactement le contrepied de la pensée fondamentale du Traité
de Versailles qui se trouvait à la base du désarmement allemand.

(TMI,XIX,256-66).



(Sir John Simon)


(Meir Wallach-Finkelstein dit Maxime Litvinov)





(Konstantin von Neurath en 1932)


- Un traité devenu caduc.


Or,là encore,le Droit international était très clair,A.G.Heffter expliquait:

Il est enfin incontestable que si l'une des parties contractantes refuse
positivement de remplir ses engagements(...) il est permis à l'autre de
s'en affranchir également,lors même que le refus porterait sur un seul point
ou sur une seule disposition.

(Voy.A.G.Haffter,Le Droit.....,déjà cité,p.222).

Dès 1934,donc,avec l'échec de la conférence mondiale sur le désarmement
et la politique extérieure de la France,l'Allemagne n'était plus liée par le
Traité de Versailles.
Dans son interrogatoire du 17 novembre 1945,d'ailleurs,Werner von Blomberg
fut très net,lorsque,en 1935,Hitler décida de faire promulguer une loi sur
le service militaire obligatoire,loi qui allait créer 36 divisions supplémentaires:

Il justifia cette action,tout comme celle du réarmement,sur le fait qu'aucune
autre nation n'avait désarmé et qu'il pensait que l'Allemagne devrait bénéficier
de la parité avec elles.(He justified this action,as well as that of the rear-
mament,on the basis that he thought that Germany should have parity with them).

(Voy.le document Donovan-129,résumé de l'interrogatoire de W.von Blomberg,
p.2 (document en possession de l'auteur).


..../.....

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MessageSujet: Re: Rudolf Hess :La dernière tentative de paix auprès de l'Angleterre   Mar 4 Juin - 12:02


Un traité intolérable
.




Un dernier élément doit enfin être pris en considération:
les injustices flagrantes commises dans les réarrangements territoriaux
imposés par les Traités de Versailles et de Saint-Germain.

Parmi elles citons:

1) - le démembrement de l'Autriche-Hongrie avec la création d'une entité
totalement artificielle (la Tchécoslovaquie) aux dépens principalement
d'une Autriche condamnée à dépépérir lentement,

2) - la création du Corridor polonais qui isolait totalement la Haute-Silésie
de l'Allemagne et la cession de l'Etat de Dantzig à la Pologne.
Cette injustice était telle que le 17 mai 1919,un membre de la délégation
américaine à Versailles,William C.Bullitt écrivit au président Wilson une lettre
de démission dans laquelle il prophétisait que Dantzig et la Silésie détachées
de l'Allemagne rendraient "certains de nouveaux conflits internationaux"
(voy.S.Freud et W.C.Bullitt, op.cit.,pp.301-2)

Dès lors,on ne pouvait reprocher au gouvernement allemand d'avoir voulu se
libérer des chaînes imposées par un traité non seulement injuste,mais aussi
nul et non avenu pour au moins trois raisons (son imposition par la violence
et par la fraude,culpa in contrahendo,son objectif immoral et les refus
des alliés de remplir leurs engagements).Loin d'être un "complot" pour des
agressions futures,cette oeuvre de libération était au contraire une simple
action conforme à la justice.
Voilà pourquoi à Nuremberg,la Défense voulut exposer une critique méthodique
du Traité de Versailles.Mais en agissant ainsi,elle risquait de réduire à néant
la thèse du Ministère public.


Le Tribunal empêche toute critique.



Afin d'écarter le danger,le Tribunal trouva une solution radicale:
il déclara irrecevable tous les documents susceptibles de démontrer l'illégalité
ou l'illégitimité du traité imposé à l'Allemagne en 1919.


- La décision du 26 février 1946.



Une première décision en ce sens fut prise le 26 février 1946,qui rejetait
plusieurs documents soumis par l'avocat de H.Göring,Me Otto Stahmer.
(Voy.TMI,VIII,283:le Président annonce que le Tribunal a pris une décision,
mais sans le dire ni la résumer.Il explique qu'elle va être remise aux avocats et
affichée au centre d'information de la Défense dans l'après-midi.
Je n'ai pu la retrouver,mais on en apprend la teneur dans TMI,VIII,13
)

Loin de rester lettre morte,ce décret du tribunal permit d'interrompre l'exposé
du défenseur lorsque celui-ci voulut démontrer que le Traité de Versailles n'avait
plus aucune force après l'échec du désarmement.C'était le 8 mars 1946.
Voici ce que l'on put entrendre:

Dr STRAHMER :Le Ministère public a accusé à maintes reprises le prévenu d'avoir
violé le Traité de Versailles:cette accusation n'est pas justifiée.
A notre avis,les avocats devront examiner cette question à fond dans leur
plaidoirie finale.Dans la phrase actuelle des débats,nous ne ferons que présenter
des documents destinés à prouver non seulement qu'il n'y a pas eu de violation
du Traité de Versailles par l'Allemagne,mais que celle-ci n'était plus liée par lui.
(...) Le texte du Traité de Versailles a déjà été communiqué au Tribunal:
il a été publié dans le Reichsgesetzblatt de 1919,page 687.
L'article 8 et la partie V de ce Traité sont importants pour son interprétation.
Je cite les quatre premiers paragraphes de l'article 8 qui ont un intérêt en la matière.

"Les membres de la S.D.N réconnaissent que le maintien de la paix exige
la réduction des armements au minimum compatible avec la sécurité nationale
et avec l'exécution des obligations internationales découlant d'une action
comme.
"Le Conseil,en tenant compte de la situation géographique et des conditions
particulières de chaque Etat,préparera des projets de réduction qui seront
soumis à l'examen et à la décision des divers Gouvernements.
Ces projets feront l'objet d'un nouvel examen et,s'il y a lieu,d'une révision
tous les dix ans au moins.
"Après leur adoption par les divers Gouvernements ainsi fixé ne pourra être
dépassé sans le consentement du Conseil."

Partie V,je cite le premier paragraphe:

"Pour rendre possible une limitation générale des armements de toutes les nations,
l'Allemagne s'engage à observer strictement les clauses militaires,navales et
aériennes suivantes:"

Il en résulte que non seulement l'Allemagne devait désarmer,mais que
les signataires du pacte s'y engageaient également.L'Allemagne s'était
cependant engagée à désarmer la première,et elle a rempli entièrement
cet engagement.
Le 17 février 1927,le maréchal Foch déclarait: "Je suis assurer que l'Allemagne
a effectivement désarmé".
Par conséquent,les signataires du pacte devaient tenir leur engagement à
ce sujet.Comme ils ne l'ont pas fait,l'Allemagne,d'après les principes généraux
du Droit,n'était plus liée par ce pacte et c'est à bon droit qu'elle s'en est dégagée.
Cette interprétation est conforme au point de vue exprimé par des hommes
d'Etat français aussi bien que par des hommes d'Etat anglais.C'est pourquoi
je voudrais me reporter au discours prononcé par Paul-Boncour,le 8 avril 1927,
et au cours duquel il déclarait (livre de documents n°1,page 28):

"Il est exact que l'introduction à la partie V du Traité de Versailles considère
la limitation des armements qui fut imposée à l'Allemagne,comme un premier pas
vers la limitation générale des armements.Voilà qui fait ressortir très clairement
la différence qui existe entre cette limitation imposée à l'Allemagne et les autres
limitations d'armement qui ont souvent suivi la conclusion des guerres.
Cette fois,cette disposition et c'est là qu'est toute sa valeur,n'a pas été
seulement imposée à l'un seulement des signataires du Traité,mais c'est un devoir,
une obligation morale et légale pour les autres signataires de réduire aussi leurs
armements."


De plus,je voudrais me référer au discours prononcé par David Lloyd George,
le 7 novembre 1927,et dans lequel il parle du mémorandum sur la note du
16 juin 1919,en ces termes (livre de documents n°1,page 26):

"...document que nous avons transmis à l'Allemagne comme une promesse
solennelle de la Grande-Bretagne,de la France,de l'Italie,de la Belgique et
de vingt autres nations,de suivre son exemple lorsqu'elle aura désarmé
."

Le peuple allemand n'était pas le seul à considérer le Traité de Versailles
comme une cruelle injustice.De nombreuses voix se sont élevées,même
des pays étrangers,pour dénoncer l'injustice qu'il constituait pour l'Allemagne.
Je cite les phrases suivantes de (Cecil Harmsworth,devenu le deuxième
vicomte de) Rothermere dans Warnings and Predictions
((Avertissements et prédictions,1939)
(livre de documents n°1,page 10):

"L'Allemagne avait raison de considérer Versailles comme une duperie.
Sous le prétexte que...."


M.JUSTICE JACKSON (Procureur Général américain):

J'attire seulement l'attention du Tribunal sur le fait que les documents qui
nous sont lus maintenant ont été déclarés irrecevables par le Tribunal
quand la question de leur admission fut posée.
Ils se rapportent à des faits de notoriété publique qui n'ont pas besoin d'être
déposés,même s'ils ne doivent pas servir de moyens de preuves,mais je crois
que leur exposé,au cours de ce Procès,constitue une violation des décisions
du Tribunal.



LE PRESIDENT:

Docteur Stahmer,le Tribunal se doutait que ces documents n'avaient pas été
admis et a fait demander le procès-verbal original.
Je dois maintenant préciser que le Tribunal attend des avocats qu'ils se confor-
ment à ses décisions et n'essayent pas de lire à l'audience des textes qui n'ont
pas été acceptés.
(TMI,IX,10-2).

(Un exemple flagrant d'entrave à la Défense (TMI,X,p.12).

Les quatre juges du TMI.Leurs décisions paralysèrent la Défense.


(Le procureur britannique sir David Maxwell-Fyfe (1900-1967).
Avec un cynisme éhonté,il lutta pour paralyser la Défense
)

A cet instant,R.Hess dut protester car il fut expulsé manu militari
("l'accusé Hess est conduit hors de la salle d'audience",ibid., p.12).
L'avocat put profiter du manque de mémoire du Tribunal au sujet de
sa décision du 26 février pour finir de lire la citation:

Dr STAHMER : Puis-je continuer ?

LE PRESIDENT : Certainement.

Dr STAHMER :
"Sous prétexte d'entreprendre un premier pas vers le désarmement
mondial,l'Allemagne avait désarmé de force.En réalité,la Grande-Bretagne
aussi avait été dupée,qui continua à désarmer pendant quinze ans.
Mais la France,depuis la signature des différents traités de paix,a encouragé
un certain nombre de petits pays à réarmer vigoureusement.
Le résultat en fut que l'Allemagne,cinq ans après Versailles,était encerclée
par un anneau de fer,plus étroitement qu'elle ne l'était cinq ans avant la guerre
mondiale.Dans ces conditions,il était inévitable qu'un régime allemand,qui avait
dénoncé le Traité de Versailles,réarmât à outrance à la première occasion.
Il est évident que ses armes devaient être dirigées,sur le terrain diplomatique,
d'abord contre les puissances signataires de Versailles."

(TMI,IX,12)

Me Stahmer dit ensuite quelques mots sur le pacte de Locarno,mais il fut alors
interrompu par le Président qui rappela à la Défense la décision du Tribunal:

LE PRESIDENT :
Docteur Stahmer,j'ai maintenant devant moi la décision du Tribunal
du 26 février 1946,dont le paragraphe 4 est ainsi rédigé:

"Les documents suivants sont déclarés irrecevables",puis le titre "Göring",
le quatrième de ces documents est le discours de Paul-Boncour du 8 avril 1927
et le sixième est le discours de Lloyd George du 7 novembre 1927,que vous
n'avez pas lu mais qui figure dans votre exposé.
Je désire attirer l'attention des avocats sur le fait qu'ils ne seront pas autorisés
à citer les documents qui auront été rejetés par le Tribunal.

(TMI,IX,13).


..../....

_________________
 

L'autre Histoire :
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MessageSujet: Re: Rudolf Hess :La dernière tentative de paix auprès de l'Angleterre   Mar 4 Juin - 12:08


- L'avocat de R.Hess interrompu.


Cette fois,l'injonction était claire.
Deux semaines plus tard,d'ailleurs,l'avocat de R.Hess prit la parole.
A son tour,il tenta de produire des documents sur le Traité de Versailles.
Mais le Ministère public s'y opposa sans attendre.Le compte rendu d'audience
porte:

Dr SEIDL :(...) Je passe maintenant au volume 3 du livre de documents.
Plaise au Tribunal.Ce volume 3 du livre de documents contient en substance
des déclarations et des citations d'écrits et de discours d'hommes d'Etat
étrangers,de diplomates et d'économistes,se rapportant à l'histoire et
à l'origine du Traité de Versailles,à son contenu,aux modifications territoriales
apportées par lui,telle que la question du couloir polonais et surtout aux
conséquences économiques désastreuses qu'il a entraînées pour l'Allemagne
et le reste du monde.


LE PRESIDENT :Oui.Sir David.

SIR DAVID MAXWELL-FYFE:
Plaise au Tribunal.J'ai lu les documents de ce livre et je voudrais faire
quelques remarques à ce sujet.Il s'agit d'opinions exprimées
par un grand nombre de personnalités,comprenant des hommes politiques,
des économistes et des journalistes.Ces opinions sont exprimées sous forme
de polémique et parfois sous forme d'articles de journaux:elles sont connues
de la plupart,car on a pu en prendre connaissance au moment où elles ont été
formulées,c'est-à-dire il y a quinze ou vingt-cinq ans.
Je pense donc,comme je l'ai déjà laissé entendre au Tribunal,que tous ces faits
datent de trop longtemps et je présente la suggestion suivante,dont j'espère
que le Tribunal reconnaîtra le bien-fondé: pourquoi,comme je l'ai dit hier,
le Ministère public n'autoriserait-il pas la présentation de ce livre au moment
propice ? Le Dr Seidl pourra,au moment où il fera sa plaidoirie finale,se servir
des arguments utilisés par les diverses personnalités qu'il citera,s'il pense
qu'ils sont solides.Il pourra se servir de ces citations comme exemples,
à la condition toutefois que la thèse qu'il développera soit reconnue pertinente
par le Tribunal.
Cela assurera au Dr Seidl l'avantage d'avoir le droit de se servir de ces documents
dont la présentation est,comme je l'ai dit,soumise à la pertinence des questions
qui y sont traitées mais je crois qu'il serait tout à fait inopportun de les lire
maintenant,ce sont simplement des opinions de polémistes et de jounalistes
qui se rapportent à des sujets que le Ministère public a estimé et que j'estime
trop ancien.
Cependant,je suis très désireux que le Dr Seidl ait toutes les facilités pour faire
sa plaidoirie finale,j'estime donc qu'il serait pratique que ce livre soit versé
au dossier maintenant sans être lu,avec la seule réserve que j'ai formulée
au sujet de la pertinence,qui pourra être examinée lorsque tous les documents
seront devant le Tribunal,le Dr Seidl pourra alors s'en servir pour sa plaidoirie finale.

(TMI,X,86-89)


- Le cynisme de l'Accusation.

On soulignera tout d'abord la faiblesse de l'argumentaire avancé par l'Accusation,
car une opinion reste une opinion,quelle que soit la personne qui l'exprime et
quelle que soit la manière dont elle est exprimée.
La déclarer non-pertinente pour l'un de ces deux motifs est profondément malhonnête.
Quant à prétendre que l'illégalité ou l'illégitimité du Traité de Versailles était un
sujet "trop ancien",c'était le comble dans un procès où le premier chef
d'accusation reposait sur le prétendu viol dudit traité.
Dans un premier temps,toutefois,Me Seidl délaissa ces deux problèmes cruciaux
pour en aborder un autre,plus technique:

Dr Seidl :
A première vue,la proposition de Sir David me paraît très raisonnable,
toutefois,je dois dire que si l'on procède de cette façon,la Défense devra faire
face à de grandes difficultés.Les arguments concernant la pertinence,par exemple,
qui rentrent naturellement dans le cadre de la présentation des preuves et qui
doivent être examinés ici,ne serviraient qu'au moment des plaidoiries finales,
celles-ci seront donc constamment interrompues,l'avocat aura à discuter
la pertinence de ses documents,peut-être des passages entiers de son
argumentation s'effondreront-ils ainsi et peut-être la cohésion de son discours
sera-t-elle complètement détruite.
(ibid.,p.88)

Il fut alors interrompu par le procureur général adjoint britannique qui développa
son argumentation et déclara que si sa proposition était refusée,les documents
apportés par la Défense devaient alors être tout simplement rejetés
(mes commentaires sont en italique et entre crochets):


SIR DAVID MAXWELL-FYFE:

Chaque avocat courra évidemment le danger de voir certains passages
de sa plaidoirie considérés comme non-pertinente,mais je voyais là
une issue favorable.
Si on ne l'accepte pas,le Ministère public doit déclarer respectueusement
mais fermement que les termes du Traité de Versailles ne sont pas à mettre
en question devant ce Tribunal.
J'ai déjà présenté mes arguments à ce propos et je ne tiens pas à développer
ce sujet longuement.
Je veux expliquer clairement que les questions qui sont soulevées ici par
les citations ont naturellement fourni la matière à des controverses politiques
dans chaque pays d'Europe et que des opinions différentes ont été émises
à propos du bien-fondé et de l'intérêt des dispositions du Traité de Versailles,
en particulier dans le domaine économique.
Je ne dis pas qu'il n'y a pas la matière à controverse:je dis que c'est une controverse
qui n'a pas à être présentée au Tribunal.(Bien au contraire!Cette controverse
était centrale au regard du premier chef d'accusation:""complot contre la paix"
)
J'ai moi-même en tant que politicien,répondu à presque toutes les déclarations
des hommes politiques anglais,et je suis sûr que beaucoup de membres de
ce Tribunal ont pris position en faveur d'une thèse ou de l'autre.
Mais je déclare que c'est une question qui n'a pas à être tranchée ici par eux:
je trouve qu'il est particulièrement inopportun de présenter comme preuves des
opinions exprimées dans un seul sens.(Impudence éhontée !)
Chacun de ces discours,dans la mesure où ils étaient anglais,était une réponse
à un précédent discours où il était suivi d'une réponse,et je serais tenté de
croire qu'il en est de même dans le cas du sénateur Borah aux Etats-Unis.
(Dans ce cas,il appartenait à l'Accusation de produire,à son tour,
ces discours afin que le Tribunal puisse juger la pertinence des uns et des autres.)

Ces matières et c'est le second point,ne constituent pas réellement des moyens
de preuve.C'est un terrain de controverses.Il faudra déterminer le moment opportun
où le Tribunal décidera si cette question est ou non pertinente.
C'est pourquoi j'ai suggéré qu'il était préférable de trancher la question quand
l'ensemble des preuves évidentes tirées des faits aurait été présenté au Tribunal.
Mais je souhaite vivement,en dehors de ma suggession,de faire clairement
ressortir qu'en ce qui concerne la pertinence,le Ministère public soutient
unanimement que le fondement théorique et pratique des dispositions du Traité
de Versailles n'est pas une question pertinente.
(Quand on reproche à des hommes d'avoir violé un traité,les empêcher
de discuter le fondement théorique et pratique de ses dispositions se révèle
être une injustice flagrante.
)
L'autre argument et je désire faire une distinction entre les deux,a été esquissé
par le Dr Stahmer en ce qui concerne les termes mêmes du préambule aux clauses
militaires.C'est une question tout à fait différente que nous pourrons discuter
quand ainsi que je le comprends,certaines propositions de droit seront soulevées
par l'un des avocats au nom de la Défense.
Mais,ainsi que je l'ai dit,le contenu théorique et pratique du Traité,et particu-
lièrement les clauses économiques,constituent un sujet de vastes controverses
sur lesquelles il existe littéralement des milliers d'opinions différentes pour de
simples nuances.J'estime que ce n'est pas une question à traiter devant
ce Tribunal et,d'autre part,que ces données ne constituent pas des moyens
de preuve.Même si elles constituent une question,elles n'en sont pas,pour autant,
des moyens de preuve (...)

LE PRESIDENT: Vous proposez donc,Sir David,que le Dr Seidl ne cite aucun
de ces documents ?

SIR DAVID MAXWELL-FYFE:
Oui.Je considère que le sujet envisagé est hors de propos.

LE PRESIDENT:Oui.Ces preuves ne sont pas admissibles.

SIR DAVID MAXWELL-FYFE:Elles ne sont pas admissibles.

LE PRESIDENT: Bien.

SIR DAVID MAXWELL-FYFE: Ma suggestion première était évidemment
d'abandonner la discussion sur l'admissibilité jusqu'à ce que toutes les preuves
soient réunies,mais si on la rejette,je me permets de déclarer sans ambages
qu'elles sont inadmissibles (ibid.,pp.88-9)

L'impudence éhontée du procureur britannique Maxwell-Fyfe qui reproche
à la Défense de citer des opinions "exprimées dans un seul sens"

(TMI,10,P.88)


Le procureur britannique Maxwell-Fyfe à Nuremberg.L'Accusation reprochait
à des hommes d'avoir violé un traité,mais elle voulait les empêcher de discuter
la valeur de ce traité
(TMI,10,p.89)


- La partialité du Président.


L'avocat de R.Hess répondit une nouvelle fois au procureur général adjoint
britannique,ce qui entraîna l'échange suivant avec le Président:

Dr SEIDL:
Ce serait mal interpréter mes intentions que de supposer qu'en présentant
ce livre de documents je voulais démontrer que le Traité de Versailles
était ou non l'expression de la sagesse des nations.
Je ne n'occupe pas de cela ici.La présentation de ces documents vise à amener
la discussion sur les points suivants:

- Premièrement:la question de savoir si la partie adverse ne s'est pas,
dans les négociations préliminaires du Traité (et je fais ici allusion aux Quatorze
Points de Wilson) rendue coupable de violations des clauses du Traité,s'il n'y a
pas lieu de supposer ici l'existence,d'une culpa in contrahendo.

- Deuxièmement:la présentation des documents montrerait si la partie adverse
s'est conformée aux obligations découlant du Traité,de façon à établir
(c'est-à-dire à donner au Tribunal l'occasion d'établir) les conclusions juridiques
que l'Allemagne aurait pu tirer de cette attitude.

- Troisièmement:le Traité de Versailles et sa violation par les accusés constitue
le noyau du chef d'accusation n°1,à savoir:le complot dénoncé par le Ministère
public.Celui-ci,à une question que lui posait le Tribunal sur l'époque à laquelle
ce complot aurait commencé,a répondu qu'on pourrait fixer la date de 1921(...)
Je voulais dire,à propos de la date fixée par le Ministère public pour le commence-
ment du complot,que le Traité de Versailles a joué un rôle important dans toute
cette affaire:il y a au moins un lien accidentel entre l'origine de ce Traité et
le prétendu complot.
Avant de parler d'illégalité et de culpabilité,il faut établir les faits qui ont déterminé
le complot dénoncé par le Ministère public.

- Quatrièmement: le Ministère public a présenté une documentation volumineuse
sur le développement de la NSDAP.De nombreux livres de documents ont été
remis au Tribunal pour montrer l'accroissement du nombre de ses membres,
ainsi que de ses députés au Reichstag.Si donc on a considéré ces preuves comme
pertinentes,je prétens également que les circonstances et les événements qui
ont rendu possible cet essor du Parti doivent l'être aussi,ne serait-ce que pour
tenir compte du lien de causalité dont j'ai parlé.

LE PRESIDENT:
Vous prétendez que l'opinion d'un journaliste qui,après la conclusion
du Traité de Versailles,a déclaré qu'à son avis il y avait là une injustice pour
l'Allemagne,puisse constituer la base d'une interprétation du Traité ou puisse
fournir un moyen d'atteindre un des buts que se propose le Tribunal ?
(ibid.,pp.90-1).


La façon dont la question était tournée démontre la partialité du Président.
Car la Défense allait présenter non pas un document,mais tout un livre
de documents dans lequel on allait trouver de multiples opinions exprimées par
des personnages les plus divers,des simples journalistes aux hommes d'Etat,
en passant par des militaires,des économistes,des politiciens,etc.
D'où cette réponse très pertinente de l'avocat:

Dr SEIDL:

J'admets,Monsieur le Président,que l'opinion isolée d'un journaliste étranger
n'a pas en elle-même une valeur probatoire quelconque.
Mais je soutiens que l'opinion du secrétaire d'Etat (américain Robert) Lansing
sur l'origine du Traité de Versailles doit avoir,sur la part qu'il a prise à l'élaboration
de ce Traité,quelque force probante.
La valeur de son opinion ne peut pas encore être établie à cette phase du procès.
Cette question ne pourra être tranchée par le Tribunal que lorsque toutes les
preuves auront été présentées.De plus,je maintiens que l'opinion du Président
de la Commission des Affaires étrangères du Sénat des Etats-Unis a une valeur
probatoire de premier ordre en ce qui concerne le Traité de Versailles,son élabora-
tion et les effets qu'il a eus sur le complot auquel le Ministère public reproche
d'avoir été principalement dirigé contre le Traité.
Il en est de même pour la plupart des déclarations contenues dans ce livre
de documents.
Je voudrais attirer l'attention sur Gustave Cassel,John Maynard Keynes,
conseiller financier officiel du Gouvernement britannique,et sur un grand nombre
d'autres personnalités (ibid., p.91).

La pertinence de cette réponse fit reculer le Président qui n'insista pas.
Mais dans sa volonté de paralyser la Défense,il s'adressa ainsi à l'avocat:

LE PRESIDENT:
Vous prétendez que les dispositions du Traité de Versailles ou leur non-observation
par les puissances signataires justifiaient l'Allemagne à mener une guerre d'agression ?
(ib).

Cette question était naturellement un piège.Car l'avocat ne pouvait répondre
par "oui",ce qui aurait été considéré comme une approbation donnée à la
"guerre d'agression".
Mais s'il répondait par la négative,alors le Président n'avait plus qu'à lancer:
"Preuve que les débats sur le Traité de Versailles sont inutiles,car ce que
l'on reproche aux accusés,c'est uniquement d'avoir agressé d'autres pays."

Une nouvelle fois,donc,le Président révélait sa partialité:il ne voulait pas
permettre la moindre critique de la convention de paix signée à Versailles.
Evitant toutefois le piège,Me Seidl répondit:

Dr SEIDL:

Je ne puis répondre à cette question de façon définitive,tant que
je n'aurai pas eu connaissance des preuves concernant les autres accusés.
J'affirme cependant que la violation du Traité de Versailles par la partie adverse
aurait pu conférer aux accusés le droit de réarmer,et c'est ce réarmement qui
leur est reproché ici.
Je voudrais,en ce qui concerne le droit de mener une guerre d'agression,ne faire
de déclarations définitives que lorsque le Tribunal aura officiellement accepté
l'affidavit de l'ambassadeur Gaus.(id.).

.../....

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MessageSujet: Re: Rudolf Hess :La dernière tentative de paix auprès de l'Angleterre   Mar 4 Juin - 12:14

Loin de se tenir pour battu,le Président insista.
Mais il finit par se rendre ridicule,comme en témoigne cet échange:


LE PRESIDENT:
Je voudrais vous poser encore une question.
Pensez-vous que les Quatorze Points du Président Wilson suffisent
à interpréter les textes du Traité de Versailles ?



Dr SEIDL:
Je ne dis pas que les Quatorze Points de Wilson constituent
en eux-mêmes une preuve admissible.J'affirme,d'autre part,que le lien qui
existe entre ces Quatorze Points et le Traité de Versailles,et la contradiction
qui en résulte,sont directement à l'origine du complot dénoncé par le Ministère
public.


LE PRESIDENT:
Vous affirmez donc que le Traité de Versailles,dans la mesure
où il tirerait son origine des Quatorze Points,est un traité injuste ?
(id)

Cette dernière question était totalement inepte,car le Président prêtait
aux Allemands des pensées qu'ils n'avaient jamais eues,bien au contraire.
En 1918,l'Allemagne avait accepté de cesser le combat parce que les promesses
wilsoniennes l'avaient séduite.Elle espérait un traité fondé sur ces promesses.
De plus,ce que la Défense souhaitait démontrer,c'était uniquement la contradiction
qui avait existé entre les Quatorze Points énoncés début 1918 et le traité imposé
en juin 1919.
Voilà pourquoi,visiblement agacé par tant de mauvaise foi,l'avocat de R.Hess lâcha:

Dr SEIDL:
Monsieur le Président,je n'ai pas du tout l'intention d'argumenter
à l'aide de ce document sur la question de savoir si le Traité était juste ou non.
Cette question dépasse,à mon avis,le cadre de ces débats.J'affirme cependant
que le Traité,tout au moins dans de nombreuses dispositions,n'a pas donné
le résultat que les puissances victorieuses elles-mêmes en attendaient

(au regard des propositions wilsoniennes) (ibid.,pp.91-2).


- La Défense développe ses arguments.


La parole fut ensuite donnée à l'avocat de Hjalmar Schacht,Me Rudolf Dix.
Celui-ci revint sur la valeur à accorder aux opinions exprimées par des hommes
très divers qui,en leur temps,avaient critiqué le Traité de Versailles:

Dr DIX:
Puisque Sir David (Maxwell-Fyfe) a amené la discussion sur une question
si importante,et compte tenu du fait que la Défense doit toujours envisager
la possibilité de voir le Tribunal prendre dès maintenant une décision pour savoir
dans quelle mesure on acceptera les preuves qui font l'objet de ce litige,
je considère qu'il est de mon devoir de complèter les déclarations de mon confrère,
le Dr Seidl,avec lequel je suis entièrement d'accord.
Et je voudrais me reporter à la question très précise posée par Votre Honneur
et qui commence ainsi:"Considérez-vous comme pertinent...?"
Je pense (et je veux éviter toute répétition) qu'il y a un aspect très important
du problème de la pertinence qui n'a pas encore été envisagée,à savoir son aspect
subjectif.Il s'agit de la pertinence de la recherche des preuves et des faits se
rapportant à l'état subjectif d'un accusé pris séparément,c'est-à-dire des faits
pris en eux-mêmes.
Supposons par exemple qu'un accusé ait commis un acte qui,d'un point de vue
purement objectif,constituait une violation du Traité de Versailles,en considérant
le Droit pénal et en se plaçant d'un point de vue subjectif,il est très important
de savoir si dans l'opinion des hommes raisonnables,épris de justice et cultivés,
de toutes les nations,il a agi d'un point de vue qui ne lui était pas spécial,
mais qui était celui des hommes les plus sérieux de toutes les nations,y compris
celles qui combattirent contre l'Allemagne en 1914-1918.
Pour ne pas rester dans l'abstrait,je vais citer un exemple:
Un accusé soutient qu'il est justifié à réarmer,non dans un but d'agression
(je laisserai le point de côté).Il considère que ce réarmement est justifié,
soit parce que les clauses du Traité n'ont pas été observées par la partie adverse,
soit parce qu'en raison de certaines paroles ou de certains actes,ce Traité
est devenu caduc.A mon avis,il est tout à fait opportun de se demander si
le point de vue de cet accusé,qui peut expliquer son activité,n'est pas partagé
par des hommes qui peuvent être dignes de crédit,étant donné qu'ils sont
ressortissants d'autres nations,même de nations qui,en 1914-1918,se trouvaient
dans le camp adverse.
Je crois comprendre que le réarmement n'est pas dans l'opinion du Ministère
public un crime en lui-même,mais est simplement un argument dont il se sert
pour établir le crime d'avoir mené une guerre d'agression.
Si un accusé peut prouver qu'il a agi suivant une conception droite et sincère,
qui pouvait,comme je l'ai dit,être celle d'individus appartenant à d'autres nations,
et qu'il a agi consciencieusement tant à l'égard du Droit et de la morale interna-
tionale que des intérêts de son pays,ces documents contenant des opinions,
des articles littéraires,des discours épousant le point de vue de l'accusé
en question,sont non seulement pertinents,mais d'une importance décisive.
Si le Tribunal désire trancher maintenant la question de principe dont Sir David
vient de proposer la discussion ce qui,je l'avoue,est normal,il doit prendre
ce point de vue en considération.
De plus,je suis heureux de constater que je suis prêt à tomber d'accord avec
Sir David sur le côté pratique de la question.Je préférerais,en ce qui me concerne,
que cette décision soit reculée jusqu'à l'époque proposée par Sir David.
Je suis prêt à accepter les désavantages soulignés par le Dr Seidl qui comporterait
une telle décision,car elle entraînerait en revanche un avantage,à savoir:
que le Tribunal pourrait prendre une meilleure vue d'ensemble sur toutes
les questions embrouillées qui conditionnent sa décision.
Et je suis maintenant incapable de les traiter en connaissance de cause,
car je ne fais pas ici de résumé,mais j'aborde un aspect particulier de cette
question des preuves
(ibid.,pp.92-3).


(Hajalmar Schacht (1877-1970).
Son avocat à Nuremberg développa un argumentaire très pertinent
sur la nécessité de discuter du Traité de Versailles.En vain...
)


- Incompréhension et mauvaise foi.


La réponse du procureur général adjoint britannique fut un mélange d'incompré-
hension et de mauvaise foi.Prenant la parole,il commença par dire:


SIR DAVID MAXWELL-FYFE:
Plaise au Tribunal.Je voudrais d'abord répondre aux arguments avancés
par le Dr Dix.Je crois que sa première proposition se résume en ceci:
si un accusé a commis un acte constituant une violation du Traité et peut montrer
que dans l'opinion de certains hommes raisonnables,justes et cultivés,appartenant
à des nations qui étaient parties adverses au Traité,celui-ci était si imparfait
qu'on pouvait,avec raison,enfreindre ses clauses,sa responsabilité est dégagée.
Malgré tout le respect que je dois au Dr Dix,j'estime que cet argument est bien
faible et ne repose sur aucun principe du Droit et des usages internationaux.
Dès que l'on admet qu'il y a traité et qu'il y a infraction,et dans son exemple
le Dr Dix parlait bien de cela,il y a là un fait acquis,et ce n'est pas une réponse
que d'affirmer que de nombreuses personnalités ont,dans des pays signataires,
estimé que les termes de ce Traité étaient vicieux.
Le Traité est là,et la personne qui,sciemment,y fait une entorse,le viole,
quelle que soit la solidité des bases sur lesquelles il repose
(ibid.,pp.94-5).


J'interromps ici la citation pour souligner à quel point Sir David caricaturait
l'argumentation de l'avocat afin de prétendre la réfuter.Jamais Me Dix n'avait
voulu justifier le viol d'une convention existante.
Il souhaitait simplement que la Défense puisse apporter la démonstration qu'un
accusé avait pu vouloir,par la suite,mener des guerres d'agression.
Cette démonstration pouvait être apportée en citant d'autres personnes qui,
bien qu'ayant appartenu à des nations ennemies de l'Allemagne entre 1914
et 1918,avaient violemment critiqué ledit traité ou son application.
En lisant ces prises de position,l'accusé avait pu subjectivement être conforté
dans sa lutte contre Versailles,sans pour autant nourrir des desseins d'agression.
Cela dit,revenons à Sir David.Le procureur général adjoint développa ensuite
une argumentation assez hors de propos,démontrant,il l'avouera d'ailleurs lui-
même,qu'il n'avait finalement pas bien compris les déclarations de Me Dix:

SIR DAVID MAXWELL-FYFE:
Dans son second argument,le Dr Dix s'est lancé sur des terrains tout à fait différents.
Il a déclaré que la pertinence de ces documents apparaîtrait avec une force particulière
à propos de la question du réarmement,car elle ferait ressortir que le Tribunal
était considéré comme caduc.

(ibid.,p.95).


Cette allégation était totalement fausse.Me Dix avait clairement déclaré:

L'accusé considère que ce réarmement est justifié,soit parce que les clauses
du Traité n'ont pas été observées par la partie adverse,soit parce qu'en raison
de certains actes,ce Traité est devenu caduc.
A mon avis,il est tout à fait opportun de se demander si le point de vue
de cet accusé,qui peut expliquer son activité,n'est pas partagé par des hommes
qui peuvent être dignes de crédit,étant donné qu'ils sont ressortissants d'autres
nations,même de nations qui,en 1914-1918,se trouvaient dans le camp adverse.

(ibid.,p.92).


Dans l'esprit de l'avocat,donc,les documents à produire n'étaient pas destinés
à prouver la caducité du Traité de Versailles,mais à démontrer que l'opinion
d'un accusé ayant considéré cette caducité comme établie était soutenue
par d'autres personnes dignes de crédit.

Je passerai donc sur les déclarations sans objet de Sir David pour en venir
à un autre argument qu'il développa immédiatement après en ces termes:

SIR DAVID MAXWELL-FYFE:
Maintenant,que le Dr Dix me pardonne,car c'est sûrement de ma faute,
je n'ai pas très bien saisi ce qu'il a voulu dire par arguments subjectifs.
Mais dans la mesure où j'ai compris,la réponse me paraît être très à propos:
s'il cherche à suggérer que la culpabilité d'un accusé peut être considérée
comme moins grande,du fait que cet accusé a cru que le Traité était mauvais,
c'est essentiellement là une question que le Tribunal tranchera lorsqu'en
écoutant l'accusé il cherchera à comprendre et à estimer la valeur de son
point de vue.Il ne sert vraiment à rien de savoir si l'accusé Hess a agi dans
la croyance que le Traité de Versailles était mauvais ni de connaître quelles
étaient à ce sujet les opinions du rédacteur en chef de l'Observer,journal
anglais du dimanche,ou celles d'un numéro du Manchester Guardian,vieux de
vingt ans,pas plus qu'il n'est utile de se référer aux écrits des hommes d'Etat
distingués qui,malgré tout le respect qui leur est dû,ont commenté l'événement,
des années après son arrivée.
Le point de vue subjectif est,à mon avis,un point d'importance pour la décision
à prendre sur les preuves,mais il doit être présenté par l'accusé lui-même.

(ibid.,pp.95-6).


En clair,le procureur général adjoint britannique réclamait que les accusés
puissent exposer leur point de vue (de l'époque) sur le Traité de Versailles,
mais sans pouvoir l'appuyer en citant d'autres personnes qui,notamment
dans les pays hier ennemis,l'auraient partagé.
C'était profondément injuste,car même si la vérité ne dépend pas du nombre,
souligner que son opinion était partagée par beaucoup de personnalités
"honnêtes" très diverses,démontre qu'on pouvait l'adopter en toute bonne foi,
c'est-à-dire sans arrières pensées criminelles.


- L'argument capital de Me Horn.


Peu avant l'intervention de Sir David,l'avocat de Joachim von Ribbentrop,
Me Martin Horn,avait pris à son tour la parole,déclarant avec bon sens:


Dr HORN:

Il est hors de doute que le Ministère public fonde l'essentiel de son accusation
sur des violations du Traité de Versailles.
Il est,à mon sens,absolument nécessaire d'examiner,à propos de ces violations,
les faits qui permettent de mettre en doute la légalité de ce Traité.
Il est certain que ce Traité a été signé sous la contrainte.
Le Droit international reconnaît que de tels traités sont remplis de graves défauts
et les considèrent comme des infamies.
J'estime qu'on doit nous reconnaître le droit de présenter les faits qui tendent
à confirmer le bien-fondé de cette assertion et de ce point de vue juridique.
Une autre question qui,si j'ai bien compris,est celle soulevée par Sir David,
concerne la discussion des conséquences juridiques,politiques et économiques
de ce Traité.
Je ne désire pas commenter ce sujet plus longuement,mais je demande que
l'on donne suite à ma première requête:il faut prendre en considération les faits
à l'appui desquels on peut porter un jugement sur la valeur juridique du Traité
de Versailles.
(ibid.,p.94).


.../...


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MessageSujet: Re: Rudolf Hess :La dernière tentative de paix auprès de l'Angleterre   Mar 4 Juin - 12:22


- L'impudence éhontée de l'Accusation.


En guise de réponse,Sir David lança:

(SIR DAVID MAXWELL-FYFE)

Le Dr Horn a posé un problème très général,j'estime qu'il est tout à fait
hors de propos et dépasse le cadre de ce procès.
Il voudrait que le Tribunal décide si le Traité de Versailles a été signé sous
l'empire de la contrainte.Cela impliquerait bel et bien la reconsidération de la
question du Gouvernement de la République allemande,de la situation des
plénipotentiaires et de celle des personnes qui ont négocié le Traité.
La réponse est que le Tribunal s'occupe de certaines infractions bien caractéri-
sées qui furent commises à l'époque envisagée par l'acte d'accusation:
et toutes les preuves concernant le Gouvernement allemand de l'Allemagne
prénazie,autant d'ailleurs que le Gouvernement nazi lui-même,montrent que,
pendant des années,le Traité de Versailles fut accepté comme la base légale
et réelle de leurs travaux et que différentes méthodes furent adoptées pour
essayer d'y apporter des changements.
Je n'ai pas besoin d'entrer dans le détail du Traité de Locarno qui,signé en 1925,
confirmait celui de Versailles,lequel a d'ailleurs été pleinement reconnu par
le Gouvernement nazi lui-même.
Dans ces conditions,je pense qu'il serait hors de propos et contraire aux termes
du Statut que le Tribunal menât une enquête sur la question de savoir si
le Traité de Versailles a été signé sous l'empire de la contrainte.

(ibid.,p.96).

Le procureur général adjoint britannique faisait ici preuve d'une impudence
éhontée:certes,les différents gouvernements allemands avaient reconnu
les traités signés à partir de 1919.
Mais la politique étant l'art du possible,qu'auraient-ils pu faire d'autre ?
Totalement affaiblis et désarmés,ils étaient contraints d'agir ainsi par des
vainqueurs implacables !
Je rappelle toutefois que jamais Hitler n'a reconnu le Traité de Versailles.
Le 1er août 1923,dans un discours prononcé à Munich,il lança:

(...) le jour doit venir où un gouvernement allemand aura à rassembler
son courage pour dire aux pouvoirs étrangers:"Le Traité de Versailles est fondé
sur un mensonge monstrueux.Nous refusons d'en respecter plus longtemps
les termes(...)

(Consultable sur le site "Hitler Historical Museum" à l'adresse suivante:
http://www.hitler.org/speeches/
Voy.le discours du 1er août 1923).

Dans Mein Kampf,il parla d'un traité "imposé au peuple allemand"
avant de le qualifier d'"instrument d'oppression sans limite" et
d'instrument d'exactions sans mesure"
(Voy.A.Hitler,Mein Kampf (Nouvelles Editions Latines,conforme à l'édition
française de 1934),p.629.

Le lendemain de son arrivée au pouvoir,dans un discours prononcé à Berlin,
il déclara:

Au point de vue politique extérieur,le Gouvernement national-socialiste
considérera que sa plus haute mission est de sauvegarder les droits vitaux
de l'Allemagne et par conséquent,de reconquérir la liberté de notre peuple.

(Voy.le discours de Hitler du 1er février 1933,publié dans Une autre image...,
déjà cité,p.8

C'était une allusion transparente aux "chaînes de Versailles" dont il fallait
se débarrasser afin de recouvrer la liberté.
Le 21 mars suivant à Posdam,le Führer évoqua l'article 231 du Traité de Versailles
en disant:

(...) ni l'Empereur (Guillaume II) ni le Gouvernement (allemand) n'ont voulu
cette guerre.C'est seulement la décomposition de la nation et sa débâcle
générale qui ont forcé une génération faible à subir,à l'encontre de ce qu'elle
savait pertinemment et à l'encontre de sa conviction la plus profonde et
la plus respectable,l'affirmation de sa responsabilité dans la guerre.(Ibid
.,p.12).

Deux jours plus tard,devant le Reichstag,il revint sur le sujet et ajouta:

En violation des assurances qui nous avaient été données par les quatorze
points de Wilson,commença pour l'Allemagne,c'est-à-dire pour la partie
laborieuse du peuple allemand,une période de malheurs sans bornes.(Ibid
.,p.16).

J'ajoute enfin que dans Mein Kampf,il avait affirmé qu'en occupant la Rhur,
"la France avait,de la façon la plus éclatante,violé le Traité de Versailles"
(Voy.A.Hitler,Mein Kampf,déjà cité,p.675).

Dès lors,seule l'impudence la plus éhontée pouvait faire prétendre que
les nationaux-socialistes auraient une seule seconde reconnu une quelconque
légitimité à cette convention de paix.
Bien au contraire,ils avaient toujours déclaré qu'imposé par la contrainte,
mensonger et violé par les vainqueurs eux-mêmes,le traité signé le 28 juin 1919
n'avait aucune valeur.


- Le procureur perd pieds....


Sir David se lança ensuite dans un discours qui devint rapidement assez
embrouillé,il fut alors interrompu par un membre du Tribunal visiblement
soucieux de recentrer les débats.On lit:

(Sir DAVID MAXWELL-FYFE)

D'après ce que j'ai compris,le Dr Horn ne s'intéressait pas tellement à la pertinence
des clauses économiques,mais je me permets de rappeler au Tribunal qu'il a
devant lui un certain nombre d'opinions exprimées par différents individus,
assumant alors des responsabilités diverses.
Et tout en restant solidement sur la position que j'ai adoptée à l'égard
du Traité,et que je me suis efforcé d'expliquer,j'insiste également sur mon second
argument:accepter comme preuve des déclarations qui ont été faites du seul
point de vue de la polémique,soit en réponse à une attaque,soit comme une
attaque dirigée contre la politique d'un Etat intéressé,c'est se méprendre sur
le sens du terme "preuve".Il ne s'agit pas ici de toutes sortes de preuves et
de même,non pas "de même" car le premier point a une grosse importance,
je le rappelle au Tribunal,mais je suggère aussi que la présentation de telles
preuves suppose une mauvaise interprétation du terme "preuve".
Ce sont des arguments de droit qu'un avocat peut utiliser,mais qui,en raison
de leur caractère,ne peuvent être acceptées par le Tribunal.


M.FRANCIS BIDDLE (juge américain)

Sir David,y a-t-il une disposition du Traité de Versailles qui prévoit le désarmement
de puissances signataires autres que l'Allemagne ?
Si oui,veuillez nous en donner connaissance.


SIR DAVID MAXWELL-FYFE:

Oui,c'est le préambule aux clauses militaires,auquel on se réfère habituellement.
Ce sont les quatre lignes qui précédent les clauses militaires et qui,
en termes très généraux,stipulent un désarmement général après que l'Allemagne
aura procédé au sien propre,l'idée générale était l'acceptation du désarmement.
J'ai les dates présentes à l'esprit.La question de savoir si,eu égard aux preuves
présentées,celui-ci aurait été accepté importe peu.Il l'a été en 1927.
Vous vous souvenez que,par la suite,de nombreuses conférences du désarme-
ment eurent pour mission d'examiner ce problème et que l'Allemagne quitta
celle dont les travaux étaient en cours en 1933.
J'essaie actuellement de faire preuve d'objectivité,je ne veux pas avancer
le point de vue du Ministère public ni celui de la Défense:
j'expose seulement les faits.



M.BIDDLE:

Je ne comprends pas le sens que vous donnez au mot "accepté".
Vous voulez parler de la mesure dans laquelle l'Allemagne a accepté
le désarmement proposé ?



SIR DAVID MAXWELL-FYFE:

Oui,et réciproquement.La réponse de l'Allemagne aux demandes qui lui avaient
été faites à Versailles a été acceptée en 1927 par les Alliés,et la Commission
du désarmement,qui se trouvait en Allemagne,sous la présidence du général
français Denoue,quitta alors ce pays.



M.BIDDLE:J
e comprends donc que vous prétendez qu'aucun de ces documents
n'a de rapport avec les faits qui nous occupent ?



SIR DAVID MAXWELL-FYFE:Non,non.


M.BIDDLE:C'est la question que nous traitons.


SIR DAVID MAXWELL-FYFE:J

e veux dire que nous traiterons cette question en son temps.
Je pensais,d'après certaines paroles prononcées par le Dr Stahmer,
que ces faits constitueraient l'un des points qui doivent être traités
dans la discussion juridique générale....



Dr SEIDL:

Je crois que Sir David est victime d'une légère erreur.
Dans le livre 3 du livre de documents de l'accusé Hess,il y a également nombre
de citations d'hommes d'Etat étrangers qui concernent ces clauses militaires
du Traité de Versailles et déclarent que l'Allemagne avait rempli les obligations
qui découlaient de ce Traité,mais que cette exécution avait été unilatérale.



SIR DAVID MAXWELL-FYFE:

Je regrette,mais je ne m'en souviens pas.
J'ai lu ce livre et il se peut que ce point ait été traité accessoirement,
mais je ne croyais pas faire une injustice au Dr Seidl qui a rassemblé
ce matériel de preuve en déclarant que s'il existe,il n'en est pas moins accessoire.
Ce qui importe,c'est la violation politique et économique des clauses de ce Traité.
Je crois que je lui ai rendu justice.C'est certainement mon intention.
C'est l'impression que j'ai eue.
(TMI,X,96-8/

- FIN - study scratch

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MessageSujet: Re: Rudolf Hess :La dernière tentative de paix auprès de l'Angleterre   Mer 5 Juin - 8:41


Document à décharge pour Rudolf Hess occulté.








Le 7 juillet 1945,à la demande des autorités de Nuremberg,une femme d'origine allemande,
Kate Eva Schmi-Hoerlin,rédigea un témoignage.
Onze ans auparavant,lors de la fameuse "nuit des longs couteaux",son époux,
Willi Schmid,qui travaillait pour le Muenchner Neueste Nachrichten
en qualité de critique misical,avait été assassiné par erreur.Enregistré
sous la cote "L-135",ce témoignage devait servir à l'Accusation afin de démontrer
le caractère criminel du régime national-socialisme.
Mais il ne fut pas utilisé lors des débats.Pourquoi ? La raison est simple:

- dans cette déclaration, Kate Eva explique objectivement ce qui lui est arrivé
et comment elle a souhaité sauvegarder l'honneur de son mari en cherchant la vérité
sur son assassinat.
Elle révèle les différentes réactions auxquelles elle a été confrontée:

- celle de Heinrich Himmler,froide et menaçante,

- celle de Fritz Wiedemann,compatissante,

- et surtout celle de Rudolf Hess,chaleureuse et généreuse.

Grâce à lui,Kate Eva obtient la lumière sur la mort de son mari ainsi qu'une pension
équivalente au salaire qu'il gagnait au Muenchner Neueste Nachrichten.

On comprend donc pourquoi l'Accusation garda ce document dans ses dossiers,
le cachant soigneusement à la presse et à la Défense.
Nous le publions aujourd'hui parce qu'il complète l'étude de V.Reynouard
sur Rudof Hess.

En recherchant autour du document L-135,nous nous retrouvons aux Etats-Unis
où une femme,Bettina Hoerlin,issue du remariage de Kate Eva avec Hermann Hoerlin,
retrace l'histoire de ses parents dans son livre Steps of Courage :
My Parents' Journey from Nazi Germany to America

(les pas du courage: le voyage de mes parents depuis l'Allemagne nazie
jusqu'en Amérique).
A leur mort,Bettina retrouva dans une valise les 500 lettres qu'ils avaient échangées
entre 1934 et 1938.
Cette découverte lui inspira un livre qui mêle leur histoire d'amour passionnée
et les événements tourmentés de cette période.Bettina Hoerlin raconte la fuite
de sa mère en Autriche avec ses trois enfants,Duscha,Thomas et Heidi,son aventure
avec Hermann Hoerlin,brillant alpiniste et physicien allemand,sa peur pour sa vie
à cause de ses origines juives.
En juillet 1938,pourtant,Kate Eva put tranquillement se marier avec Hermann Hoerlin.
Peu après,ils émigrèrent aux Etats-Unis.Kate Eva donna alors naissance à Bettina,
où cette dernière pu s'épanouir auprès de ses frères et soeurs.
Avant de partir,Kate Eva avait fait la connaissance du baron Georg von Trapp,
de sa femme Maria Augusta et de leurs neuf enfants.L'amour de la musique
et la haine de Hitler les avaient rapprochés.
Eux aussi cherchaient à émigrer aux Etats-Unis;ils le firent peu après les Hoerlin.
Une fois en Amérique,en 1939,la famille von Trapp sillona le continent en donnant
des concerts,jusqu'en 1947 où elle décida de fonder
le "camp de musique de la famille Trapp".
Elle connut un grand succès et,un beau jour,rejoignit Kate Eva Hoerlin.
Les retrouvailles furent chaleureuses.
Tout le monde connaît La Mélodie du Bonheur...
Mais sait-on que ce film musical de Robert Wise, sorti en 1965,est en fait une adaptation
de la comédie musicale homonyme de Richard Rogers qui avait été jouée à Broadway
en 1959,et qu'elle-même avait été une adaptation du livre autobiographique de Maria
Augusta von Trapp écrit en 1949 ?
Et surtout,sait-on la générosité dont fit preuve Rudof Hess à l'égard de cette femme
et de ses trois enfants ?
C'est pour réparer ces oublis que,aujourd'hui,nous publions le document L-135
pour la première fois traduit en français.

---------------------------------------------------------------------------------


Maria Augusta von Trapp.



La Mélodie du Bonheur est l'une des plus grandes comédies musicales
de tous les temps.
L'histoire de Maria,du capitaine et de leurs enfants fait aujourd'hui partie de l'imaginaire
collectif de milliers de familles.
Cette comédie musicale s'inspire de l'autobiographie de Maria Augusta von Trapp,
publiée en 1949.


Maria Augusta Kutschera est née le 26 janvier 1905 dans un train voyageant
en direction de Vienne.
Elevée dans une idéologie socialiste et non croyante,la rencontre,au collège,
d'un prêtre jésuite bouleverse ses certitudes.
Après être entrée au couvent,elle est envoyée chez le capitaine Georg von Trapp,
veuf et père de 9 enfants,dont l'une des filles,atteinte d'un rhumatisme articulaire aigu,
nécessite une assistance.
Le 26 navembre 1927,elle se marie avec le capitaine et devient ainsi la belle-mère
de ces 9 enfants.
Peu après l'Anschluss,la famille von Trapp choisit de quitter Salzburg pour échapper
au régime hitlérien.
Maria,enceinte du dixième enfant du capitaine,Johannes,suit la famille jusqu'en Italie,
dans son périple à travers les Alpes autrichiennes.
Elle écrit:
"Du jour au lendemain,nous étions devenus pauvres,nous étions devenues des réfugiés.
Un réfugié n'a pas de pays,ni de droits,il est déraciné.Parfois,il se sent comme un colis
qu'on envoie d'un endroit à l'autre."


Son histoire a été racontée dans une comédie musicale jouée à Broadway en 1959 et qui,
par la suite,connut un succès mondial.
Le film The Sound of Music (La Mélodie du Bonheur),s'en inspire.
Sorti en 1965,il a comme vedettes:Julie Andrews et Christopher Plummer.
Aux Etats-Unis,leur nouvelle terre d'accueil,la famille Trapp vit de son art en parcourant
le pays et en donnant des représentations.
En 1939,ils achètent une demeure à Stowe (Etat du Vermont) avec 242 hectares
de terrain.
Pendant quinze ans,ils continueront à parcourir le pays.
Ils fondent le "Camp de musique de la famille Trapp" en 1947,devenu ensuite
la "Trapp Family Lodge".
Après les voyages avec les Trapp Family Singers (les chanteurs de la famille Trapp),
Maria et trois de ses enfants,Maria, Rosemarie et Johannes,s'engagent dans
le Pacifique Sud comme missionnaires.
Ils se rendent en Nouvelle-Guinée et parcourent les îles voisines.
En 1972,Maria regagne la demeure familiale de la famille Trapp au Vermont.
Au crépuscule de sa vie,elle commence la rédaction de ses mémoires qu'elle publie
en 1972.
Jusqu'à la fin de ses jours,elle s'occupa de l'entreprise familiale.
Maria von Trapp est décédée en 1987.Johannès,le plus jeune de ses fils,
gère aujourd'hui la "Trapp Family Lodge".(cliquez ci-dessous):


http://www.tvtrip.fr/stowe-hotels/trapp-family-lodge?sempgn=trapp-family-lodge&gclid=CK_Tr9PXybYCFU3KtAod7DoAaA



Wiki:

http://fr.wikipedia.org/wiki/Maria_Augusta_Trapp




..../.....

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MessageSujet: Re: Rudolf Hess :La dernière tentative de paix auprès de l'Angleterre   Mer 5 Juin - 8:44

----------------------------------------------------------------------------------------------

Déposition de Kate Hoerlin.

Etat de New-York
Comté de Broome
Ville de Binghamton.


Kate Eva,dûment assermentée,dépose et dit:
Kate Eva déclare sous serment:


" Le samedi 30 juin 1934,j'habitais avec mon ancien marie le Dr Willi Schmid
et mes trois enfants Renate (Duscha),âgée de neuf ans,Thomas,âgé de sept ans,
et Heidi,âgée de deux ans,dans un appartement situé au troisième étage
au 3 Schackstrasse,Munich,Allemagne.
En ce temps-là,mon mari,Willi Schmid,était critique musical pour
le Muenchner Neueste Nachrichten, le journal le plus important de Munich.
A 19h 20 le soir du 30 juin,alors que mon mari était dans son bureau en train de jouer
du violoncelle,pendant que j'étais en train de préparer le dîner et que les enfants
jouaient entre la salle à manger et la cuisine,on sonna à la porte.
Mon employée,Anna Bielmeier,alla répondre.
Elle alla chercher mon mari et lui dit qu'il y avait un homme qui voulait discuter
avec lui à propos d'un travail.
Je demandai à mon mari pourquoi quelqu'un viendrait à cette heure un samedi soir,
mais il dit qu'il le verrait de toute façon.Je suivis mon mari jusqu'à la porte et vis
un homme qui se tenait là,habillé en civil.
Au moment où mon mari atteignait la porte,l'homme en civil entra à l'intérieur,
et quatre hommes en uniforme SS,armés,apparurent sur le côté de l'entrée
et continuèrent leur chemin dans notre appartement jusque dans le bureau
de mon mari.Je les suivis.
Mon mari leur demanda ce qu'ils voulaient.
Ils répondirent simplement :"Viens avec nous tout de suite."
Mon mari leur demanda ensuite s'ils avaient un mandat ou une pièce d'identité,
et ils répondirent qu'ils n'en avaient pas besoin.
Je leur dis qu'il devait y avoir une erreur,et que j'allai chercher les papiers de mon mari
qui étaient dans un tiroir de son bureau.
Je me tournai alors pour me rendre jusqu'au bureau qui était de l'autre côté de la pièce
quand mon mari me cria : "Ne bouge pas,ils te tueront"
Je stoppai là où j'étais et regardai les quatre SS avec leurs armes pointées sur moi.
Ensuite,ils attrapèrent mon mari et le poussèrent hors du bureau.
Quand ils atteignirent l'entrée,mon mari demanda s'il pouvait prendre son chapeau
qui était accroché là.
Je demandai aux SS si je pouvais venir,mais ils ne me répondirent pas.
Je les suivis jusqu'en bas des marches et dehors dans la rue où une voiture attendait.
J'étais naturellement dans un état d'inquiètude avancé à ce moment,et quand
ils le forcèrent à entrer dans la voiture,il dit :
" Sois calme,chérie,il ne peut s'agir que d'une erreur."
Ce sont les derniers mots qu'il me dit et je me souviens très clairement d'eux.
La pensée me vint de relever le numéro de la plaque d'immatriculation de la voiture.
Ce que je fis et écrivis immédiatement après avoir regagné mon appartement.
Je téléphonai aussitôt au Dr Arthur Huebscher,l'un des rédacteurs du journal de mon mari,
et lui racontai ce qui venait d'arriver.Il vint immédiatement.
Durant cette nuit,je passai d'innombrables coup de téléphone,appelant quiconque
dont je pensai pouvoir obtenir de l'aide.
J'ai appelé la police,qui m'a simplement dit qu'ils ne savaient rien,et qu'il n'y avait
rien qu'ils pourraient faire pour moi.
J'appelai aussi le quartier général de la Gestapo à différents moments de la nuit,
et ils me répondirent simplement qu'ils ne savaient rien de cela.
Le lundi,des employés du Muenchner Neueste Nachrichten contactèrent Karl Haniel
à Dusseldorf,membre du Conseil d'Administration au journal de mon mari,figure très
en vue dans l'industrie allemande de portefeuille,occupant entre autres la place
de président du Conseil d'Administration du "Gutehoffnungshuette",
la grande usine allemande d'acier.
Il vint à Munich aux environs du 3 juillet.
Il contacta la Gestapo immédiatement,et,grâce à son influence,réussit à obtenir
pour moi l'information que mon mari était mort.
On lui dit que mon mari avait été exécuté à Dachau "par accident".
On lui dit que le corps serait délivré en tant que "corps d'une personne innocente"
et on l'informa sur la façon dont il pourrait l'obtenir.
Le 4 juillet,Karl Haniel,son cousin Kurt Haniel ainsi que le Capitaine Schenck
et un autre homme du Muenchner Neueste Nachrichten vinrent comme prévu
à Dachau et prirent le corps dans un passage souterrain juste à l'extérieur du camp.
Il était dans un cercueil de bois brut qui était fermement scellée avec écrit
à la craie bleue sur le dessus:
"Dr Willi Schmid".Il a été donné à Karl Haniel et aux autres par des membres
de la Gestapo qui,d'une manière qui ne laisse aucun doute quant aux conséquences
d'une désobéissance,ordonna qu'en aucun cas on ouvrit le cercueil.
Les funérailles furent préparées pour le 6 juillet.
Je voulais faire publier l'avis de décès dans le journal de mon mari,mais l'employé
que je contactai au journal m'informa qu'ils avaient reçu des instructions de la Gestapo
qu'aucun avis de décès ne pourrait être publié sans l'approbation préalable
de cette dernière.
J'appelai donc la Gestapo afin de lui demander l'autorisation de publier l'avis de décès.
Ils me dirent que je pourrais le faire publier à condition que je dise que la mort
avait été accidentelle,également que je ne fasse mention ni de la date de la mort,
ni celle des funérailles,car une telle évocation pourrait troubler l'ordre public.
Je leur répondis que je ne ferai pas publier un mensonge et raccrochai.
Le journal publia l'avis de décès conformément aux restrictions de la Gestapo
sans mon consentement.
La Gestapo m'informa également que toute musique prévue aux funérailles,
comme tout discours envisagé en l'honneur du Dr Schmid,devrait dans un premier
lieu être passé au crible de la censure.
Mon beau-frère,Walter Schmid,m'obtint ce qui était supposé être un certificat
de décès officiel.
Cependant,le certificat qu'il me donna stipulait que mon mari avait trouvé la mort
à Dachau à 18 h le 30 juin 1934.
Je demandai à mon beau-frère de chercher à obtenir un véritable certificat de décès,
car mon mari n'avait même pas encore été arrêté à l'heure indiquée sur le certificat
qu'on m'avait donné.
En compagnie de mon autre beau-frère,Franz Ringler,Walter se rendit à la ville
de Dachau où il contacta le conseiller d'Etat Kellner à qui il demanda d'expliquer
l'erreur évidente du certificat qu'il avait reçu.Kellner informa mes beaux-frères
que le certificat avait été réalisé en conformité avec les instructions verbales données
par le Obersekretear Mutzenbauer,un employé du camp de concentration de Dachau.
Cet individu devrait détenir des informations concrètes concernant le meurtre de mon mari.
Quand mon mari a été emmené il avait en sa possession une montre en or qui était
un héritage de famille.Il portait aussi quelque argent ainsi que d'autres effets personnels.
Plusieurs fois j'ai demandé à la Gestapo de me rendre cette montre,parce que j'y étais attachée sentimentalement,et on m'a souvent assuré qu'elle me serait restituée.
Mais ni la montre,ni rien des effets personnels de mon mari lorsqu'on l'a enlevé
ne m'ont jamais été remis.
Le 7 juillet,un employé de la Gestapo,le conseiller d'Etat Brunner,vint à mon domicile.
Il venait exprimer sa peine pour ce "regrettable accident".
Parmi de nombreuses autres questions,je lui demandai la raison de l'arrestation
de mon mari.
Il refusa de répondre à aucune des questions que je lui posai.

Durant les semaines qui suivirent,la Gestapo tenta de me corrompe par deux fois;
des messages étaient envoyés chez moi.
Ils n'affirmèrent jamais que l'argent était offert et ne voulurent ni reçu,ni aucun
autre autre accusé de réception pour cela.Je refusai à chaque fois.
La première fois,le messager emporta l'argent avec lui,mais la seconde fois il insista
pour me le laisser.
Je l'emmenai au Braunehaus,le quartier général de la NSDAP à Munich,où je racontai
à un employé ce qui venait de se passer et que j'avais refusé d'accepter l'argent.
Un capitaine,Fritz Wiedemann,membre du personnel de Rudolf Hess,
entendit la conversation et m'offrit son aide.
Il me dit qu'il pouvait laisser l'argent là et qu'il ferait tout son possible pour obtenir
une pension pour moi.
Il dit également qu'il essaierait de m'obtenir une déclaration stipulant que mon mari
était entièrement innocent.
Peu après je reçus un coup de téléphone:la voix au bout du fil m'annonça que
Heinrich Himmler désirait me parler.Une voix très arrogante vint ensuite pour me dire
qu'il vaudrait mieux pour moi que j'accepte l'argent qu'on m'avait proposé
et de me calmer pour le reste.Je réitérai mon refus et raccrochai.
Je contactai immédiatement le capitaine Wiedemann et lui expliquai le coup de fil
de Himmler.
Peu après,le 31 juillet,Rudolf Hess vint personnellement me rendre visite,
accompagné d'un adjudant.
Il m'annonça qu'il était venu pour exprimer toute sa compassion et assura
que les coupables seraient punis.
Je lui répondis de ne pas punir les jeunes hommes qui avaient emmené mon mari,
mais les véritables coupables,les responsables de cet acte.
Il me dit que je devrais penser à la mort de mon mari comme celle d'un marthyr
mort pour une grande cause.
Il me promit qu'il s'intéresserait personnellement à ce cas.
Une lettre de lui suivit sa visite,datée du 24 septembre 1934,dans laquelle il parlait
de sa visite chez moi et où il affirmait que l'assassinat de mon mari était en aucun cas
en rapport avec le complot de Röhm ou avec une culpabilité quelconque.
Une copie de cette lettre,attestée par un notaire munichois,le Dr Kleinmann,est jointe
à ma déclaration.
Mes deux beaux-frères ont également vu l'original de cette lettre,et leurs noms
et adresses sont inscrits en dessous.
Sur la requête de Rudolf Hess,le parti nazi me paya une pension mensuelle
de 1 000 marks,ce qui était l'équivalent approximatif du salaire de mon mari
avant sa mort
.

Ne voulant rien recevoir des Nazis et ressentant que le parti,qui à cette époque
était encore séparé du gouvernement allemand,ne pourrait me procurer à mes enfants
et à moi aucune véritable sécurité,je me débrouillai pour obtenir cette même pension
du gouvernement allemand.
Au terme de presque un an de négociations,plus six ou sept voyages à Berlin,
j'obtins finalement du Ministère des Affaires intérieures du Reich l'accord pour
cette pension.
Une copie photostatique de cet accord est jointe à la présente déclaration.
Je possède l'original et ne souhaite pas m'en séparer car cet accord du Reich,
et non du parti nazi,oblige encore l'Etat allemand à s'occuper de l'éducation
de mes enfants.

En toute justice,je dois déclarer que le capitaine Wiedemann,ancien membre
très influent de la NSDAP,a vraiment été compatissant envers moi,et je dois
beaucoup plus à lui qu'à quiconque pour sa protection contre la Gestapo.
Mon ancien mari,Willi Schmid,n'a jamais eu aucune affiliation politique,
et ne s'est jamais engagé dans des activités politiques.
En revanche,il était fermement antinazi et ceci était connu du directeur général
du Muenchner Neueste Nachrichten , le SS Gruppenfuehrer Hausleiter,
qui depuis 1933 contrôlait l'orientation politique du journal.
S'il est disponible, Hausleiter devrait être questionné sur sa connaissance
des circonstances qui ont résulté du meurtre de mon mari.Le jour même où mon mari
fut assassiné, un important chef SA nommé Willi Schmidt fut également assassiné.
Beaucoup pensèrent que le meutre de mon mari résulta de la similitude entre
les deux noms, mais ce fait n'a jamais été établi ou admis.


" Sur la requête de Rudolf Hess,le parti nazi me paya
une pension mensuelle de 1 000 marks."



Mes deux beaux-frères à qui je fais référence plus haut connaissent bien
les circonstances qui ont suivi le meurtre de mon mari.Leurs dernières adresses
connues sont:

Walter Schmid,Riesserkop Strasse 17,Garmisch-Partenkirchen,Bavaria.

Franz Ringler,Dreitorspitze Strasse 24, Garmisch-Partenkirchen,Bavaria.

Je quittai l'Allemagne en 1937 avec mes enfants et m'installait en Autriche.

Je me mariai alors en juillet 1938 avec mon actuel mari, Hermann William Hoerlin,
et nous partîmes pour les Etats-Unis peu après.Nous devînmes citoyens américains
en 1944.
Notre adresse actuelle est 35 Vermont Avenue,Binghamton,New-York.
Même si je me suis référée à la police secrète allemande en utilisant
dans cette déposition le terme "Gestapo",je dois cependant dire qu'au temps
du meurtre de mon mari, on les appelait en fait "police politique"."

Le 7 juillet 1945.

(signé) Eva Hoerlin.


ETAT DE NEW YORK
COMTE DE BROOME

Personnellement,et devant moi ce 7 juillet 1945,comparut Kate Eva Hoerlin
que je connus personnellement ces sept dernières années comme étant
Kate Eva Hoerlin,et qui,sous serment,a juré que la déclaration ci-dessus
était intégralement vraie et correcte.

(signé) Charles W.Turner,notaire.


SUPPLEMENT A LA DECLARATION DE KATE EVA HOERLIN

ETAT DE NEW YORK
COUNTY OF BROOME

Kate Eva Hoerlin déclare sous serment:

" Dans la déposition que j'ai signée sous serment le 7 juillet 1945,et qui relatait
les circonstances liées au décès de mon ancien mari,le Dr Willi Schmid,
j'ai oublié de déclarer qu'après avoir écrit le numéro de la plaque d'immatriculation
de la voiture dans laquelle mon mari était emmené par les SS, le propriétaire
de cette voiture appartenait au Baron Rechlerg qui,je le crois,était étudiant à Munich
et membre de la SS à l'époque.
Il est possible que cet individu puisse avoir connaissance des circonstances
du meurtre de mon mari.
La plaque d'immatriculation de la voiture contenait les lettres IIIA,ce qui signifiait
qu'elle avait été enregistrée à Stuttgart.

(signé) Kate Eva Hoerlin

A juré devant moi ce 9 juillet 1945.

(signé) Charles W.Turner,notaire.

-----------------------------------------------------------------------------------------------


Source:Sans Concession, n°75 -Mai/juin 2012, pp.102-106.

_________________
 

L'autre Histoire :
"qui n'entend qu'un son, n'entend qu'une cloche."

http://sansconcessiontv.org/

http://robertfaurisson.blogspot.it/2014/12/une-grande-dame-allemande-ouvre-la.html
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Rudolf Hess :La dernière tentative de paix auprès de l'Angleterre

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