L' Agora

Forum politique de libre expression & historique sans tabou.
 
AccueilFAQRechercherS'enregistrerConnexion

Bienvenue sur le forum de L'AGORA, ici, le livre de notre Histoire a toutes ses pages....

(Noël 1941​)

Exemple de quelques pages d'Histoire "occultées" dans nos livres d'Histoire.... JO 1936 à Berlin : (Au dernier moment, toutefois, le comité américain, qui craignait les équipes hollandaise et allemande, revint sur sa décision. J. Owens et R. Metcalfe furent choisis aux dépens des deux athlètes… juifs. (S. Stoller et M. Glickman)(voir photo suivante) Le Bétar en uniforme avec son drapeau à Berlin: "En Histoire, la croûte, c’est le mensonge en lui-même, le pus, c’est l’occultation qui l’accompagne. N’hésitons pas à inciser et à tout purifier …"


Le saviez-vous ? Shocked

" Les Juifs déclarent la guerre aux Allemands en 1933."

"La Judée déclare la guerre à l'Allemagne"
Discours d'Adolf Hitler contre le Nouvel Ordre Mondial.

Le saviez-vous ? Shocked
Qu'est-ce que le fascisme ? scratch - Petite leçon rapide sur le fascisme.
« Quatre années d’Allemagne d’Hitler vues par un étranger » de Cesare Santoro. study

Affiche de propagande NS: (" On y voit une série d'animaux saluer Goëring.En haut à droite: un signe disant " Vivisection interdite" ( vivisection verboten ). (" Les animaux de laboratoires saluant Hermann Göring" )

Ces Nazis Noirs qui soutenaient Hitler. scratch
La liberté d'expression au "pays des Droits de l'Homme", c'est ça.... />
...hélas, d'autres "démocraties" embastillent ses citoyens pour délit d'opinion,voyez cette vidéo >
C'est un proverbe populaire utilisé par Shakespeare: "Henry IV", Première Partie, Acte III, scène 1, page 640 édition La Pléiade, traduction de Victor Hugo: << Dites la vérité, et vous humilierez le diable. >>
Ursula Haverbeck explique pourquoi l'Holocauste est le plus grand et le plus persistant mensonge de l'Histoire.
Ursula Haverbeck, 87 ans, est condamnée à dix mois de prison ferme !
Ursula Haverbeck, surnommée en Allemagne la « mamie nazie », a soutenu lors de son procès que « le camp d’Auschwitz n’a pas été un lieu d’extermination».
L'interview Vérité de Robert Faurisson à Méta Tour.
Démocratie dictatoriale : Wolfgang Fröhlich, en prison depuis 10 ans pour délit d’opinion. scratch
Udo Voigt (NPD): Violations des droits de l'homme en Europe : Dieudonné, Fröhlich, Haverbeck.

"Qui ne gueule pas la vérité, quand il sait la vérité, se fait complice des menteurs et des faussaires"​ (Charles Péguy)

« Débattre avec quelqu'un,c'est prendre le risque de changer d'avis » (Raymond Aron)

"L'Histoire est du vrai qui se déforme,et la légende du faux qui s'incarne" (Jean Cocteau)

DEVOIR DE MEMOIRE = DRESDE, les 13, 14 et 15 FEVRIER 1945.

" Dresde : Crime contre l'humanité,impuni à ce jour...."

"Souvenons-nous: Dresde 13,14,15 février 1945"

(Sur les raids aériens, lire « L’Incendie » de Jörg Friedrich aux éditions de Fallois. 2004 study ).

HELLSTORM - Tempête Infernale:ce film racontel'histoire que les vainqueurs,encore à ce jour, ne veulent pas que vous sachiez...
6 août 1945 : "Barbarie démocratique : Hiroshima " study

« Il y a quelque chose de pire que d'avoir une mauvaise pensée. C'est d'avoir une pensée toute faite. » (Charles Péguy)

"Qui n'entend qu'un son, n'entend qu'une cloche, écoutons les deux sons de cloche..."

Claude Sarraute: "notre shoa ont l'a vendu au monde entier".
Ayatollah Khamenei - "Les temps sombres sont devant nous "...
Un rabbin anti-sioniste : « la shoah a été créée par des sionistes. »

" Le professeur Faurisson a eu ​85 ans ​le 25 janvier​ 2014. Voici la vidéo qu'a composée pour lui un de nos correspondants allemands, que nous félicitons également "

" 1990, 45 ans après Nuremberg,les Sovietiques reconnaissent l'assassinat des officiers polonais dans la forêt de Katyn...."

" Il n'y a que les imbéciles qui ne changent pas d'avis...."

L'avis de nos présidents de la république :

Nagasaki et Oradour: où est la vraie barbarie ?
SLU9AQIH6UU
Jean Jaurès : « Le courage, c’est de chercher la Vérité et de la dire ».
Les Derniers Jours du Grand Mensonge... Shocked Aucun Juif gazé - 'I'm With You'... scratch
Un valeureux guerrier pour la Vérité !! cheers

Partagez | 
 

 Le torpillage de l'ultime tentative de médiation.

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage

Spartacus

Kouros
Messages : 2077
Date d'inscription : 13/03/2010
Age : 51
Localisation : Les arènes

MessageSujet: Le torpillage de l'ultime tentative de médiation.   Mar 5 Fév - 22:11



SEPTEMBRE 1939 :


LE TORPILLAGE DE L'ULTIME TENTATIVE DE MÉDIATION.



Comment l'Angleterre parvint à mondialiser le conflit


Le 1er septembre 1939, à l'aube, les troupes allemandes pénétrèrent
sur le territoire polonais.
L’histoire officielle prétend qu’à cette date, la guerre mondiale
était devenue inévitable par la faute d’un Hitler mégalomane qui voulait non
seulement sa revanche sur 1918, mais aussi asservir l’Europe.
Le IIIe Reich n’avait-il pas déjà annexé l’Autriche, démembré la Tchécoslovaquie
et envahi la Bohême-Moravie(en violation de la parole donnée) ?
La Pologne était la proie suivante avant la France, l’Angleterre, l’Union soviétique…
Cette thèse, qui se fonde sur une chronologie superficielle, paraît très solide.
Mais l’examen détaillé des événements survenus fin août-début septembre 1939
permet de la réduire à néant. C’est l’Angleterre qui rendit inévitable la mondialisation
et la radicalisation de la guerre. Les preuves abondent.
J’en étudierai ici une, très nette : le torpillage de la tentative de médiation italienne.



Genèse de la médiation italienne

-Le torpillage de la tentative de médiation italienne-

Tout commença le 27 août, lorsque le ministre français des Affaires étrangères,
Georges Bonnet, fit « suggérer au Duce l’initiative d’une proposition de conférence
qui se tiendrait à Rome» afin de résoudre le différend entre l’Allemagne et la Pologne.
Benito Mussolini accepta, mais à une condition : que l’on donnât satisfaction à Hitler
en rendant Dantzig au Reich (principale revendication allemande).
Informé de cette nouvelle le 31 août au matin, le ministre britannique des Affaires étrangères,
Lord Halifax, en conféra avec ses pairs et répondit que
la « suggestion concernant Dantzig ne paraissait guère réalisable ».
Malgré cette réponse négative, B. Mussolini ne renonça pas.
Il proposa l’organisation d’ « une conférence pour le 5 septembre, afin de réviser
les clauses du traité de Versailles ». Galeazzo Ciano, le ministre des Affaires
étrangères italien, soumit immédiatement cette suggestion à plusieurs hautes personnalités étrangères.
Bien que sceptique, André François-Poncet (ambassadeur français à Rome),
accueillit la proposition « avec satisfaction ». De son côté, sir Percy Loraine
(ambassadeur britannique) se déclara enthousiaste. Lord Halifax, pour sa part,
se réserva de la soumettre au Premier Ministre britannique, Arthur Neville Chamberlain.
G. Ciano recommanda alors une « réponse urgente, car le temps pressait».

La duplicité anglaise


A 13 h, A. François-Poncet téléphona à G. Bonnet pour l'informer
de l'offre italienne et pour lui demander « une réponse rapide ».
Quinze minutes plus tard, un événement capital se produisit, qui venait
prouver la volonté anglaise de torpiller la médiation italienne.
A 13 h 15, M. Corbin (ambassadeur français à Londres) téléphona à G. Bonnet.
Dans son Journal, celui-ci écrit (je souligne) :

« M. Corbin me téléphone de Londres. Le Premier ministre [A. N. Chamberlain]
lui a dit qu'il avait reçu la même offre de M. B. Mussolini ; il est prêt à accepter,
mais en imposant la condition nécessaire et préalable de la démobilisation
des troupes dans tous les pays.
Il estime que cette condition ne sera pas acceptée par l'Allemagne et qu'elle fera
échouer le projet de conférence ».
Vous avez bien lu : Chamberlain posait une condition en sachant parfaitement
qu'elle entraînerait l'échec du projet italien !
Ce fait, effroyable, est confirmé par un membre de l'ambassade de France à Londres,
M. Rochat. Le 31 août, il eut un entretien avec le Premier Ministre britannique.
Dans son «Compte rendu des journées des 30 et 31 août,1er et 2 septembre 1939»

il écrit :

« Le Gouvernement britannique est d'avis qu'il ne peut opposer une fin de
non-recevoir à une offre de solution pacifique mais, d'autre part,qu'il ne peut être question
de négocier sous la menace de la force.
La première idée de M.Chamberlain est donc de répondre qu'il ne peut accepter
la conférence que si elle est précédée d'une démobilisation générale.
“Cela suffira sans doute, ajoute le Premier Ministre, pour la rendre impossible”.
Il est visible, dit-il aussi, quoi qu'on ne puisse savoir si l'offre a été ou non
concertée avec le Chancelier, que celui-ci cherche toujours à obtenir ce qu'il veut
sans combattre ».

Ce récit est capital pour deux raisons :

1°) il confirme qu’A. N. Chamberlain rejetait la proposition de paix italienne ;

2°) il démontre qu’en 1939, dans les cercles diplomatiques, on savait
qu’Hitler voulait régler pacifiquement le différend germano-polonais.
C’est l’Angleterre qui refusait toute solution à l’amiable.
C’est donc elle qui voulait la guerre. La suite, d’ailleurs, le confirmera…

Une falsification française

L'appel téléphonique de M. Corbin était si accusateur pour l'Angleterre que
les rédacteurs du Livre Jaune Français, un ouvrage officiel publié peu après
le déclenchement des hostilités pour justifier la politique de la France,
n'ont pas hésité à en falsifier le contenu afin de le rendre anodin.
Dans l'annexe III (« Communication téléphoniques de M. Georges Bonnet,
ministre des Affaires étrangères, les 31 août, 1er et 2 septembre 1939 »)
on prétend que, lors de sa conversation téléphonique du 31 août à 13 h 15,
l'ambassadeur français à Londres aurait uniquement demandé au ministre
de faire « connaître le plus rapidement possible la réponse française, de manière
que le Gouvernement français et le Gouvernement britannique puissent confronter
leurs points de vue ». Toute mention de la condition imaginée par les Anglais
pour faire échouer l’offre de médiation italienne a disparue.

Cette simple omission est un aveu.

Revenons toutefois à cette journée du 31 août 1939.

Daladier retourné par les bellicistes

Vers 14 heures, G. Bonnet se rendit chez Édouard Daladier
(alors président du Conseil) qui finissait de déjeuner.
Il lui expliqua l'affaire et appela son attention sur la nécessité
d'apporter une réponse urgente à G. Ciano. Bien que hostile, pour des raisons techniques,
au projet italien, Daladier promit qu'il réunirait le Conseil pour prendre une décision.

A 15 h, cependant, le président du Conseil se montra beaucoup plus intransigeant.
Dans un appel téléphonique à l'ambassade de France à Londres, il se déclara
« absolument contraire à l'idée d'une conférence » et « entièrement opposé »
à la démobilisation préalable. De plus, l'homme d'État français désirait rester
en accord avec la ligne indiquée la veille aux Allemands :
« d'abord règlement direct avec la Pologne ».
Or, je rappelle que le 29 août 1939, Hitler avait invité un plénipotentiaire polonais
à venir à Berlin pour parvenir à un règlement pacifique de la crise sur la base
de seize propositions allemandes. Le Chancelier avait donné à la Pologne jusqu’au
30 août minuit pour envoyer ce plénipotentiaire. Bien que ce délai fût à ce moment dépassé,
E. Daladier semblait toujours espérer l’organisation de négociations directes entre l’Allemagne
et la Pologne,ce qui était très naïf.

Ce retournement subit s'explique quand on sait qu'entre 14 h et 15 h,
E. Daladier avait rencontré :

- 1°) le germanophobe Bullitt, ambassadeur polonais à Paris, selon lequel :

« Il ne s'agissait plus de causer, mais de se battre » ;

- 2°) le général Gamelin qui lui avait dit « qu'on allait vers un nouveau
Munich démolissant la Pologne si on acceptait une conférence ».

Toujours la duplicité anglaise


Le Cabinet anglais accueillit avec déception les déclarations du président du Conseil.
Non parce qu’elles compromettaient la paix ; uniquement parce qu’elles étaient
trop franches et qu’elles révélaient ainsi la volonté des démocraties de torpiller
l’offre de paix italienne. A 15 h 45, M. Corbin téléphona et déclara :

« Lord Halifax fait observer que le Gouvernement français est certainement
conscient du danger qu'il y aurait à avoir à présenter nos vues de manière
telle que les démocraties, qui ont toujours affiché leur volonté d'arriver
à un règlement pacifique du litige, aient l'air de rejeter une proposition
de solution pacifique ».

Ignorant ce qui se tramait dans la coulisse anglaise et la duplicité du gouvernement
de Sa Majesté, E. Daladier fut très étonné par cette réponse.
Ne comprenant plus rien,il téléphona à l'Ambassade de Londres et demanda :

« quelle était sur le fond la pensée britannique. Les Anglais souhaitaient-ils
qu'une conférence se réunisse ou, au contraire, en voyaient-ils les dangers ? »
M. Corbin lui fit alors cette réponse savoureuse qu'il résume ainsi :

« J'ai répondu en citant les propos mêmes qui m’avaient été tenus à la fin
de la matinée,et d'où il ressort[ait] que M. Neville Chamberlain se rendait
parfaitement compte de la manœuvre [comprenez : la manœuvre italienne
qui pouvait préserver la paix].
La seule réserve qui [avait] été faite (par Lord Halifax) tendait à ce que
la réponse destinée au comte Ciano fût libellée de façon à ce qu'on ne put
reprocher aux puissances démocratiques d'avoir écarté trop brutalement
une solution pacifique ».

C'était clair : la Grande-Bretagne refusait la suggestion italienne mais elle voulait
rédiger une réponse telle qu'elle n'endossât pas la responsabilité du refus.
Peut-on imaginer plus cynique ?
J’ignore quelle fut la réaction d’E. Daladier. Quoi qu’il en soit, à 18 h débuta
le Conseil des ministres.

La France ne ferme pas totalement la porte aux discussions.

Celui-ci vit partisans de la paix et bellicistes s’opposer vigoureusement.
La situation restait indécise lorsqu’un coup de théâtre survint.
Une lettre de Georges Coulondre (ambassadeur français à Berlin) fut subitement
apportée à E. Daladier. L'ambassadeur parlait « de l'incertitude et du flottement »
qui devait régner « dans les milieux dirigeants » allemands. D'après lui :
« L'impression commen[çait] à se répandre dans la population que le Reich
n' était pas décidé à aller plus loin ».Cette missive de G. Coulondre renforçait sensiblement
la position d’E. Daladier. Après l'avoir lue, celui-ci s'écria :

« Tenir, tenir, tenir, tout est là dit en propres termes Coulondre ».

La plupart des ministres, fortement impressionnés par l'opinion de l'ambassadeur
à Berlin, n'opposèrent aucune résistance.A 21 h, ainsi, le Conseil arrêta sa décision.

Celle-ci se résumait en trois points :

1°) Refus de démobiliser ;

2°) Poursuite des conversations directes entre l'Allemagne et la Pologne
avec choix d'une autre procédure en cas d'échec ;

3°) Accord au principe d'une conférence mais à deux conditions :

a) Que la Pologne soit invitée ;

b) Que le programme de la conférence soit élargi afin de pouvoir établir
une paix durable.
E. Daladier était parvenu à faire triompher son point de vue.
D'après G. Bonnet, cette décision marquait « une grande résistance
à l'acceptation pure et simple de la proposition italienne ».

Entre temps, deux événements importants étaient intervenus :

- à 18 h 15, Lord Halifax avait répété à Corbin que le Gouvernement
britannique « ne [voulait] pas d'un nouveau Munich » ;

- vers 20 h 30, Londres avait tout simplement coupé les communications
téléphoniques avec l'Italie.
Cette dernière initiative achevait de démontrer que, pour l’Angleterre,
il n’était plus question de discuter avec l’Italie pour tenter de sauver la paix.
Pour la Grande-Bretagne, il n’y avait désormais plus qu’une issue : la guerre.
C’est très probablement la raison pour laquelle,
dans la nuit du 31 août au 1er septembre, Hitler ordonna à ses armées
de se mettre en marche.
Mais comme nous allons maintenant le voir, le Chancelier était encore
prêt à stopper les opérations et à discuter.

La lutte de G. Bonnet

A 9 heures, le 1er septembre 1939, G. Bonnet arriva au ministère de la Guerre.
Les armées allemandes s'étant mises en marche, la décision prise la veille
par le Conseil des ministres (poursuites des négociations directes entre l’Allemagne
et la Pologne) était dépassée.
Pour rétablir in extremis la paix, seul restait le projet d’une conférence.
Le ministre des Affaires étrangères chargea donc de la rédaction du télégramme
à envoyer au Duce. « J'indiqu[ais], écrit-il, à l'Italie que notre réponse [était]
affirmative, sous condition que la Pologne soit invitée et que la Conférence
ait un caractère plus général ».
Pour l’Angleterre, l’invasion de la Pologne venait au bon moment.
Elle allait lui permettre de justifier son rejet du projet de conférence.
Vers 10 h 30, Lord Halifax informa l’ambassadeur français qu'il envisageait
de répondre dans l'esprit suivant :
bien qu'il eut apprécié l'initiative du Gouvernement italien et qu'il eut
« été heureux de l'examiner avec empressement et de la prendre en considération »,
« l'initiative prise par le Gouvernement allemand paraissait de nature à rendre toute initiative,
sur les lignes dont il s'agi[ssait], impossible ». Dégoulinant d’hypocrisie !

Peu avant midi, G. Bonnet téléphona à A. François-Poncet les termes
de la réponse française. Après avoir rendu un hommage à l'effort de paix italien,
le Gouvernement français déclarait :

« Il [le Gouvernement] doit toutefois faire observer qu'à son avis une conférence
ne saurait évoquer les problèmes touchant aux intérêts de Puissances qui
n'y seraient pas représentées ; il ne saurait être disposé des intérêts
d'une Puissance hors la présence de cette Puissance.
Le Gouvernement français estime qu'une telle conférence ne devrait pas
se borner à rechercher des solutions partielles et provisoires à des problèmes
limités et immédiats ;elle devrait, en évoquant l'ensemble des problèmes
à caractère général qui sont à l'origine de tout conflit, aboutir à un apaisement
général permettant de rétablir et d'organiser sur des bases solides la paix du monde. »
Cette réponse, positive, sauvegardait l'offre italienne.
La condition portant sur la recherche des solutions en vue d'obtenir
un « apaisement général » ne pouvait qu'enchanter Hitler.
Certes, l'invitation de la Pologne s'annonçait plus délicate, mais elle n'avait
rien d'impossible.
A 12 h 15, cependant, le ciel s'obscurcit subitement. M. Corbin
informa G. Bonnet que l'ambassadeur polonais à Londres s'était rendu le matin
au Foreign Office pour prier l'Angleterre d'appliquer sa garantie le 25 août 1939,
l’Angleterre avait signé avec la Pologne un accord d’assistance mutuelle
automatique au cas où l’un des deux pays serait agressé ,c'est-à-dire d'entrer
en guerre contre l'Allemagne.
A titre personnel,Lord Halifax avait répondu favorablement à cette demande.
Le danger apparaissait immédiatement : l'entrée en guerre de l'Angleterre
(et, donc, de la France) risquait de compromettre l'offre italienne de conférence.
C'était certainement la raison pour laquelle Lord Halifax avait répondu
si rapidement à l'Ambassadeur polonais.

Pour G. Bonnet, il était nécessaire de retarder le plus possible cette éventuelle
déclaration de guerre.
Cette nécessité était d'autant plus grande qu'à 15 h, A. François-Poncet
lui avait téléphoné un message réconfortant : après avoir reçu
les réponses des Gouvernements français et anglais, les autorités italiennes
jugeaient que l'offre du Duce était encore réalisable (en vérité, la réponse
anglaise était négative. Il semble toutefois que B. Mussolini ait passé outre
afin de tenter un suprême effort pour sauver la paix).
En conséquence, elles estimaient que
si la France « pouvait sonder le Gouvernement polonais pour connaître
ses intentions à cet égard et si celui-ci éventuellement acceptait la proposition
italienne, le Gouvernement de Rome pourrait faire une suprême tentative
auprès de M. Hitler ».

Tout n’était donc pas perdu et sans attendre, G. Bonnet téléphona à M. Corbin.
Après lui avoir résumé le message d'A. François-Poncet et informé que la France
allait « chercher à toucher toutes les autorités de Varsovie », il voulut être
certain que le « Gouvernement britannique [était] lui-même d'accord ».
Un premier élément de réponse lui parvint à 15 h 48 :
d'après sir Eric Phipps,quelques heures auparavant, l'ambassadeur britannique
à Rome, parlant au nom de son gouvernement, avait déclaré que
« celui-ci n'estimait pas utile, étant donné les circonstances, de réunir
une telle conférence », mais qu'il désirait connaître l'avis de B. Mussolini à ce sujet.
Sans surprise, l’Angleterre restait fidèle à sa ligne de conduite.
Malgré cet élément peu encourageant, le ministre français n'abandonna pas.
A 16 h, il parvint à joindre Léon Noël (ambassadeur de France à Varsovie).
Par téléphone, il lui demanda si la Pologne acceptait le projet d'une conférence
et l'informa que, « bien entendu », cette conférence n'aurait pas lieu en cas de refus.
Dix minutes plus tard, M. Corbin renseigna G. Bonnet sur le sentiment anglais :
« Dans l'état actuel des choses [déclara-t-il en substance] le Gouvernement
[anglais] considérait qu'accepter le projet italien serait “jeter de l'eau bénite
sur un homme qui aurait la corde au cou”. Ce projet n'était pas viable » [Id.].

La note franco-anglaise et la réponse allemande


Une nouvelle fois, cependant, le ministre ne se découragea pas.
Peu avant 17 h, il téléphona à A. François-Poncet.
Après l'avoir informé qu'il ne pouvait encore joindre Varsovie mais qu'il
s'en rapportait « à ce qui serait fait par le Gouvernement de Rome »,
il proposa « que l'on tente de réunir une conférence » avec la possibilité d'aviser
« si on se heurt[ait] à des refus ».
A 22 h, l'ambassadeur de France à Berlin remit à J. von Ribbentrop
le texte suivant :

« De bonne heure ce matin, le Chancelier allemand a fait paraître une proclamation
à l'armée allemande qui indiquait clairement qu'il était sur le point d'attaquer
la Pologne.
« Les informations parvenues au Gouvernement français et au Gouvernement
de Sa Majesté dans le Royaume-Uni indiquent que des troupes ont traversé
la frontière polonaise et que des attaques contre des villes polonaises sont en cours.
« Dans ces conditions, il apparaît aux Gouvernements français et du Royaume-Uni,
que par son action le Gouvernement allemand a créé les conditions
(c'est-à-dire acte de force à caractère agressif contre la Pologne menaçant
l'indépendance de ce pays) qui appelle l'accomplissement par les Gouvernements
de la France et du Royaume-Uni de leurs engagements à l'égard de la Pologne
de venir à son aide.
« En conséquence, je dois informer Votre Excellence qu'à moins que le Gouvernement
allemand ne soit disposé à donner au Gouvernement français des assurances satisfaisantes
que le Gouvernement allemand a suspendu toute action agressive
contre la Pologne et est prêt à retirer promptement ses forces du territoire polonais,
le Gouvernement français remplira sans hésitation ses obligations à l'égard
de la Pologne [...]. »

Trente minutes auparavant, l'ambassadeur de Grande-Bretagne avait fait la même communication.
Le ministre allemand des Affaires étrangères répondit
« qu'il n'y avait pas d'agression allemande, mais que depuis des mois la Pologne
avait provoqué l'Allemagne.
Ce n'était pas l'Allemagne qui avait mobilisé contre la Pologne, mais la Pologne
contre l'Allemagne. La veille, encore, de vraies incursions de corps de troupes
régulières et irrégulières avaient eu lieu en territoire allemand ».

L’Angleterre impatiente de déclarer la guerre


Quoi qu'il en soit, la note franco-anglaise était très grave, car une déclaration
de guerre au Reich risquait de porter un coup mortel à l'offre italienne.
L'inquiétude de G. Bonnet était d'autant plus grande que l'Angleterre, soucieuse
de provoquer un conflit le plus tôt possible, pressait le ministre de lui indiquer
l'instant où le délai imparti à l'Allemagne pour cesser toute action agressive
serait considéré comme dépassé. Afin de retarder l'échéance, G. Bonnet
répondait que l'avis du président du Conseil lui était nécessaire.
A 22 h, prétextant que le Cabinet tenait « en suspens des dispositions
importantes qui ne [pourraient] être arrêtées que lorsque serait connue
la marche à suivre »
puis alléguant que « la hâte anglaise s'expliquait par la nécessité de la déclaration
à faire au Parlement », la Grande-Bretagne renouvela sa démarche (Id).
G. Bonnet, toutefois, resta inflexible et déclara que, constitutionnellement,
le Gouvernement devait en référer aux Chambres avant de déclarer la guerre.
Impressionné par ce dernier argument qu'il savait inattaquable, sir A. Cadogan
changea de tactique : et « si le Chancelier répondait à la démarche
de nos ambassadeurs en termes insultants, attendrait-on vingt-quatre heures
pour riposter ? ».
Hélas pour ce belliciste, l'Allemagne ne répondit pas dans le sens voulu.
Cette dernière requête reste cependant très intéressante, car elle conforte,
si besoin était, la thèse selon laquelle en septembre 1939, l'Angleterre fit tout
ce qui était en son pouvoir pour que la guerre éclate.
Quoi qu’il en soit, dans la nuit du 1er au 2 septembre, l'Agence Havas publia
un communiqué selon lequel la France avait apporté une réponse « positive»
à l'offre italienne. La paix agonisait, mais elle n'était pas encore morte.


Mussolini soumet son projet de médiation à Hitler.




(Benito Mussolini, le 19 mars 1938)

Le 2 septembre dans la matinée, l'Italie (que G. Bonnet avait, la veille,
encouragé à réunir une conférence malgré la réponse négative de l'Angleterre
et l'absence de réponse polonaise) fit parvenir à Berlin le message suivant :

« A titre d'information, l'Italie fait savoir, naturellement en laissant toute décision
au Führer, qu'il serait encore possible à son Gouvernement de faire accepter
le principe d'une conférence par la France, l'Angleterre et la Pologne sur les bases suivantes :

« 1°) Armistice laissant les armées sur leurs positions actuelles ;

« 2°) Convocation de la conférence d'ici deux à trois jours ;

« 3°) Solution du différend germano-polonais laquelle, dans l'état actuel
des choses, serait certainement favorable à l'Allemagne.
« C'est aujourd'hui surtout la France qui s'attache à l'idée du Duce. »
Quelle allait être la réponse du Chancelier ?

Hitler en accepte le principe



A midi G. Ciano appela G. Bonnet au téléphone et lui déclara (je souligne) :
« A. Attolico vient de me faire connaître la réponse de M. von Ribbentrop.
M. Hitler a pris connaissance du message : il n'est pas opposé à prendre
en considération le projet [de conférence], mais il se trouve en présence
de deux notes, l'une française, l'autre anglaise, qui lui ont été remises hier soir
et dont il ne comprend pas exactement la portée.
Si ces notes ont un caractère d'ultimatum, il répondra catégoriquement non
aux Gouvernements de Londres et de Paris et ne pourra,
en conséquence, prendre en considération un projet de conférence.
« M. de Ribbentrop désire, d'autre part, savoir si l'Allemagne peut considérer
qu'elle a jusqu'à demain midi pour répondre à ces deux notes.
« Le comte Ciano serait donc obligé aux Gouvernements français et anglais d'être
mis en mesure de répondre à ces deux questions posées par M. de Ribbentrop.
Il y a actuellement dans son bureau M. François-Poncet et sir Percy-Loraine.
Ce dernier lui a donné l'assurance que, dans l'esprit du Gouvernement anglais,
la note remise hier à Berlin n'a pas un caractère d'ultimatum ».

Il est peu probable que sir Percy-Loraine ait répondu d'accord avec son Gouvernement.
Quoi qu'il en soit, G. Bonnet, dont on imagine aisément la joie, affirma
immédiatement que,« dans l'esprit du Gouvernement français, la note de vendredi
n'avait pas le caractère d'un ultimatum » (Id.).

A titre personnel, il estima « que les Allemands pourraient avoir le temps
de répondre jusqu'a demain midi »
et il promit de prendre « de suite l'avis du président du Conseil a ce sujet » (Id.).

A cette heure, ainsi, rien n’était apparemment perdu : Hitler se disait prêt à accepter
un armistice et le principe d’une conférence à laquelle la Pologne participerait.
Tout ce qu’il voulait, c’était qu’on ne le traitât pas comme un valet auquel
on donne des ordres.
Immédiatement prévenu, E. Daladier décida de s'entendre avec les Anglais pour
la réponse.
Sans perdre un instant, G. Bonnet entra en communication avec Lord Halifax.
L'ultime manœuvre anglaise, celle qui allait donner le coup de grâce à la paix,
apparut alors au grand jour.

L'ultime manœuvre anglaise


Deux jours auparavant, la Grande-Bretagne avait demandé la démobilisation
des troupes, espérant que cette exigence ferait échouer le projet italien.
Or, Hitler avait accepté un armistice et avait donné son accord de principe
pour la conférence. Il fallait donc formuler une nouvelle exigence qui, cette fois,
ne pourrait être acceptée par le Chancelier.
Cette exigence était sans précédent. Lord Halifax la formula à G. Bonnet
(je souligne) :

« Quant aux autres questions qui se posent [déclara Halifax], le comte Ciano
m'a dit que le projet de conférence devait être réalisable sur la base d'un armistice
et à la condition que cette conférence puisse se réunir séance tenante.
« J’ai répondu au comte Ciano, à titre personnel, que mon Gouvernement
estimerait préalablement nécessaire que les troupes allemandes se retirent
du territoire polonais et qu'il serait difficile d'imaginer la réunion d'une conférence
dans les circonstances présentes, alors que les troupes allemandes sont
en possession [sic].
« Le comte Ciano m'a dit qu'une telle condition serait inacceptable pour M. Hitler,
et que celui-ci pourrait au maximum accepter un armistice impliquant le maintien
des troupes en possession. Après quoi la conférence pourrait avoir lieu.
C'est sur cette question que nous estimons nécessaire de consulter le Gouvernement
tout entier. De mon côté, je vous serais très reconnaissant de bien vouloir me
faire connaître également l'attitude du Gouvernement français ».
G. Bonnet répondit que cette question n'avait pas été posée et que seul le problème
du délai avait été abordé. Bien que, selon lui, le retrait des forces d'invasion eut
été « souhaitable », il était fort peu probable que Hitler l'acceptât ; en revanche,
« peut-être pourrait-on obtenir le recul des troupes allemandes ».
Lord Halifax lui promit de lui faire connaître les décisions prises, sur ces sujets,
par son Gouvernement.

Quelques minutes après cette conversation, le téléphone sonna de nouveau.
C'était M. Corbin. Celui-ci venait justifier la demande anglaise concernant
le retrait des troupes. Il informa le ministre français que le Gouvernement
britannique « se demandait si le Chancelier Hitler, pour développer son emprise
sur le territoire polonais, n'ajournait pas délibérément sa réponse »
à la note franco-anglaise de la veille.

D'après les Anglais (je souligne) :

« Une fois occupées les positions qu'il aurait jugées nécessaires, le Chancelier
se retournerait vers les autres Puissances en déclarant qu'il ne voulait pas
poursuivre la guerre avec la Pologne, qu'ayant repris Dantzig et le Corridor,
porté secours aux minorités allemandes, il était disposé à faire une paix
magnanime sur la base des conditions qu'il avait indiquées le 31 août.
Lord Halifax estim[ait] impossible de laisser la situation actuelle se prolonger davantage.
« C'est pourquoi [le 1er septembre au soir], il avait suggéré que nos représentants
à Berlin fissent sans plus tarder connaître au Gouvernement du Reich l'obligation
où seraient nos deux Gouvernements de se considérer en état de guerre
avec l'Allemagne si satisfaction ne leur était pas donnée ou si, dans un délai
de quelques heures, aucune réponse ne leur était parvenue. Lord Halifax
envisageait même une communication par laquelle les Ambassadeurs
[auraient déclaré] que la France et l'Angleterre se considér[aient]
dès maintenant comme en état de guerre avec le Reich.
« Il fallait prévoir cependant le cas ou le Chancelier Hitler, pour gagner du temps,
[aurait fait] une déclaration du genre de celle qui [était] indiquée ci-dessus.
Le Gouvernement britannique [était] d'avis de répondre dans cette hypothèse
qu'il n'était pas possible d'ouvrir les négociations avant que le territoire polonais
eut été évacué par les troupes allemandes ».
Cette communication est capitale, car elle prouve que, dans les hautes sphères
anglaises, la thèse selon laquelle Hitler voulait démembrer la Pologne n'était pas
crue :
on savait au contraire que le Chancelier allemand était sincère lorsqu’il réclamait
uniquement Dantzig et le Corridor. Cette communication démontre également que
l'Angleterre craignait une limitation du conflit ; ce qu’elle désirait, c’était une explosion générale.

La Pologne repousse le projet italien


L'espoir de paix donné par l'offre italienne s'amenuisait donc.
Il s'amenuisait d'autant plus qu'à 15 h, la réponse de la Pologne au sujet
de la conférence parvint au ministère des Affaires étrangères. Elle était négative.
Le chef de la diplomatie polonaise, le colonel Beck, déclarait :
« Nous sommes en pleine guerre, comme suite à une agression non provoquée.
La question qui se pose n'est pas celle d'une conférence, mais celle de l'action
commune qui doit être menée par les Alliés pour y résister.
Je n'ai d'ailleurs rien entendu dire, d'aucun côté, du projet italien ».

L'Angleterre veut la guerre


A 17 h 20, la réponse définitive du Gouvernement anglais fut communiquée
à G. Bonnet. Sir A. Cadogan déclara :

« Le Gouvernement, qui vient de se réunir, a été unanimement d'accord pour
estimer qu'il ne pouvait envisager de donner une réponse favorable qu'à
une condition préalable :

les troupes allemandes devraient être retirées sans délai du territoire polonais ;
sans cela, il est impossible d'envisager une conférence.
« Le Gouvernement britannique est toujours d'avis qu'en principe, la meilleure
procédure serait une négociation directe entre les deux Gouvernements ;
toutefois, si ceux-ci voulaient s'associer à d'autres puissances,nous serions d'accord.
En ce qui concerne la procédure, le Gouvernement britannique a décidé de donner
à M. Hitler jusqu'à minuit ce soir pour retirer ses troupes de la Pologne.
Il propose de faire une démarche aux termes de laquelle si, à minuit, ce soir,
M. Hitler n'a pas accepté cette condition, nous serions obligés de remplir
nos engagements ».

La France se rallie à la Grande-Bretagne rmalgré G. Bonnet

G. Bonnet notifia son désaccord sur le dernier point. Le ministre déclara en outre
que le Cabinet français délibérerait au sujet d'une demande éventuelle de retrait
des troupes allemandes ; il promit à Lord Halifax une réponse
« vers 8 ou 9 heures du soir ».
Au Conseil de ministres, G. Bonnet défendit avec force son point de vue :

- Une « chance, infime peut-être, mais possible de sauver la paix » existait si,
contrairement à l'Angleterre, on attendait jusqu'au 3 septembre midi
la réponse allemande ;
- La condition posée par les Britanniques concernant l'évacuation des troupes
allemandes était « inacceptable et évidemment ne serait pas acceptée par l'Allemagne ».
Après quelques discussions, le Conseil accepta d’attendre jusqu'au lendemain midi.
Mais il décida également que, tout comme l'Angleterre, la France exigerait
l'évacuation du territoire polonais.
L'Anglais avait gagné: il avait une nouvelle fois rallié la France à sa politique.

L'Italie abandonne son projet


A 21 h 30,G. Bonnet téléphona à G. Ciano et l'informa de la décision française.
Le comte répondit que Lord Halifax lui avait déjà communiqué l'exigence anglaise
concernant l'évacuation préalable de la Pologne (Id.).

Dans son Journal, celui qui fut le gendre de B. Mussolini écrit :

« Il me semble qu'il n'y a plus rien à faire.
Ce n'est pas à nous de donner à Hitler un pareil conseil qu'il repousserait
avec force et peut-être avec colère. [...]
je téléphone à Berlin pour dire que, sauf avis contraire des Allemands,
nous renonçons à poursuivre les pourparlers [...].
« Au milieu de la nuit, on me téléphone du ministère parce que Bonnet a demandé
[...]
s'il ne serait pas possible d'obtenir au moins un retrait symbolique des forces
allemandes de Pologne. Rien à faire, j'écarte cette proposition sans même
en informer le Duce ».
La paix venait de rendre son dernier soupir.
L'Anglais, entraînant le Français à sa suite,lui avait donné le coup de grâce.

Le télégramme de Hitler au Duce

Désormais, les événements allaient s'enchaîner pour aboutir, le 3 septembre,
à la déclaration de guerre anglaise puis française.
Ce même jour à 20 h 51, Berlin envoya à Rome le télégramme suivant signé de Hitler :

« Duce,

« Je désire tout d'abord vous remercier pour votre ultime tentative de médiation.
J'aurais été prêt à accepter, à condition seulement qu'on puisse me donner certaines
garanties quant au succès de la conférence, car, depuis deux jours, les troupes allemandes
sont engagées dans une avance extraordinairement rapide en Pologne.
Il aurait été impossible de déprécier une fois de plus par des intrigues diplomatiques
les sacrifices sanglants de cette avance. Cependant, je crois que l'on aurait pu
trouver un moyen si l'Angleterre ne s'était pas montrée décidée a priori à entrer
de toute façon en guerre. Je n'ai pas cédé devant les Anglais parce que
je ne crois plus qu'on puisse maintenir la paix pendant plus de six mois, disons un an.
Dans ces circonstances, j'estime qu'en dépit de tout, c'est maintenant le moment favorable
pour la résistance.
Actuellement, la supériorité de l'armée allemande en Pologne est si écrasante,
dans tous les domaines techniques, que l'armée polonaise s'écroulera à très bref délai.
Je me demande si ce succès rapide aurait encore pu être réalisé d'ici un an ou deux.
L'Angleterre et la France auraient armé leur alliée dans une telle mesure que
la supériorité technique écrasante de l'armée allemande n'aurait pas été a
ussi évidente.
Je me rends compte, Duce, que la lutte qui s'engage est une lutte à mort.
Mon propre destin n'y joue aucun rôle ; mais je me rends compte aussi que l'on
ne peut pas toujours éviter cette lutte, et qu'après avoir examiné de sang-froid
la situation, il faut choisir le moment de la résistance, de façon à lui garantir vraisemblablement
le succès, et je crois dur comme fer, Duce, à ce succès [...].
« Acceptez encore mes remerciements, Duce, pour toute l'aide que vous m'avez
donnée dans le passé, et je vous demande de ne pas me la refuser à l'avenir ».

Certains pourront répondre que Hitler n’avait jamais eu l’intention de participer
à une conférence. L’historien allemand Andreas Hillgruber parle de
« sa soi-disant intention d’accepter le plan de médiation de Mussolini ».
Il « oublie » toutefois que, le 28 juillet 1940 lors d’un entretien secret avec
le président slovaque Josef Tiso (en présence de son ministre des Affaires étrangères, Adalbert Tuka),
le Chancelier déclara qu’il avait essayé de parvenir
à ses fins « d’une manière pacifique, par la voie des traités », que celui proposé
à la Pologne « avait été magnanime » mais qu’on lui avait répondu par
« la terreur et le mépris » et qu’enfin, les « Anglais avaient saboté la dernière
proposition de paix de Mussolini, faite le 2 septembre 1939 ». Or, il faut savoir :

1°) que le compte rendu de cet entretien secret n’était pas destiné à être dévoilé ;

2°) que Hitler parlait à des alliés alors sûrs, notamment A. Tuka
que l’on dit « tout à fait tourné vers Hitler ».

3°) qu’à cette époque, le Chancelier était persuadé de la victoire finale
(« Le destin avait amené l’Allemagne à combattre pour une nouvelle Europe
et ce combat devait se terminer par une victoire » déclara-t-il lors de l’entretien).

Par conséquent, Hitler parlait librement, c’est-à-dire qu’il dévoilait certainement
le fond de sa pensée.
Cependant allons plus loin. Admettons qu’il soit impossible d’avoir confiance dans
les déclarations du Führer. Oublions ses propos du 28 juillet 1940.
Oublions même notre exposé des manœuvres anglaises et supposons que le torpillage
de l’offre italienne ait été dû à Hitler.
Dans ce cas, lors du procès de Nuremberg, les accusateurs n’auraient rien eu
à cacher.
Ils auraient dévoilé au grand jour les événements survenus entre le 31 août
et le 3 septembre 1939 avant de conclure : vous voyez bien que nous avons
tout tenté pour sauvegarder la paix, mais qu’en face on voulait la guerre.
Or, ce n’est pas ce qu’il advint.

Mensonges britanniques à Nuremberg


A Nuremberg, le substitut du procureur général britannique, J.M.G. Griffith-Jones,
accusa l'Allemagne d'avoir fait échouer l'offre de conférence italienne.
Mais voici comment il présenta l’affaire :

« LIEUTENANT-COLONEL GRIFFITH-JONES. - [...] Les plans, les préparatifs,
les intentions, la détermination d'exécuter cet assaut contre la Pologne
existaient depuis des mois, depuis des années [...]. Et s'il reste le moindre doute
à ce sujet, après ce que nous venons de voir, je vous demanderai de considérer
encore deux autres documents.
« Si vous voulez bien regarder le dernier texte dans votre livre de documents
PS-1831, qui devient GB-75. Le 3 septembre encore, Mussolini offre une chance
de paix.
« Nous avons un télégramme daté du 3 septembre à 6 h 30.
Je regrette de ne pas pouvoir préciser si c'est 6 h 30 du matin ou du soir.
(Ici, M. Griffith-Jones cite le télégramme italien que nous avons reproduit
ci-dessus et qui est en réalité parvenu à Berlin le 2 septembre dans la matinée.
Nous en possédons d'ailleurs la preuve formelle.
Elle est apportée par G. Ciano qui, dans son Journal Politique, écrit :

« 2 SEPTEMBRE. Cédant aux instances de la France, nous sondons Berlin
sur les possibilités d'une conférence.
Ce sondage est fait seulement à titre d'information » [p. 145]).
Mais, Votre Honneur, Mussolini lui-même ne connaissait peut-être pas tous
les plans de l'Allemagne et la proposition fut rejetée dans une lettre décisive
que Hitler écrivit en réponse.
(Ici, l'accusateur cite le télégramme de Hitler à B. Mussolini en date
du 3 septembre 1939). »

La manœuvre de J.M.G. Griffith-Jones apparaît clairement.
Elle consistait à prétendre :

- que l'initiative mussolinienne datait du 3 septembre ;
- que le Duce commença par demander au Reich s'il acceptait l'idée
d'une conférence et que, quelques heures plus tard, Hitler répondit par la négative.
Cette présentation mensongère permettait d'occulter tous les événements survenus
entre le 31 août (lancement de l'offre italienne) et le 2 septembre au soir
(abandon de l'offre suite à la nouvelle exigence anglaise), événements parmi
lesquels on comptait les manœuvres de l'Angleterre organisées afin de torpiller
l'initiative de B. Mussolini.
En mentant impudemment, les Anglais se sont eux-mêmes condamnés.
On ne le répétera jamais assez : en 1939, c’est le parti belliciste anglais
au pouvoir qui a voulu et obtenu la guerre. Sans son action, le conflit
germano-polonais ne se serait jamais mondialisé, comme tant d’autres
conflits locaux avant lui (citons par exemple la guerre russo-polonaise de 1921).

Vincent Reynouard.


Source:RIVAROL,n°3011 du 2 septembre 2011,p.11


study scratch

_________________
 

L'autre Histoire :
"qui n'entend qu'un son, n'entend qu'une cloche."

http://sansconcessiontv.org/

http://robertfaurisson.blogspot.it/2014/12/une-grande-dame-allemande-ouvre-la.html
Revenir en haut Aller en bas
 

Le torpillage de l'ultime tentative de médiation.

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
L' Agora :: Discussions. :: Académie :: Histoire. :: Procès de Nuremberg.-